CE QUE NOUS SOMMES


CE QUE NOUS SOMMES


Oiselles Oiseaux et Non-Leaders Solidaires

(Oinoleboso)

Des enfants, des jeunes et des adultes organisant ensemble des ateliers dans tous les domaines des savoirs, utiles aux luttes humaines pour une vie digne et solidaire (chansons solidaires, poésies, histoires et récits de vie, paroles habitées, résistances en milieu hostile, engagements, interventions politiques mais au service d'aucun parti, créations de toutes sortes...)

Les personnes animatrices ne font pas seulement des propositions dans l'atelier, elles les mettent en oeuvre, elles aussi, au coude à coude, à égalité avec les participantEs de tout âge et de tout horizon.

Les responsabilités au sein du Comité sont tirées au sort chaque année au moment de l'A.G.

Nous sommes partie prenante d'un réseau informel d'associations et de personnes entre lesquelles des passerelles, des ponts, des tissages existent. Voici la liste des groupes amis avec lesquels nous travaillons actuellement: Réussir Ensemble, Les Passeurs de Souffle, Cultures 21, La Ligue des Droits Humains, Le Front Social 57, Le Gueulard Bar Culturel de Nilvange, Mouveloreille, Stop Knauf Illange, Le Collectif de personnes et d'associations animant la fête du 1er mai... avec les Communes d'Algrange et Knutange


CE QUE NOUS VOULONS

- La justice solidaire jusque dans les détails.

- La considération véritable de la parole, de l'expression (sous toutes ses formes) de chaque personne, de chaque groupe et de chaque peuple.


Pour nous joindre : oinoleboso@gmail.com



mardi 26 décembre 2017

Trésors à découvrir

Des puits pour l'année qui vient :


(Re)découvrir des continents entiers de la chanson et de la poésie...


Un premier cadeau, écoutez bien cette écriture, cette vie qui dit avec beauté le vrai de nos vies sans s'y laisser sombrer.






Les chansons, les poèmes nous tiennent debout, exprimant ce qui ne trouve pas facilement place dans la parole "ordinaire"... Elles nous permettent d'entendre et de partager, sans mépris, avec force et dignité.


Sur les moteurs de recherche vous pouvez taper : 


"Fine fleur de la chanson française Luc Bérimont" ou "Discorama Denise Glaser"ou "Pollen Foulquier".... 

Et belles luttes, belles résistances, belles créations, belles vies et bonnes années à chaque seconde. Chantez maintenant...

En écoutant ce poème-chanson de Jacques Bertin, je pense qu'elle pourrait aussi simplement raconter, en métaphores, un bout de l'histoire de la classe ouvrière. 

Rechantant infiniment la dernière phrase : 

"J'écris dans le ciel vide et vous n'y lirez rien"

Je la pense s'adressant aux Dieux médiatiques éphémères : ne peuvent voir l'avancée de l'humanité que celles et ceux qui mettent leur vie à son service... Les autres n'y lisent rien dans ce ciel qu'elils veulent atteindre pour être hors d'atteinte du réel qui leur fait peur.


Sur Youtube un film à voir : Djamila 





 

vendredi 22 décembre 2017

3 euros pour compléter le cadeau de Noël

Indiqué par Hubert Truxler, recopié sur goups.google.com posté par Gabriel.Chel :

 

Eux, c'est nous.

Daniel Pennac, Carole Saturno, Jessie Magana, Serge Bloch


                 Un petit livre (paru le 20 nov. 2015) de 30 pages sur les réfugiés.
                 Son coût est de 3 euros,
                 et les revenus de sa vente seront intégralement versés à La Cimade.


                 Un des commentaires de lecteurs :
En quelques pages et quelques dessins,
                 ce petit manifeste, très bien fait et qui va droit à l'essentiel, démonte toutes
                 les peurs et contre-vérités au sujet des réfugiés.
                 A lire et à diffuser largement en cette époque de repli sur soi
                 et d'aveuglement collectif !


En voici ci-dessous les 7 premières pages :
                         

L'INSTINCT,
LE CŒUR
ET LA RAISON

Si un homme, une femme, un enfant souffrent et que personne ne veut les secourir,
vous entendrez tout. Toutes les excuses, toutes les justifications, toutes les bonnes raisons
de ne pas leur tendre la main.

Dès qu'il s'agit de ne pas aider quelqu'un, on entend tout.
À commencer par le silence.

Si cet homme, cette femme ou cet enfant qui souffrent ne sont pas seuls à souffrir,
s'il y a une guerre à nos
portes, s'ils sont des milliers, des dizaines de milliers,
des centaines de milliers, peut-être un million à nous demander de l'aide,
nous ne pouvons pas ne pas en
parier. Notre silence serait assourdissant.

Alors, voilà que nos politiques, nos journaux,  nos télés, nos radios cherchent des mots.
Et voilà qu'ils cherchent des images.

Ils doivent parler de victimes de guerre, n'est-ce
pas? D'hommes, de femmes, d'enfants,
qu'on bombarde,
qu'on fusille, qu'on torture, qu'on terrorise, qu'on affame,
dont on a détruit les villes, dont on a brûlé les maisons,
qui ont déjà perdu un père, un frère, des parents, des amis.
Ils doivent parler de rescapés qui fuient sur des routes qui ne sont même plus des routes,
pour sauver leurs vies qui ne sont presque plus des vies.

Ce sont de ces gens-là que nous devons parler, n'est-ce pas ?
De ces
gens dont nous pourrions faire partie, qui pourraient être moi, toi, vous.
Nous.
Mais qui sont
eux.

Et comment parlent-ils d'eux, presque tous nos politiques, presque tous nos journaux,
presque toutes nos radios, presque toutes nos télés ? Et le Net lui aussi!
Quels mots choisissent-ils ?
Quels mots répètent-ils du matin au soir, jour après jour, sans jamais en changer?
Ils parlent d'EXODE
Ils parlent de MASSES
Ils parlent de HORDES
Ils parlent de DÉFERLEMENT
Ils parlent de MULTITUDE
Ils parlent d'INVASION

Ils répètent inlassablement ces mots :
EXODE
     MASSES
          HORDES
               DÉFERLEMENT
                    MULTITUDE
                         INVASION

Ils montrent inlassablement les mêmes images : des
images de foules.
Des grappes humaines accrochées à des bateaux qui coulent,
des foules parquées dans des
camps qui ne peuvent pas les contenir,
d'immenses colonnes de victimes jetées sur des routes jusqu'à l'horizon.
Et pendant que nos yeux ne voient que ces images,
nos oreilles n'entendent que ces mots :
EXODE
     MASSES
          HORDES
               DÉFERLEMENT
                    MULTITUDE
                         INVASION

Du coup, ce n'est plus l'homme qui souffre que nous voyons sur ces images,
ni la femme ni l'enfant... Ce ne sont même plus des êtres humains, c'est un grouillement,
un pullulement, un déferlement. Une effrayante menace.
Avec ces phrases qui bourdonnent comme des guêpes autour de ces images :
« Nous ne pouvons pas accueillir tout le malheur du monde ! »
« Pas la même culture... »
« Pas la même religion... »
« Pas les mêmes coutumes... »
« Menace pour nos chômeurs... »
« Menace pour nos travailleurs... »
« Menace pour notre identité... »

Et, petit à petit, c'est comme si chacun de nous se sentait seul et menacé
par cette « marée humaine » qui n'a plus rien d'humain.
Tout à coup, c'est comme si ces gens qui ne sont plus des gens, qui sont eux et pas nous,
étaient beaucoup plus nombreux que nous.
Comme
s'ils étaient la majorité et nous, la minorité menacée.
Et nous voilà tentés de nous refermer sur notre peur,
sur notre refus d'aider,
sur notre silence.

STOP !


Débranchons-nous. Concentrons-nous.
Écoutons un autre silence : celui dont nous avons besoin pour réfléchir un peu.
Et réfléchissons.
Un peu.

Combien sont-ils en réalité, l'homme, la femme, l'enfant qui fuient ces guerres
et frappent à notre porte? Cinq cent mille? Un million? Deux?
Combien sommes-nous, ici, en France? Soixante-six millions.
Soixante-six fois plus !
Soixante-six Français ne sont pas assez nombreux pour accueillir un ou deux hommes
qui souffrent ? Admettons.
Combien sommes-nous en Europe ? 508 millions.
Cinq cent huit Européens ne sont pas assez nombreux pour accueillir un ou deux hommes
qui souffrent ? Admettons.
Ajoutons 318 millions d'Américains, 146 millions de Russes, 36 millions de Canadiens,
23 millions d’Australiens, ajoutons 1 milliard et 26 millions d’Indiens, 1 autre milliard
et 366 millions de Chinois...
Ajoutons le reste de l'humanité.
Nous voyons bien que ce n'est pas une question de nombre. Mais de volonté.


Si nous voulons accueillir l'homme, l'enfant ou la femme qui souffrent,
nous le pouvons.

Seulement, dès que nous cessons d'y réfléchir, quelque chose nous en empêche,
quelque chose en nous ne le veut pas, quelque chose ferme notre porte et notre cœur.

Ce quelque chose, c'est notre vieille et terriblement humaine peur de l'autre,
notre vieille et terriblement humaine peur du changement,
notre vieil et terriblement humain instinct de conservation.
Cet instinct n'est pas mauvais en lui-même. Il a bel et bien conservé notre espèce humaine
tout au long de l'histoire. Mais c'est un instinct, il faut le raisonner. 

Bien. Raisonnons un peu.
Et pour cela, souvenons-nous.

Aujourd'hui, je suis vieux. […]
Et je me souviens de toutes les fois où, pendant ces soixante-dix années, certaines voix,
certaines images se sont adressées à mon instinct
de conservation pour le dissuader
d'accueillir
l'autre.
Nous en parlions souvent avec mon père. Dans sa jeunesse aussi, les mêmes voix
cherchaient à fermer
la porte à l'autre.
[…]

  Ce sont là les 7 premières pages de ce petit livre qui en comporte 30,
                            et dont toutes sont essentielles.




vendredi 15 décembre 2017

"Notre travail coûte trop cher, disent-ils"




Sur France Inter, dans l'émission "Par Jupiter", Ghislaine Tormos, syndicaliste, monitrice de chaîne à l'usine Peugeot, est reçue par Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek.


Elle a écrit avec Francine Raymond le livre "Le salaire de la Vie"  aux éditions Don Quichotte (2014)


Extraits :

- Non, le stress c'est terminé maintenant. Pour d'autres oui... Alors, comme le stress est passé pour moi, je leur enseigne la lutte... en cas de stress... (...)
- La culture de la lutte manque, la culture ouvrière, politique.
La transmission ne s'est pas faite...
- Pourquoi ?...


Lien : émission, pas triste du tout, 13 octobre 2017 (52 min) 


Merci Marie-Claude de nous l'avoir indiquée.

 

 

mardi 12 décembre 2017

ACCUEIL INCONDITIONNEL DE TOUTE PERSONNE EN SITUATION DE DÉTRESSE



JEAN-PIERRE de la LDH nous envoie ceci :


Plus personne dans les rues, mais aussi plus personne dans les centres d'hébergement !!

Un projet gouvernemental inadmissible !
Notamment les Personnes sous statut Dublin ou déboutées du droit d'asile !
Les Personnes vulnérables en demande d'asile, les Personnes Roms reconnus vulnérables de part leur statut au sein de l'UE.

Réaffirmons les principes et priorités vis à vis des étrangers :

- accueil inconditionnel de toute Personne en situation de détresse sur le territoire - principe socle du code de l'action sociale et des familles . Il s'oppose au tri des familles, des sans abris, en fonction de leur situation administrative. C'est un principe non négociable.

- les services de police ne peuvent intervenir dans les centres d'hébergement en dehors de l'application d'une décision de justice.

- la CNIL encadre strictement la transmission d'informations individuelles : les associations veilleront scrupuleusement au respect de ce cadre légal.

- le renforcement des mesures de contrôle des Personnes dans les lieux d'hébergement va précariser les Personnes dont des familles avec enfants, les éloigner des structures d'accueil en favorisant ainsi la reconstitution des squats et campements indignes, particulièrement dans les grandes villes.

- l'Etat à toujours la possibilité de requalifier le statut des Personnes sous Dublin afin qu'elles puissent demander l'asile en France et bénéficier des conditions d'hébergement et d'accompagnement granties par le droit commun.

Sur ces principes - notamment le respect du principe d'accueil inconditionnel dans l'hébergement et le respect des missions d'accompagnement des associations en faveur des Personnes en situation de précarité, qu'elles que soient leur situation - les associations réitèrent leur demande d'être reçues et entendues par le chef de l'Etat.

Voir la liste des associations signataires sur le site de : 
MÉDECINS DU MONDE 

 

lundi 11 décembre 2017

Subvertir le réel et Simplicité

Sûrement un mot à creuser SUBVERTIR


Il me semble qu'il me vient d'Henri Bassis, ancien président du Groupe Français d'Éducation Nouvelle... Partir du Réel, pas toujours très beau et  lui donner la touche de création nécessaire pour en faire quelque chose qui va dans le sens de plus d'humanité...


Invité par  Céline, j'ai vu hier des créations, à Nancy au "Marché de Noël d'Objets d'Artistes : Le P'tit Bazart",   qui me semblent aller dans ce sens-là :



Valérie Cerutti   (cliquez sur son nom)
Sur valericerutti.com






Et ce qui suit me renvoie à ce que m'a dit Noëlla "C'est donc si difficile d'être simplement soi-même ? " Question ouverte...

Dans toute la profusion exposée hier il y avait ceci : cette SIMPLICITÉ  (mot à creuser aussi) , cette économie dans les moyens ramenée à l'essentiel. C'est cela qui m'a frappé dans le travail de Marion :


Marion Renauld   (cliquez sur son nom)


Photo Oinoleboso









    Dans cet emballage-cadeau il y a une petite pyramide en carton,
à l'intérieur de laquelle se trouve une graine et une phrase écrite avec une machine à écrire, à ruban, à lettres frappées... comme celle d'Hubert... Hubert aussi cultive des plantes dans tout son appartement et en offre les graines en même temps que ses mots...


Et puis pour finir en rajoutant de la beauté à la beauté,  les caravanes que Dominique m'avait déjà indiquées :


FRANCVOLO  (cliquez sur son nom)


http://galerie.francvolo.com/Caravanes/page/3/







mercredi 6 décembre 2017

Imaginer et créer dans le réel une terre sans frontières, c'est du bon sens



Photo Oinoleboso

   

Merci beaucoup au Blogue "Rhizomes" pour les deux articles auxquels je vous renvoie tout simplement. 

 

Deux textes et une vidéo où parle Damien Carême Maire ELLV de Grande Synthe.

 

http://maulnoir.blogspot.fr/2017/12/ce-rendez-vous-si-important.html

 

Photo Oinoleboso

 

http://maulnoir.blogspot.fr/2017/12/gouttes-deau.html

 

"Juste un rappel : il fut une époque où l'accueil s'est fait dans l'autre sens. À ne pas oublier quand je vois comment à Yutz et ailleurs ce sont des grosses pierres jaunes et des tranchées qui "accueillent" les tsiganes de passage pour leur interdire le droit de s'arrêter un moment dans nos villes..."

René Croci

Photo Oinoleboso





mardi 5 décembre 2017

Cadeau de Marie-Claude pour Noël


 

     À partir du prochain article, nous publierons les retours nombreux des lectrices et lecteurs de "Laisser Traces. L'Air du Temps". (Il est toujours possible de commander ce livre aux prix annoncé lors de la souscription. Bon de commande  dans la limite du stock, sur 300 livres imprimés, à ce jour, 40 sont encore disponibles. )

   Mais pour les personnes habitant à plus de 30 km de Yutz le choix est réduit à 2 prix : 30 euros (aide à la diffusion) ou 35 euros (coût réel) frais de port compris.

 

APPEL :   Si vous-mêmes ou une personne de votre entourage a lu "Laisser Traces. L'Air du Temps", ne serait-ce que partiellement, nous sommes preneuses et preneurs de tous les mots, de tous les avis, mêmes contraires, de tout ce que vous voudrez mettre en partage.

   Nous avons l'intention de partir de ces mots, que "Laisser Traces. L'Air du Temps" aura fait surgir, en les prenant comme point de départ de nos ateliers de 2018. N'hésitez pas à nous écrire (oiselles@laposte.net).  C'est une idée de Marie-Claude.

Précisez si vous désirez ou pas que nous fassions paraître, sur ce blogue, les mots que vous nous aurez envoyés et dites-nous comment les signer. Pour l'instant, le plus souvent, nous nous en tenons aux prénoms.

   

  ET VOICI ENFIN LE CADEAU de Marie-Claude qui nous a indiqué :

"La matière de l'absence" de Patrick Chamoiseau Éditions du Seuil. SUPERBE. Jugez-en vous-même à travers les extraits choisis par Marie-Claude. Pour nous c'est un vrai cadeau de Noël... 

 

 

p.18 :

(Contexte suite à la mort de Man Ninotte, mère de Chamoiseau) :

Oublions les questions, désertons les réponses mais essayons malgré tout d’entrer dans cette ronde restée comme grande ouverte, d’y risquer une parole, même sans mander de répondeurs, juste soucieux de respirer et de sourire aux souffles de ce qui est nulle part et qui pourtant subsiste…..



p. 23 :

Les conteurs anciens (…) sous le joug d’une oppression totale, d’une déshumanisation hors-normes, dessinaient un horizon qui ne devait rien à l’ordre esclavagiste : donc pas de réalisme, pas de descriptions, pas de localisation, pas de personnages lisibles, pas de transparence, surtout pas d’évidence. Dans cet ordre dominant tout était biaisé, faussé, étalé sur le piège d’une déshumanisation. Par la grâce d’un langage pas clair, éclaté sur lui-même, nos conteurs originels devaient réinventer un autre monde, donner des élans sans mots d’ordre, ouvrir des pays dessous les terres à canne.


p. 47 :

Dans ce qui est effacé

Chaque Trace épelle

Chaque Trace appelle


p. 52 :

Inspirer les possibles

Autoriser la variation

Le papillon d’une nuance


p. 147

Ils (les africains emmenés en esclavage) gardaient leur mémoire communautaire. (….) La mémoire communautaire s’exerça donc à vide et violemment, mais sans donner de réponse, sans offrir d’oxygène, sans accroche autre que les chairs et l’esprit de celui qu’elle chevauchait encore. Et donc, elle tuait aussi, ou immobilisait dans une rancune indépassable ceux qui parvenaient à se maintenir avec. Avoir la rage aide à survivre, mais, peut-être moins à vivre.

On ne décide pas d’effacer une mémoire. C’est elle qui se structure avec l’oubli et qui, avec l’oubli, décide de rémanences. Toute mémoire est un oubli organisé, un oubli nécessaire. Celui qui ne pourrait oublier se retrouverait aussi désemparé que celui qui oublierait tout.


p. 151 : La culture qui surgit des plantations esclavagistes (danses, musique, codes, principes du survivre et du vivre) fut une combinaison de Traces, de mélanges en précipitations, de marques jamais monumentales, de signes et d’insignes portés à la dérive et qui faisaient les paysages. (….)

La Trace vient de cela, elle est donc un rien-univers qui subsiste, une résultante subtile, légère, tremblante, toujours en devenir et qui clignote un autre possible dans la ruine des symboles antérieurs et des hautes certitudes. La Trace est bien plus proche d’une question que d’une quelconque réponse.

La Trace est aussi pour Glissant ce par quoi une manière de penser très particulière peut se fonder : celle qui tremble. La pensée tremblante n’est pas la crainte, ni la timidité : c’est la jeunesse ouverte d’une conception qui se préserve des systèmes de pensée et des pensées de système.


p. 152

Trembler c’est fréquenter le doute, l’incertain, s’attendre à l’imprévisible, vivre avec l’inexplicable, assumer l’en-dehors, et entreprendre d’y demeurer le plus humain possible. C’est ce que font les poètes. La Trace transporte et magnifie ce tremblement. Sous l’interdit des plantations, les esclaves ont laissé plus de Traces que de démonstrations florissantes, plus d’agglutinations ouvertes et fragiles que de synthèses triomphantes, plus d’hésitations chercheuses et mobiles que de proclamations. La Trace ouvre à l’infini.


p. 348 :

La création ne montre pas, et ne cache pas, elle indique infiniment et nous libère ainsi nous augmente. Ce qui est restauré met en scène ce qui manque, comme une relique tombée d’un alphabet perdu.


p. 349

Parfois un reste de carrelage fait signe, rappelle on ne sait quoi. Déchante ainsi. Et chante aussi.


Voici un lien où il est possible d'en lire un extrait un peu plus long :

 

"La matière de l'absence"