CE QUE NOUS SOMMES


CE QUE NOUS SOMMES


Oiselles Oiseaux et Non-Leaders Solidaires

(Oinoleboso)

Des enfants, des jeunes et des adultes organisant ensemble des ateliers dans tous les domaines des savoirs, utiles aux luttes humaines pour une vie digne et solidaire (chansons solidaires, poésies, histoires et récits de vie, paroles habitées, résistances en milieu hostile, engagements, interventions politiques mais au service d'aucun parti, créations de toutes sortes...)

Les personnes animatrices ne font pas seulement des propositions dans l'atelier, elles les mettent en oeuvre, elles aussi, au coude à coude, à égalité avec les participantEs de tout âge et de tout horizon.

Les responsabilités au sein du Comité sont tirées au sort chaque année au moment de l'A.G.

Nous sommes partie prenante d'un réseau informel d'associations et de personnes entre lesquelles des passerelles, des ponts, des tissages existent. Voici la liste des groupes amis avec lesquels nous travaillons actuellement: Réussir Ensemble, Les Passeurs de Souffle, Cultures 21, La Ligue des Droits Humains, Le Front Social 57, Le Gueulard Bar Culturel de Nilvange, Mouveloreille, Stop Knauf Illange, Le Collectif de personnes et d'associations animant la fête du 1er mai... avec les Communes d'Algrange et Knutange


CE QUE NOUS VOULONS

- La justice solidaire jusque dans les détails.

- La considération véritable de la parole, de l'expression (sous toutes ses formes) de chaque personne, de chaque groupe et de chaque peuple.


Pour nous joindre : oinoleboso@gmail.com



mardi 31 décembre 2019

Les Voeux de Charline et de Guillaume sur Médiapart...




Quelques sourires pour finir l'année et commencer la nouvelle... Signalés par Jean-Pierre. MERCI. Et à demain sans doute...






Pour plus de précisions concernant le choix de ces deux humoristes et voir aussi le bêtisier sur Médiapart ou encore avoir le texte complet de ces voeux, cliquez : ICI.


Belle initiative : Populations précarisées qu'elles soient françaises ou pas.


Pourquoi pas...? Belle initiative .....un calendrier de 5 euros ! C'est rien si chacun-e prête un peu de temps pour comprendre l'objectif ! 

Une quête digne !

Faut-il se situer au-delà...?

Plusieurs études prouvent que les petites actions au niveau local peuvent être aussi importantes que celles à grande échelle. 

Comme  démontré dans des témoignages vécus, il est très important d'obtenir l'adhésion des autorités locales et des citoyens pour améliorer la condition des populations précarisées quelles que soient leurs origines, françaises  comprises. A l'inverse leur hostilité aura fort probablement des effets immédiatement négatifs sur la possibilité d'insertion particulièrement sur les plus discriminées. 

La LDH et l'ensemble des Associations peuvent jouer un rôle prépondérant, même sur des situations semblant mineures, et qui en réalité ne le sont pas comme :

a) • obliger les ccas à respecter la loi sur les domiciliations
b) • faciliter les scolarisations
c) • adapter les tarifs des cantines scolaires
d) • résoudre le problème des assurances scolaires
e) • prendre la connaissance du lieu de vie de la famille et de l'enfant...
f) • impliquer les services sociaux et sanitaires (carnet de santé, vaccinations à effectuer)
g) • ..."rien n'est insurmontable, à force de volontés et d'analyses en amont de toutes actions"....Tout simplement agir ...pour les dignités...ensemble !

 
MERCI à vous toutes et tous...
Un calendrier peut rapporter beaucoup plus ... comme dans la chanson "..si tous les gars du monde voulaient se donner la main...ils feraient le tour de la terre..."

 
Jean-Pierre Rafier
Ligue des Droits de l'Homme,
Aidant...de la longue file de l'humanité...



Photo Jean-Pierre

Pour en savoir plus sur cette association cliquez sur :  

TEAM (Tous Ensemble Agir et Marauder).

Forestiers de l'an 2000 : les sapins se sont mis à sécher même en hiver.

Photo Oinoleboso




Que l'on prenne les choses par un bout ou par un autre, les conséquences de la marchandisation de nos vies sont les mêmes : partout désastreuses. Il faut relier les luttes entre elles et reboiser nos forêts de mots et d'actes vrais, de mots justes et d'actes justes, pour préserver nos vies et celles des enfants qui vivront, nous ne faisons pas que l'espérer, plus longtemps et mieux que nous...


Transmis par Isabelle d'ATTAC. MERCI.




Le Syndicat national unifié des personnels des forêts et de l'espace naturel (SNUPFEN) a publié ce texte :


Les 26, 27 et 28 décembre 1999, il y a 20 ans aujourd’hui, les tempêtes Lothar et Martin frappaient notre pays et ravageaient nos forêts. Les personnels du service public forestier ont pendant des mois, des années, tout donné et plus encore. La tempête c’est tant de choses : de la solidarité, de l’engagement, de la souffrance, des prises de conscience, un avant, un après. Pour cette occasion, nous vous proposons de découvrir  le témoignage d’un collègue. Pour arpenter le passé, le présent et parler d’avenir.

Si vous n'avez pas le temps de tout lire, commencez par lire la partie en bleu, vers la fin de ce texte puis vous verrez bien si cela vous amène ou pas à tout lire comme je l'ai fait.

 


J'ai commencé en 1998… Une autre époque. Un triage de 800 hectares, deux communes. Le temps de faire les choses bien, propres, dans le détail. Le temps de discuter avec le papy qui sort son bois de la tourbière avec sa brouette, d’échanger avec les bûcherons, les ouvriers, pour qu’ils me racontent aussi, qu’ils m’apprennent. Les plus beaux hêtres se tranchaient à 3500 francs du mètre cube, et les feuillus précieux flambaient, vendus à la pièce sur les parcs à grumes, jusqu’à 90 000 francs du mètre cube ! Du jamais vu… En ce temps-là, les marteaux étaient toujours au coffre, à la division, gardés comme un trésor. On ne coupait les feuillus qu’en hiver, hors sève, et on attendait le gel pour débarder. Le bûcheronnage était saisonnier… comme les dégagements sylvicoles.

Et puis, le 26 décembre 1999, j’ai compris. J’ai compris qu’on ne maîtrise rien, tout forestier qu’on soit. Qu’on ne sait rien de l’avenir, du possible ou de l’impossible. Que la nature, quoi qu’il arrive, a le dernier mot. J’ai vu mes collègues perdre toute leur vie de travail en deux heures. Perdre tous leurs repères… Le monde entier est venu acheter du bois : on a rempli des wagons, des containers, qui partaient jusqu’au bout du monde. On a cubé pendant des mois, tous les jours, des milliers de mètres cubes, des kilomètres de grumes le long des routes. On était les forestiers de l’an 2000, et on avait l’impression de vivre l’apocalypse forestière…

Mais la forêt a repoussé, riche de cette glandée qu’on attendait depuis quinze ans, de toute cette fructification miraculeuse, juste avant Lothar. Elle savait, la forêt. Nous, forestiers de l’an 2000, allions passer notre vie à mener ces peuplements issus de cette terrible tempête. Mon premier triage ravagé, j’ai découvert la sylviculture extensive, le cassage, le traitement irrégulier. Dans des trouées de 200 hectares, les ouvriers ont repris le croissant. Et ils étaient contents. Et c’était beau toute cette régé mélangée, riche, vive… C’était beau, même s’il fallait lutter encore, pour que les crocodiles qui voulaient profiter de la tempête ne mettent pas la main sur ces forêts, ne massacrent pas les sols pour en faire des lotissements, des routes, des carrières, à coup de milliers d’euros. Des millions promis en masse aux communes sinistrées, et même aux directions qui voyaient d’un bon œil arriver les 12% de ces jolis millions promis... Il a fallu convaincre, défendre, tenir bon malgré les menaces, montrer aux élus toute la richesse de ces milieux meurtris mais si importants…

Et puis il y a eu la réforme aussi. On a lutté, oui, de toutes nos forces je crois. C’était beau. Nous étions ensemble, solidaires. Je pense vraiment qu’on a réussi à éviter le pire, malgré tout. Mon deuxième triage, sur 7 forêts, a pris d’abord une, puis trois, puis 5 forêts supplémentaires au fil des années. On m’a changé d’équipe, on m’a retiré les forêts debout pour des forêts rasées. On a eu la canicule aussi, en 2003, son lot de chenilles, de scolytes… On s’est mis à marteler à la peinture, toute la journée, toute l’année. A couper les bois en toute saison, à débarder par tous les temps, pour les ventes. Tout s’est mis dans le même rythme. Mais toujours, toujours la forêt repoussait.

On nous disait tout ce qu’on ne ferait plus, que tout irait bien, parce que les communes s’en débrouilleraient plutôt que de payer. Mais elles payaient, les communes, cash, pour que surtout rien ne change.

A la seizième forêt qu’ils m’ont rajoutée, j’ai dit non. Stop. J’ai laissé mes 500 cessionnaires, mes papys, mes conseils municipaux, mes petites et grosses mairies, mes bucherons caractériels. J’ai choisi la montagne, plus loin, plus dure, plus rude, mais si belle aussi… La forêt des pentes et des roches, mélangée, jardinée. La franc comtoise. J’y ai retrouvé le marteau et les saisons…

Et moi qui m’étais juré de ne jamais porter d’étiquette, j’ai sauté le pas : j’ai pris des engagements, vraiment, au Snu. J’ai porté ses valeurs, son cri, car c’était aussi les miens : quelles forêts pour nos enfants ? On a lutté oui, de toutes nos forces, défendu ces forêts et leurs forestiers. J’ai découvert le mépris aussi, de ceux qui font semblant de nous écouter mais qui n’entendent rien, parce qu’ils savent mieux. Mais le mépris aussi de ceux qui se demandent toujours : « Mais que font les syndicats ??? » J’ai pris la morsure des sous-entendus… Ben oui parce que quand tu sièges tu n’es pas sur ton triage, donc tu ne fais rien. Et quand tu n’obtiens pas ce que veulent ceux que tu représentes, c’est que tu ne sers à rien, que tu es vraiment nul, que tu vas juste glandouiller avec tes potes pendant que les autres bossent ! Et si tu ne sièges plus parce que cette mauvaise foi en face est juste insupportable, ce gouffre entretenu entre la direction et notre réalité quotidienne, la malhonnêteté des promesses jamais tenues, quand en face de toi les dirigeants eux-mêmes s’assoient sur la loi pour faire la leur, quand tu renonces parce que même si tu dis non ça ne change rien, les autres, ceux qui restent en forêt sans surtout en sortir, tu les entends encore : mais que font les syndicats ?

Et toi, tu fais quoi ?

J’ai vu les dépressions des collègues autour de moi, les burn-out. Les départs en retraite non remplacés. Les collègues déçus, aigris, plein d’amertume, partir soulagés en nous souhaitant bonne chance et bon courage. Les contractuels non renouvelés. Mais il y a eu des belles choses aussi. J’ai vu les jeunes arriver, motivés, heureux. On s’est mis à garder des bois bio, à tenir compte ça et là des sols, des oiseaux, de toutes ces espèces en train de disparaître. Les réseaux naturalistes se sont développés. Je me suis enrichie de toujours plus d’expériences, d’échecs et de réussites, de petites victoires et de grandes déceptions. Et puis, toujours, nourrissant, ces petits moments de grâce dans le quotidien du forestier : la lumière dans les houppiers dans les fins de journée d’automne, le givre qui fige la moindre brindille au petit matin, le faon niché et tremblant sous la ronce, la mer de nuage sous la crête… Le chant d’une Tengmalm au détour du chemin, le grand tétras levé au bout d’une virée … Tous ces petits riens qui font de ton métier l’un des plus beaux, que tu ne changerais pour rien au monde.

On s’est adapté aux nouveaux services, aux nouveaux départs, aux expérimentations, au TDS, aux nouvelles directives, aux contre-ordres, aux notes de service, à Teck, à ProdBois, aux services qui se vident, aux postes jamais pourvus, aux intérims interminables. J’ai appris à dire non, encore. C’est très mal vu, mais salutaire. On a aussi martelé des peuplements entiers de chênes de 45 au-dessus de rien, parce qu’il y avait du retard dans les aménagements, parce que la surface d’équilibre, parce que ceci, parce que cela. J’ai vu les prix des bois chuter toujours plus bas, remonter parfois avant de redescendre, la direction demander de prélever plus pour compenser. J’ai vu des bûcherons payer toujours plus de charges sans pour autant gagner un euro de plus. 100 francs du mètre cube en 1999, 15 € en 2019 : étrange, mais ça n’a pas bougé. J’ai vu des gros bois partir en tritu : des siècles de croissance pour finir en lamellé collé dans un meuble en kit qui finira à la déchetterie dans dix ans… Pour 38 €, 250 balles… Je ne m’y fais pas, ça me fait toujours mal, à chaque fois. Je préfère les savoir mourir en forêt de leur belle mort. J’ai vu des machines de plus en plus grosses, de plus en plus lourdes, sortir tout de la forêt, parfois jusqu’aux feuilles et aux aiguilles. J’ai vu des forestiers retourner marteler parce que l’objectif n’était pas atteint. J’ai senti l’amertume de ceux qui n’avaient pas eu le concours, l’examen, des contractuels payés au lance-pierre et gentiment remerciés. Pour boucler le budget on a fermé le campus, vendu les Arcs, vendu le siège pour mieux le louer ensuite.

J’ai vu le bon sens se perdre, comme fondu, au nom du chiffre, des objectifs, et du budget …


Photo Oinoleboso




Et puis il y a eu 2019. Ce printemps-là, j’ai compris plus encore. En 2019, les sapins se sont mis à sécher même en hiver… Même les plus beaux, surtout les plus beaux, les plus vieux, les plus grands, les uns après les autres, se sont éteints, comme ça, soudain. Il s’est mis à pleuvoir des feuilles et des aiguilles, en plein été, même dans les jeunes peuplements, même dans les peuplements les plus mélangés, les plus sains, même en RBI. En plus des frênes qui mourraient déjà, se sont mis à sécher les hêtres, les sapins, les épicéas. Le paysage a changé, très vite, en quelques mois... J’ai marqué des bois secs ou en train de mourir tous les jours. Tous les jours. Et j’ai compris que moi, forestier de l’an 2000, je ne laisserai peut-être rien derrière moi… Rien du travail de toutes ces générations de forestiers, rien de ces vingt ans à y croire si fort. Le gibier en surpopulation bouffe tout en dessous, tout sèche au-dessus. Le gel de mai a cramé les feuillus, puis ils ont pris la canicule de juin, puis celle de juillet, puis celle d’août. En octobre, les scolytes continuaient encore dans les épicéas. Et j’ai pleuré, oui, j’ai pleuré. Je n’ai pas honte de le dire. J’ai pleuré en martelant des sapins centenaires, qui se dressaient si fièrement hier encore. Je leur ai demandé pardon, à eux qui ont traversé les deux guerres, la sècheresse de 76 et celle de 2003, qui ont survécu à Lothar, à la neige, au vent, aux orages et aux crues… Pardon, pardon pour les hommes… pardon pour tout ce carbone rejeté sans conscience, pardon pour cette insouciante surconsommation perpétuelle, pardon pour cette chaleur implacable qui vous tue… On savait, depuis longtemps, mais on a continué, comme si de rien n’était… Pardon, pardon… On a tous, chacun, notre responsabilité. Parce qu’on n’a pas entendu, pas cru, parce qu’on a pensé que c’était pour demain, et que demain ce ne serait pas pour nous, pas pour eux… Parce qu’on s’est laissé convaincre, qu’on a laissé gouverner les crocodiles, préservé notre petit confort… Parce que la lutte n’a pas suffi…

J’ai compris que mes petits enfants ne connaitraient pas ces forêts de grands bois, si fiers, si riches… Que le monde qu’on a connu jusqu’ici ne sera plus jamais le même.

Il y a, à un moment donné, quelque chose qui s’est brisé en moi…

On m’a dit de ne pas m’inquiéter, que ce n’était pas si grave. Que ça allait s’arranger. S’arranger ? Les étés à venir ? Les canicules, les sécheresses, les parasites, les tempêtes, les crues ? Non, soyons réalistes, honnêtes avec nous-même. Ça ne va pas s’arranger. Nous le savons très bien. Les sapins, les hêtres, ne sont pas faits pour des températures de 40°, des nuits sans rosée. Le chalara, les chenilles, les scolytes, non, ça ne va pas s’arranger.

Au bout de six mois, oui, finalement tout le monde a reconnu qu’il y avait là une crise, grave. Il y a des embauches de CDD, non affectables aux triages vacants bien sûr, des financements pour les camions qui emmènent les bois au large. Mais le feuillus précieux partent chez Ikea, les scieurs locaux n’ont plus de contrats, il a fallu leur vendre nous-mêmes nos lots sans le service bois. On continue de marcher sur la tête, à l’envers…

Mais depuis quelques semaines, je sais, moi, forestier de l’an 2000, quel est mon projet pour les 20 prochaines années. Parce que comme il y a vingt ans, les crocodiles vont revenir à l’assaut, auprès des communes démunies. Ils vont essayer de convaincre, promettre les milliers, les millions d’euros. Si nous n’avons, nous, en face, qu’un argument de dépenses et de plantations aléatoires à leur proposer, qui s’adapteront peut-être malgré les printemps secs, malgré le gibier, à coup de subventions, ou pas, si c’est ça notre réponse, on va droit dans le mur. Mais la forêt, résiliente, toujours, s’adaptera. Il faut juste lui laisser le temps et l’espace nécessaire. Préserver à tout prix, cet espace, et ces sols. Ce ne seront plus les mêmes forêts, les mêmes arbres. Le climat nouveau est arrivé, et ce sont d’autres essences, d’autres équilibres qui vont se mettre en place. La forêt nouvelle s’adaptera. Laissons-lui juste le temps, les dizaines d’années nécessaires. Mais en attendant, nos arbres ne tiendront plus les sols de montagne, les roches, ne retiendront plus les crues, ne réguleront plus l’eau, là-haut. Alors partout, jusqu’au plus bas de la plaine, tous en subiront les conséquences. Nous n’en avons pas fini avec les inondations, ni avec les sécheresses. Malheureusement si nous, forestiers, sommes aux premiers fronts, je crains que tant qu’il y a de l’eau au robinet, peu de gens prennent vraiment conscience de l’urgence, de la gravité de la situation. Mais il va venir très vite le moment où l’eau ne coulera plus au robinet. Bien plus vite qu’on ne le pense, car nous sous estimons largement la part de la biosphère dans les équilibres climatiques. La disparition de la forêt, même juste pour un temps, même juste pour une ou deux générations humaines, c’est la disparition de la régulation de l’eau. Et ce n’est pas en jouant aux apprentis sorciers, en espérant accompagner les migrations des espèces végétales sans que l’on sache du tout quelle sera l’évolution du climat dans 10, 20, 60 ans, en plantant tout et n’importe quoi n’importe où, qu’on va éviter ça. Non, le boulot du forestier d’aujourd’hui et de demain ne sera plus de produire ou de récolter du bois, ouvrons les yeux, mais bel et bien de protéger les forêts pour protéger l’eau, donc la vie.

Protéger les forêts pour protéger l'eau, donc la vie. Pas seulement celle de la faune et de la flore, mais toute la vie, de toutes les espèces, nous compris. Et si cette protection des sols et de la résilience forestière naturelle, qui a juste besoin du temps et de l’espace nécessaire, ne deviennent pas une priorité absolue, si l’on ne prend pas conscience qu’il faut dès à présent s’adapter au temps dont elle a besoin, et non plus essayer de l’adapter au temps de nos courtes générations, alors nous allons, très vite, le payer, et très cher.

J’ai reconnu cette brisure en moi, je l’ai reconnue car je l’ai vue dans les yeux de mes collègues en 2000. Mais cette brisure j’en ai fait une force aujourd’hui : mes yeux sont ouverts, je sais où est ma place, quel est mon rôle. Si le quotidien reste difficile, je sais, moi, mes priorités absolues. Et je sais combien chacun a besoin du forestier pour être là, pour protéger ce qui survit des feux à venir, de la destruction des sols forestiers, de la pollution et des crocodiles. Gageons qu’il faudra beaucoup, beaucoup de temps avant que cette prise de conscience monte jusqu’aux cerveaux encombrés de nos dirigeants. Espérons que lorsque l’eau ne coulera plus au robinet, que lorsque la Seine aura envahi Paris, ils feront le lien, et réfléchirons non plus en euros, mais avec du bon sens, non plus à échéance électorale, mais à l’échelle de la vie.

Je suis forestier de l’an 2000, et la première chose que j’ai apprise, lorsque j’avais vingt ans, c’est que le forestier doit avant tout préserver sa surface forestière, l’état forestier. C’est ce qu’il y a de plus difficile, mais c’est notre métier, avant tout. Il est plus que jamais fondamental aujourd’hui. Tout ce que nous pourrons préserver donnera une chance supplémentaire à nos enfants, à nos petits-enfants, de connaître les arbres, les forêts, l’eau. De survivre… Ne l’oublions jamais.



Photo Oinoleboso


Pour compléter et confirmer ce qui est écrit dans cet article, une vidéo de 4 minutes sur le site FR3(12/5/2019) cliquez sur :

Forêts : la biodiversité menacée.



lundi 30 décembre 2019

Julien Assange. Bonnes nouvelles.


Transmis par Jean-Pierre, ce texte envoyé par L'Adetra (Association de Défense des Travailleuses et Travailleurs) le 27-12-2019. Association dont le siège est en Suisse : 



Bonjour à tous,

Voici une excellente nouvelle : l'un des membres de notre syndicat, Bertrand Du Pasquier, a contacté l'un de ses amis, un cardinal, lequel a transmis un message au Pape François lui demandant d'intercéder pour la libération de Julian Assange !


D'autre part, voici une autre étonnante et grande nouvelle : le 24 décembre, Reporters sans frontières (RSF) a pris publiquement position pour soutenir Julian Assange :

Reporters sans frontières (RSF) s'inquiète des informations selon lesquelles l'état de santé du fondateur de Wikileaks, Julian Assange, s'est détérioré en détention, et demande sa libération immédiate pour des raisons humanitaires. RSF condamne le fait que Julian Assange continue d'être pris pour cible en raison de ses activités de type journalistique, ce qui constitue un dangereux précédent. https://rsf.org/en/news/two-months-assanges-extradition-hearing-rsf-calls-his-release-humanitarian-grounds-and-us-espionage
(traduction google en attaché)

Dans la déclaration de RSF, nous relevons l'importance d'un journalisme d'investigation réalisé dans l'intérêt public :
A ce sujet, le 12 avril 2019, Mme Gabi Zimmer, présidente de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique et eurodéputée, déclarait : Lorsqu'un journaliste ou un dénonciateur découvre des secrets d'Etat qui sont dans l'intérêt public, il ne devrait pas être poursuivi pour son acte de service public.
Elle ajoute : Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, avait dénoncé les atrocités commises par les Etats-Unis en Irak. Mais au moment où Assange fait face au système judiciaire britannique et à la menace d'extradition vers les États-Unis, les individus qui ont commis les crimes de guerre qu'Assange a exposés n'ont jamais été jugés. https://www.guengl.eu/statement-on-julian-assanges-arrest-by-uk-authorities/

Bien cordialement,
Pindaro Hugo Guarin, président Adetra
Isabelle Muller, membre du comité
Ivar Petterson, membre du comité





En complément :

LES CALOMNIES À L'ENCONTRE DE JULIAN ASSANGE S'ESTOMPENT ALORS QUE LES TÉMOINS DE WIKILEAKS ADMETTENT QU'IL N'ÉTAIT PAS IMPRUDENT, QU'IL PROTÉGEAIT LES INFORMATEURS ! Le journaliste d'investigation Mark Davis, lauréat du prix Walkley en 1998, a déclaré que les affirmations des journalistes du Guardian selon lesquelles M. Assange avait une attitude impitoyable à l'égard des informateurs américains et d'autres personnes susceptibles d'avoir été lésées par la publication du document étaient des "mensonges" : http://www.adetra.org/index.php?option=com_content&task=view&id=74&Itemid=35&mosmsg=Publication+sauvegard%E9e+avec+succ%E8s.


En novembre 2011, le site Wikileaks, créé par Julian Assange, s'est vu décerné le prix Walkley de la meilleure contribution au journalisme 2011 : https://www.lexpress.fr/actualite/societe/wikileaks-recoit-le-prix-walkley-de-la-meilleure-contribution-au-journalisme_1055696.html



Création éphémère au Portugal et Photo de Céline.


samedi 28 décembre 2019

Julian Assange aujourd'hui. Demain ce sera qui, si nous laissons faire ? Pétition.





Publié par LDH

Le sort de Julian Assange dépend de toutes et tous. Le monde de la culture et les citoyens de France répondent à l’appel de Julian.



Aujourd’hui, à Londres, Julian Assange est enfermé depuis sept mois dans l’isolement le plus cruel, sous médicaments, à Belmarsh, une prison de haute sécurité créée en 2001 pour enfermer les plus dangereux terroristes.

Parce que les juges lui refusent ses droits les plus élémentaires, Julian Assange est mis au secret, dans des conditions inhumaines, oublié des grands médias, presque sans contact avec ses avocats, sans outils pour pouvoir préparer sa défense. Il ne peut sortir de sa cellule qu’une demi-heure par jour.

Selon Nils Melzer, rapporteur spécial à l’ONU, il y est « soumis à une torture psychologique aux lourdes conséquences physiques, qui met sa vie en danger immédiat ».

Auparavant, Julian Assange a vécu six ans dans une pièce de l’ambassade d’Équateur à Londres, un refuge dérisoire d’où il pouvait encore au moins faire dignement face aux campagnes de calomnies orchestrées contre lui. Cela fait donc plus de sept ans qu’il est privé de liberté.

Son état de santé s’est considérablement dégradé ces derniers mois. Et c’est très amaigri, désorienté, reconnaissant à peine ses amis venus le soutenir, pouvant à peine dire son propre nom et sa date de naissance, qu’il est apparu à la cour de justice de Westminster, le 21 octobre 2019 dernier.

Ce qui est reproché à Julian Assange, c’est d’avoir, grâce à la mise en place du site WIKILEAKS qui protège les lanceurs d’alerte et les journalistes du monde entier, simplement PUBLIÉ des documents, en préservant les sources, pour notre droit de savoir à tous dans le seul espoir que: « si les mensonges provoquent des guerres, la vérité amènera la paix ».

En publiant les preuves irréfutables de milliers de crimes et d’affaires de corruption Julian nous offre l’une des plus belles chances de sauver l’âme de nos démocraties en danger. Saurons-nous saisir cette chance?

En attendant, aucune loi ne justifie une telle incarcération, un tel traitement, qui atteint sa dignité, sa capacité à se défendre, sa vie.

Pouvons-nous assister plus longtemps, dans l’indifférence générale et le mutisme des grands médias, à une telle violation des droits fondamentaux consacrés par des textes internationaux concernant non seulement la liberté, la dignité de la personne humaine, mais aussi la liberté d’expression et la liberté de la presse qui sont les bases de la démocratie?

Aujourd’hui Julian Assange. Demain ce sera qui?

Quels lanceurs d’alerte? Quels journalistes? Quels éditeurs ou écrivains ? Quels artistes ?

Nous, personnalités du monde de la culture qui assumons une responsabilité spécifique, sommes conscients de l’urgence absolue que représente l’état de santé de Julian.

Corinne Masiero, Lio, Claude Sérillon, Josianne Balasko, Patrick Bouchitey, Albert Dupontel, Cédric Klapish, Swann Arlaud, Jean Claude Petit, Bruno Gaccio, Thierry de Peretti, Serge Avédikian, Brigitte Roüan, Anne Roumanoff, Hanna Schygulla, Jacques Bonnaffé, Pascal Légitimus, Radu Mihaileanu, Serge Moati, Sam Karmann, Thomas Gilou, Thierry Lenouvel, Isabelle Renauld, Mona Achache, Lucas Belvaux, Virginie Ledoyen, Martine Cassinelli, Julien Seri, Luis Rego, Dominique Cabrera, Patricia Mazuy, Bernard Blancan, Didier Lepêcheur, François Koltès, Boris Lojkine, Bruno Podalydès, Emir Kusturica, Jean-Pierre Dionnet, Mireille Perrier, Marianne Denicourt, Jean-Jacques Beineix, Yann Dedet, Maria De Medeiros, Jan Kounen, Yann Collette, Emilie Deleuze, Marina Tomé, Chad Chenouga, Valérie Massadian, Elli Medeiros, Jean Pierre Kalfon, Dominique Blanc, Stéphane Foenkinos, Vahina Giocante, Eric Guirado, Jean Dufaux, Manuel Sanchez, Romain Slocombe, Jérome Soubeyrand, Didier Bezace, Maïmouna Diop, Serge Regourd, Lidia Terki, Laurent Bouhnik…

NOUS EXIGEONS LA LIBÉRATION IMMÉDIATE
DE JULIAN ASSANGE.

Nous nous unissons, par cet appel au respect des droits de l’Homme, aux pétitions lancées par de nombreux mouvements citoyens du monde entier, et invitons chacun à s’y joindre.



lundi 23 décembre 2019

Concert de soutien aux grévistes.



Vous qui ne pouvez pas faire grève pour des raisons qui vous appartiennent, nos ami.e.s du groupe Carnyx-En-Scène vous donnent l'occasion de marquer votre solidarité avec celles et ceux qui sont en grève. Elles et ils luttent pour des retraites décentes pour toutes et tous et pour une société solidaire dans tous les domaines.


Voici leur message et leur invitation :





"Depuis le 5 Décembre, partout en France, des milliers de personnes se mobilisent pour dire NON au projet de réforme des retraites que le gouvernement tente d’imposer. Elles et ils sont étudiant.e.s, salarié.e.s du public et du privé, retraité.e.s, privé.e.s d’emploi... 

Partout, les Assemblées générales, les actions, les manifestations, les blocages se multiplient. Nous pensons que ce combat pour vivre dignement (car c’est de cela qu’il s’agit!) doit passer par une grève générale. 


Carnyx en Scène est indubitablement du côté de celles et ceux qui luttent. C’est pourquoi nous organisons un concert de soutien à tou.te.s les grévistes, pour qu’elles et ils puissent continuer à se battre! 


Il aura lieu le 29 Décembre 2019 à partir de 16h au café culture « Le Gueulard » à Nilvange. Nous serons accompagné.e.s par les choristes révolutionnaires de Metz et le duo «Pastroch Stramasson»

 
L’entrée est à 5 euros et sera reversée aux caisses de grèves."




14 décembre 2019 au Chili : "El pueblo unido jamas sara vencido"

                 ("Le peuple uni jamais ne sera vaincu")

 

Merci Christine...

 

Et pour celles et ceux qui ne pourraient venir dimanche prochain voici un pot commun sur internet auquel vous pouvez verser votre solidarité, cliquez sur : 

 

le pot solidaire: solidarité avec les cheminot-es sauvons toutes les retraites

 

Merci Grégory



Éloge de la fatigue

 

Merci Guy, à toi et à Robert Lamoureux pour ce texte qui fait du bien, en cette période, où beaucoup font plus que leur possible pour que l'humanité mérite encore son nom :

 

 


Vous me dites, Monsieur, que j’ai mauvaise mine,
Qu’avec cette vie que je mène, je me ruine,
Que l’on ne gagne rien à trop se prodiguer,
Vous me dites enfin que je suis fatigué.



Oui je suis fatigué, Monsieur, mais je m’en flatte.
J’ai tout de fatigué, la voix, le cœur, la rate,
Je m’endors épuisé, je me réveille las,
Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m’en soucie pas.
Et quand je m’en soucie, je me ridiculise.




La fatigue souvent n’est qu’une vantardise.
On n’est jamais aussi fatigué qu’on le croit !
Et quand cela serait, n’en a-t-on pas le droit ?

Je ne vous parle pas des tristes lassitudes,
Qu’on a lorsque le corps harassé d’habitude,
N’a plus pour se mouvoir que de pâles raisons…
Lorsqu’on a fait de soi son unique horizon…
Lorsqu’on a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre…
Cette fatigue-là est mauvaise à entendre ;
Elle fait le front lourd, l’œil morne, le dos rond.
Et vous donne l’aspect d’un vivant moribond…



Mais se sentir plier sous le poids formidable
Des vies dont un beau jour on s’est fait responsable,
Savoir qu’on a des joies ou des pleurs dans ses mains,
Savoir qu’on est l’outil, qu’on est le lendemain,
Savoir qu’on est le chef, savoir qu’on est la source,
Aider une existence à continuer sa course,
Et pour cela se battre à s’en user le cœur…



Cette fatigue-là, Monsieur, c’est du bonheur.

Et sûr qu’à chaque pas, à chaque assaut qu’on livre,
On va aider un être à vivre ou à survivre ;
Et sûr qu’on est le port et la route et le gué,
Où prendrait-on le droit d’être trop fatigué ?
Ceux qui font de leur vie une belle aventure,
Marquent chaque victoire, en creux, sur leur figure,
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus,
Parmi tant d’autres creux il passe inaperçu.



La fatigue, Monsieur, c’est un prix toujours juste,
C’est le prix d’une journée d’efforts et de luttes.
C’est le prix d’un labour, d’un mur ou d’un exploit,
Non pas le prix qu’on paie, mais celui qu’on reçoit.
C’est le prix d’un travail, d’une journée remplie,
Et c’est la preuve, aussi, qu’on vit avec la vie.

Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,
J’écoute mes sommeils, et là, je me sens fort ;
Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,
Et ma fatigue alors, c’est une récompense.



Et vous me conseillez d’aller me reposer !
Mais si j’acceptais là, ce que vous proposez,
Si je m’abandonnais à votre douce intrigue…
Mais je mourrais, Monsieur, tristement… de fatigue.

 

vendredi 20 décembre 2019

"Le mot âme, le monde le prend avec une pince de métal froid et..." Christian Bobin

Dans une petite rue de Sète. Photo Oinoleboso

 

 

 

 

 

 

 

"Le mot "âme", le monde le prend avec une pince de métal froid et  le retire de la personne sans qu'elle s'en aperçoive, ni qu'elle en souffre, peut-être même devient-elle plus performante." Christian Bobin

 

C'est Dominique (merci à elle) qui m'a fait cadeau, pour mon anniversaire de ce lien, de ce tissage.

Cela durait 93 minutes mais Youtube n'en a conservé qu'une dizaine. C'est à voir, à entendre, à ressentir.

 Je partage mon cadeau avec toi, avec vous : 

 


 

Quelques extraits :

 

- Si je vous demandais "qu'est-ce que vous faites ?" Christian Bobin. Qu'est-ce que vous me répondriez ?

- J'essaie de respirer. J'essaie d'être vivant. J'essaie... Parfois j'échoue mais j'essaie... d'élargir le sentiment de la vie qui est en moi.

 

Des bribes, c'est insuffisant mais c'est mieux que rien :

 

- L'émerveillement ? C'est une cage. Toute définition est une cage. On peut espérer que dans notre cage thoracique, il y ait une porte qui s'ouvre un jour.

- Toute chose a un revers. La splendeur de la vie a une face de dureté. Il faut prendre le tout.

- Quand on croit avoir atteint une vérité, toujours penser à la vérité contraire. Prendre les deux. 

 

- Qu'est-ce que vous recherchez ?

 

- Je ne vais pas chercher. C'est comme l'amour, la peur, le rire... Ça vient au moment où vous ne cherchez pas, toujours par surprise. La vie est maîtresse. Elle a son rythme, ses heures. J'essaie juste d'être au rendez-vous. Les choses arrivent par accident... On n'est pas l'auteur de ce qui arrive.


- Le jaillissement d'une présence cela va toujours avec une ouverture du langage. C'est là, quand le langage n'est plus usuel, plus convenu.

 

- Je ne veux pas que le monde me dicte sa fausse poésie. Il faut avoir une tenue de langue et d'âme qui ré-enflamme  la vie, qui nous redonne le courage et envie de vivre et nous remette à la hauteur de ce qu'est cette vie.

 

- La poétique c'est taper avec le coeur sur le coeur de l'autre et ignorer tous les obstacles, d'aller et parler tout droit. Loin des économistes tristes et des sociologues un peu énervés.

 

- La poétique s'occupe de ce qu'on ne peut mettre en terre : les mots des poètes, le coeur. Les lire oui mais les dire leur donne une circulation plus puissante.


- La poésie c'est une puissance qui traverse et la mort et l'indifférence et les royaumes de la puissance.

 

- Poète, tu as parlé pour ceux qui ne parlent pas, pour les choses que l'on n'entend pas, que l'on ne voit pas.

 

- Amitié avec Pierre Soulage : une passion commune pour la nuit et la lumière. L'importance des lieux de notre histoire : je suis allé marcher dans la rue de naissance de Pierre Soulage.


Jean Kerwich (gitan... balayeur à la cité des Beaux-Arts) C'est de l'écriture à la Van Gogh. C'est un homme soleil. C'est un gitan qui meurt presque de faim et qui nourrit plein de gens avec ses mots.

 

Ses mots m'ont déterré, m'ont sorti de terre. Ça m'a rendu mon identité, ça m'a rendu à moi-même.

 

Alors, après avoir fait de la prison, il est retourné dans le quartier d'où il venait pour sortir les enfants de la délinquance par la poésie. Dans ce quartier de Naples où la mafia l'avait embauché avant d'avoir rencontré les livres.


La grâce imméritée de cette vie.

 

Je ne connais personne pour lequel la vie est facile. 

 

La sensibilité ça rend la vie vivante. L'argent, la gloire ça protège. Ça protège tellement qu'on ne vit plus.

 

Les peintures de Pierre Soulage ne montrent rien, elles disent. Qu'il y a autre chose que ce monde en impasse toujours. La ténèbre donne de la lumière.

 

J'écoute et je regarde mes frères et après j'écris. Je les vois perdus.

 

Une écriture nue. Une écriture du silence. Un poète ne ment pas.

 

La neige écrit avant moi et moi après elle je recopie. Je voudrais avoir une écriture aussi légère qu'un flocon de neige.

 

Jean-Louis Étienne : un chêne de 50 ans, de 30 mètres de haut transpire 250 litres d'eau par jour pour faire monter la sève. "Aux arbres citoyens" c'est le livre qu'il a écrit dernièrement.

 

Extrait du livre de Christian Bobin "La nuit du coeur" (dans le vitrail 57) lu par Clotilde Courau : 

 

"Les sauterelles électroniques se sont abattues sur l'Égypte de l'âme, elles dévorent tout. Quand, dans le train, je vois un homme ou une femme lire un livre, j'ai sur eux le regard qu'avait un résistant de la dernière guerre, découvrant dans la fierté d'un regard, la douleur d'un sourire, un frère ou une soeur d'âme. Le mot âme, le monde le prend avec une pince de métal froid... (voir la suite au début de cet article)."

 

- Les deux extrêmes de l'écriture : la poésie qui va du coeur au coeur et la philosophie de la raison à la raison.

 

- L'amitié c'est une conversation batailleuse et heureuse.

 

- Nous sommes déjà dans l'éternité. L'éternité c'est maintenant. Je suis sensible aux hémorragies de silence.

 

- La musique baroque de Jean-Sébastien Bach c'est une manière élégante d'être grave.

 

- J'écris pour respirer, pour être moins malheureux et pour remercier je ne sais qui, je ne sais quoi, par gratitude.

 

- Je lis pour multiplier mes voisins.

 

- C'est la rencontre, c'est une présence qui nous sauve.

 

- Émily Dickison, elle m'a fracassé le coeur. Elle a décidé un jour de ne plus sortir de chez elle. Et là elle a perçu l'infinité du précieux de la vie dans la moindre chose.

 

"Les instants volés" de Pierre Grosz et Jean Ferrat chantée par Francesca  Solleville :

 

 

 

 

mercredi 18 décembre 2019

Être en grève autrement... Inventer sa façon d'être solidaires.



Merci Jean-Pierre. Cela me rappelle quand les mineurs faisaient grève pendant un mois et plus et que nous recevions des pommes de terre et du poisson frais venus de la solidarité des paysannes et paysans, des pêcheuses et pêcheurs...


Photo du site : Européenne de conseils.

 

"Quand les agriculteurs de Touraine viennent nourrir les grévistes."

Pour lire l'article paru sur FR3 Régions, cliquez : ICI

  

Photo du site : Fémininbio.




Une autre façon encore de faire grève, dans l'article de France Culture :

"Caisses de grève : pour la cause, nourrir les ventres vides et faire le plein" avec une vidéo de Nicole Ferroni interviewée par l'Humanité".

 Cliquez : ICI.





lundi 16 décembre 2019

Les mots de René N°4 "Appel à ce que chacun.e dise son essentiel"

 

Cigéo/Bure un mur tombe et parle.

 

"Il me semble que pour les Oinoleboso, l'ESSENTIEL, l'IMPORTANT ce n'est pas la performance d'un tel ou d'une telle ou les imperfections d'un.e autre.

 

Ce qui est important c'est que chacun.e puisse s'exprimer à sa façon, là où elle-il en est.

 

Chacun.e est légitime à offrir une prise de parole, un chant, un morceau de musique, un slogan, une danse, un tableau, une poésie, un texte (que sais-je encore)... Chacun.e est légitime, aussi "faux" ou aussi "moche" ou "trop ceci" ou "pas assez cela" que cela puisse paraître à l'autre.

 

Ce qui est beau et fort c'est l'ensemble de la mosaïque contrastée dans ce qui est un acte vraiment collectif où chacun.e crée au milieu d'autres.

 

Il suffit que la personne choisisse quelque chose qui lui tient à coeur de partager et qu'elle y mette toute sa sincérité.

 

Après, dans cet esprit-là, les "erreurs", les "à peu près" rajoutent une touche d'humanité indispensable à cette mosaïque qui, sans cela perdrait son âme.

 

Il n'y a pas pour moi les militant.e.s d'un côté et les autres en face, les artistes et celles et ceux qui ne le seraient pas, les orateurs et celles et ceux qui ne savent pas parler, les poètes et les autres, les chanteurs et les autres, les leaders et les suiveurs... (compléter la liste de ce que sont nos véritables chaînes jusqu'au jour où je dis "non"... ce jour c'est aujourd'hui et c'est demain mardi 17 décembre la manifestation, personne ne peut décider à ma place, le peuple c'est chacun.e de nous, voir les pancartes, les banderoles de l'article d'hier sur ce blogue...).

 

Ma seule raison d'être des Oinoleboso : c'est de créer, avec toutes les personnes et les associations alliées, les conditions pour que chacun.e ose s'exprimer à sa façon unique dans des créations collectives (une manifestation est aussi une oeuvre... commune)... et s'y tenir jusqu'à sa dernière énergie."

 

Proposition : que nous fassions une mosaïque d'expressions sur ce blogue et ailleurs, le blogue lui-même en est déjà une. 

Cela peut être une pancarte que vous prenez en photo, une chanson, un texte "les mots de...", un cri, une larme, une phrase, une poésie, un slogan ... qui vous porte à être vraiment... comme sur le document apporté par Marie-Claude venant de "Sortir du Nucléaire" où les personnes ont utilisé des plots de séparation d'une autoroute pour l'expression de chacun.e... 

 

Envoyez-nous votre morceau de mosaïque à notre adresse "oiselles@laposte.net"... signez de votre prénom ou de votre nom ou des deux... " MERCI.

 

"Nous ne sommes rien, soyons NOUS"         René

Cigéo/Bure un mur tombe et parle. Une partie de la mosaïque.

Cigéo/Bure un mur tombe et parle.

Bure. Crédit : François Nascimbeni/ AFP

 


 

dimanche 15 décembre 2019

Le peuple comme seul héros



En Algérie :


Photo du site : L'express actualité

 

 

 

 

En Italie  :  "Le mouvement des sardines" (comment ne pas penser à la chanson de Patrick Sébastien écoutée en boucle par Samir ?) 

 

 

Photo du site : Le JSL 

Nous ne voulons pas l'homme fort.

Nous voulons une forte humanité.

 

 En France :

Sur le site d'Aisne Nouvelle.





Photo du site : le télégramme.


 Et pour entendre parler celles et ceux qui font le peuple, qui font l'histoire, écoutez cette émission sur France Culture (Oui... France Culture parce que "pauvres" ne veut pas dire sans cultures, sans intelligence) en cliquant sur : "La retraite vous la voulez à points ou saignantes ?

 

vendredi 13 décembre 2019

"Mais si nous tirons tous il tombera. Ça ne peut pas durer comme ça."

 

C'EST VRAI PARTOUT EN ESPAGNE, EN ALGÉRIE, AU CHILI, EN SYRIE, EN PALESTINE... À NOTRE-DAME DES LANDES, À ILLANGE, POUR LES RETRAITES, POUR L'ÉGALITÉ ENTRE FEMMES ET HOMMES, POUR LA JUSTICE, POUR LE PARTAGE DES RICHESSES, POUR LA SANTÉ, LE LOGEMENT, L'ACCUEIL DE TOUTES ET TOUS LES EXILÉ.E.S, DES TSIGANES, POUR LES DROITS DES ENFANTS ...

 

Merci Xavier et Christine :


"Le Pieu" ( traduction par Marc Robin de "l'Estaca" de Lluis Llach écrite pour lutter contre le fascisme et Franco)...







"L'Estaca"  de et par Lluis Llach :






"L'Estaque" (traduction par Jacques Émile Deschamps chanté par Marc Ogeret :




 

Retraite après la mort ? Retraite de misère après une vie de misère ?

 

Merci Jean-Pierre,

pour cette bande dessinée "C'est quand qu'on arrête ?": comprendre et lutter, cela va ensemble.

 

Parue sur le site de "Lundimatin" :

 

Pour la lire entièrement cliquez : ICI

 

  Pour accéder au blogue d'Emma Clit, créatrice de cette BD et d'autres toutes aussi intéressantes, cliquez : ICI.