Anasse Kazib convoqué par la police anti-terroriste : solidarité face à la criminalisation du soutien à la Palestine
Partout dans le monde, depuis le 7 octobre, celles et ceux qui dénoncent la situation coloniale en Palestine font face à une répression sans précédent. Malgré 75 ans d’oppression, largement documentée par des universitaires, des ONG, des institutions internationales et par les Palestinien·ne·s eux-mêmes, il n’a jamais été aussi difficile de défendre les droits du peuple palestinien.
En France, l’un des fers de lance de cette offensive liberticide, la police anti-terroriste a convoqué le 16 avril Anasse Kazib, militant syndical à SUD Rail depuis 10 ans, porte-parole de Révolution Permanente et ancien candidat à la présidentielle. Sa faute ? 4 tweets de soutien à Gaza, dénonçant le massacre en cours. Dans le cadre d’une enquête pour « apologie du terrorisme », le cheminot a subi un long interrogatoire politique avec 7 pages de questions sur sa vie, ses opinions, ses camarades et les organisations dans lesquelles il milite. Un autre militant de RP a été convoqué pour les mêmes motifs.
Cette tentative d’intimidation fait suite à une plainte déposée par la Jeunesse Française Juive (JFJ). Cette organisation relaie les prises de positions de personnalité d’extrême-droite comme Donald Trump ou Eric Zemmour, n’hésite pas à comparer le drapeau palestinien à un « drapeau nazi » et prend part à de nombreuses procédures bâillons. Elle était ainsi partie civile dans le procès contre le responsable syndical CGT du Nord, Jean-Paul Delescaut, condamné à 1 an de prison avec sursis dans le cadre d’un dossier semblable à celui monté contre Anasse Kazib.
Nous dénonçons l’attaque contre Anasse Kazib, menée par Macron et son gouvernement, main dans la main avec des extrémistes pro-Israël. Ces derniers ne comptent d’ailleurs pas s’arrêter là. De l’aveu même de la police, la procédure qu’ils ont initiée pourrait s’étendre prochainement à plusieurs dizaines de militant·e·s et organisations, dont des personnalités telles que Jean-Luc Mélenchon ou Philippe Poutou.
Partout dans le monde ce genre d’attaques se multiplient. Elles visent des personnalités du monde politique, syndical ou intellectuel comme Judith Butler ou Nancy Fraser, mais également de simples manifestant·e·s ou étudiant·e·s à Columbia, Harvard, Sciences Po ou l’EHESS. En faisant l’amalgame entre soutien à la Palestine et soutien au terrorisme ou à l'antisémitisme, elles servent de prétexte à un tour-de-vis autoritaire, menaçant le droit de manifestation, de réunion et d’opinion, comme le montrent encore récemment les interdictions de conférences de La France Insoumise sur la Palestine.
Le combat contre la criminalisation du soutien à la Palestine est indissociable de la lutte contre cette tendance, sur laquelle prospère l’extrême-droite. C’est pourquoi il est impératif de faire front, par-delà les désaccords politiques qui peuvent exister entre nous. C'est la raison pour laquelle nous apportons notre soutien aux Anasse Kazib, ainsi qu'à l’ensemble des militant·es qui sont aujourd’hui attaqué·es pour avoir été solidaires du peuple palestinien.
Premiers signataires
Adèle Haenel, comédienne
Alex Callinicos, Emeritus Professor of European Studies, King’s College London
Amira Chebli, actrice
Annie Ernaux, écrivaine, prix Nobel de littérature
Assa Traoré, comité La vérité pour Adama
Bernard Friot, économiste
Bhaskar Sunkara, rédacteur en chef de Jacobin
Camila Rojas, députée nationale chilienne
Cédric Herrou, Emmaüs Roya
Cédric Liechti, CGT énergie Paris
Charlie Kimber, rédacteur en chef, Socialist Worker, UK
Corinne Masiero, comédienne
Enzo Traverso, historien
Eric Fassin, sociologue, Université Paris 8
Eric Vuillard, écrivain
Fernanda Melchionna, deputada federal / PSOL Rio Grande do Sul
Françoise Vergès, politiste et théoricienne féministe décoloniale
Frédéric Lordon, philosophe
Gilbert Achcar, universitaire
Ilan Pappé, historien israélien et directeur du Centre européen d’études palestiniennes à l’Université d’Exeter en Angleterre
Jacques Rancière, philosophe
Joey Starr, artiste
John Bellamy Foster, editor Monthly Review
Joseph Daher, militant internationaliste et professeur invité à l'Université de Lausanne
Kevin Anderson, professeur de sociologie, University of California
Lou Chesné, porte-parole d'Attac France
Marcello Musto, professeur de sociologie, York University
Massimo Modonesi, historien, sociologue, professeur - Facultad Ciencias Polìticas y Sociales UNAM, Mexique
Mathilde Panot, députée, présidente du groupe parlementaire LFI-NUPES
Michèle Sibony, UJFP
Miguel Urban, eurodéputé
Myriam Bregman, avocate et députée nationale argentine PTS / FIT-U, ex-candidate à la présidentielle
Nahuel Perez Biscayart, acteur
Olivier Besancenot, porte-parole du NPA
Ouidad Elma, actrice
Robert Brenner, UCLA
Sandrine Rousseau, députée EELV
Sebastian Budgen, directeur éditorial Verso books
Stathis Kouvélakis, philosophe
Stéfanie Prezioso, ancienne députée au Parlement fédéral (Suisse)
Tardi, dessinateur
Thierry Defresne, CGT TotalEnergies
Tithi Bhattacharya, Purdue University
Virginie Despentes, écrivaine
Warren Montag, Professor of English Occidental College