CE QUE NOUS SOMMES


CE QUE NOUS SOMMES


Oiselles Oiseaux et Non-Leaders Solidaires

(Oinoleboso)

Des enfants, des jeunes et des adultes organisant ensemble des ateliers dans tous les domaines des savoirs, utiles aux luttes humaines pour une vie digne et solidaire (chansons solidaires, poésies, histoires et récits de vie, paroles habitées, résistances en milieu hostile, engagements, interventions politiques mais au service d'aucun parti, créations de toutes sortes...)

Les personnes animatrices ne font pas seulement des propositions dans l'atelier, elles les mettent en oeuvre, elles aussi, au coude à coude, à égalité avec les participantEs de tout âge et de tout horizon.

Les responsabilités au sein du Comité sont tirées au sort chaque année au moment de l'A.G.

Nous sommes partie prenante d'un réseau informel d'associations et de personnes entre lesquelles des passerelles, des ponts, des tissages existent. Voici la liste des groupes amis avec lesquels nous travaillons actuellement: Réussir Ensemble, Les Passeurs de Souffle, Cultures 21, La Ligue des Droits Humains, Le Front Social 57, Le Gueulard Bar Culturel de Nilvange, Mouveloreille, Stop Knauf Illange, Le Collectif de personnes et d'associations animant la fête du 1er mai... avec les Communes d'Algrange et Knutange


CE QUE NOUS VOULONS

- La justice solidaire jusque dans les détails.

- La considération véritable de la parole, de l'expression (sous toutes ses formes) de chaque personne, de chaque groupe et de chaque peuple.


Pour nous joindre : oinoleboso@gmail.com



jeudi 30 avril 2020

1er Mai 2020 On va pas se défiler...







La Convergence avec 30 organisations regroupées derrière le mot d'ordre"Plus jamais çà !" après avoir initié une pétition appellent à participer aux mobilisations syndicales pour donner au 1er mai 2020, journée internationale de lutte des travailleuses et travailleurs, un écho tout particulier dans le contexte de crise sanitaire. La pandémie qui se répand dans le monde entier révèle de manière tragique les dérèglements du capitalisme néolibéral et productiviste ainsi que les dysfonctionnements de l’actuelle gouvernance mondiale. La situation nécessite d’affronter ensemble les urgences écologiques, sociales et démocratiques. 



Les impératifs de santé publique seront à l’honneur de ce 1er mai. 


Nos organisations appellent à manifester la solidarité avec les travailleurs.ses, en France et dans tous les pays, dont les activités continuent, souvent sans même le matériel de protection nécessaire. 



La solidarité aussi avec les « invisibles » que la crise a pourtant révélé.e.s comme indispensables, ainsi qu’avec les précaires et les « sans », dont la situation s’est dramatiquement aggravée pendant la crise. 



Pour tout cela, nous exigeons : 


• que la santé de toutes et tous soit une priorité, maintenant et après le 11 mai, date annoncée de sortie du confinement alors même que les conditions sanitaires ne sont pas réunies. 


• que toutes les mesures d’urgence soient prises pour lutter contre les inégalités sociales et pour préserver les droits de chacun.e durant cette période, dont celui d’un travail, d’une alimentation, d’un logement de qualité. • que la protection sociale des jeunes soit refondée afin de les faire rentrer dans le droit commun. Les jeunes ne peuvent être ni la variable d’ajustement, ni les oublié.e.s de l’après.


• que la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité soient des priorités pour le plan de relance de l’économie, à la mesure de l’urgence climatique. 


• une solidarité avec les populations des pays pauvres, premières victimes des dérèglements climatiques, touchés par la crise sanitaire alors que leurs systèmes de santé et les services publics sont encore moins préparés que le nôtre à faire face à cette pandémie, sous la menace de crises alimentaires émergentes, passant en premier lieu par l’annulation de leur dette extérieure en 2020 et le versement de financements additionnels d’urgence. 


• que les multinationales s’assurent du respect des droits humains et de conditions de travail décentes pour les travailleuses et travailleurs employé.e.s par leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants à travers le monde plutôt que de les laisser sans revenus, aides ou protections sociales, les rendant plus vulnérables aux risques d’exploitation plutôt que de verser des dividendes à leurs actionnaires. Le monde d’après doit enfin appliquer l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. 



Ce sont souvent des femmes, dans l’ensemble du secteur de la santé et du social, dans les services publics, dans les commerces, dans l’agroalimentaire, qui ont sauvé des vies, ont permis de nous alimenter, ont assuré des missions de protection de la population et ont permis à notre pays de tenir alors qu’elles sont toujours bien moins payées que les hommes : il est temps de reconnaître leur investissement. 



Le monde d’après ne doit pas non plus se solder par de nouvelles régressions des droits démocratiques. De ce point de vue, en France comme ailleurs conscient.e.s de la nécessité de respecter toutes les mesures de confinement nécessaires, nous ne sommes pas moins indigné.e.s des violences policières, des contrôles abusifs, des atteintes à la protection des données personnelles et de la vie privée, de la violation des droits des migrant.e.s …



Lors de ce 1er mai, nous manifesterons aussi pour exiger un plan de relocalisation solidaire et écologique des activités de l’industrie, de l’agriculture et des services : 



• «plus jamais» des travailleur-ses mis.e.s en concurrence et appauvri.e.s !

• «plus jamais» la dépendance aux marchés internationaux comme le manque de masques, de sur-blouses et de médicaments,

• «plus jamais» les produits qui font le tour de la planète engendrant pollutions et émissions de gaz à effet de serre !

• Et «plus jamais» la captation des ressources naturelles du Sud au seul profit des transnationales des pays riches.



Pour que le jour d’après ne soit plus comme le jour d’avant, tout soutien public aux entreprises doit d’ores et déjà être conditionné à une reconversion écologique et sociale, qui nous permettra de créer des centaines de milliers d’emplois de qualité en France. Le gouvernement ne doit pas remettre en cause, sous l’influence des industries polluantes, les engagements et les objectifs environnementaux, déjà très en dessous du niveau exigé par l’urgence climatique. Il doit aussi suspendre les ventes d’armes qui alimentent les conflits et le terrorisme, et réfléchir à abandonner la dissuasion nucléaire coûteuse et plus dangereuse qu’efficace. 



Nous exigeons que la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité soient des priorités pour le plan de relance de l’économie, et qu’elles soient à la mesure de l’urgence climatique. 



Lors de ce 1er mai, nous manifesterons encore pour obtenir un plan de développement de tous les services publics et une revalorisation des métiers d'utilité publique : 



• «plus jamais» les hôpitaux débordés du fait des fermetures de lits et du manque de soignant.e.s,

• «plus jamais» d’une recherche publique manquant de crédits,

• «plus jamais» des services publics exsangues,

• «plus jamais» des Ehpad délaissés,

• «plus jamais» des personnes sans revenu et en précarité alimentaire.

• «plus jamais» de fausses excuses quant au manque de budget public pour les financer, alors qu’une fiscalité plus juste (y compris sur la fortune / le patrimoine), une véritable lutte contre l’évasion fiscale et la transformation de la dette publique en dette perpétuelle à taux zéro par la BCE en donneraient les moyens. 



Même confiné.e.s, manifestons toutes et tous le 1er mai, depuis chez soi, avec des pancartes, banderoles ou en envahissant les réseaux sociaux.

Rendons visibles, exprimons ce que nous voulons en France comme ailleurs : un changement de cap, pour un futur écologique, social, féministe et démocratique.



"Bas les masques !"

Merci Jean-Pierre :

Un appel de soignant.e.s à construire un mouvement populaire :






BAS LES MASQUES ! 
 
Un appel de soignant.e.s pour construire un mouvement populaire ! Nous sommes des soignant.e.s et professionnel.le.s de la santé d’horizons divers. Bouleversé.e.s et en colère, nous décidons de nous lever et de crier haut et fort « Bas les masques ! » 
 
Nous disons stop aux mensonges, à l’hypocrisie et au cynisme du gouvernement ! Nous lançons un appel à tous nos collègues professionnel.le.s de santé et du médico-social qui partent travailler la boule au ventre. Un appel aux « travailleurs et travailleuses essentiel.le.s », aux « premier.e.s de corvée », qui sont exposé.e.s pour faire tourner la machine. Un appel à toutes les personnes qui n’en peuvent plus de cette gestion de crise calamiteuse, de ce qu’elles endurent depuis des années, d’un système économique, politique et social désastreux.
 
 Retrouvons-nous dès maintenant pour construire un mouvement populaire. Partout, nous devons nous organiser sans attendre un « après-crise » illusoire. Sans cela, les perspectives sont sombres. L’endettement des États aujourd’hui servira de justification aux politiques d’austérité de demain. Ces mêmes politiques qui ont déjà broyé nos services publics et nos systèmes de santé, d'éducation et de justice. 
 
Au prétexte de l’état d’urgence sanitaire, des mesures seront mises en oeuvre au service de la surveillance généralisée, du tout sécuritaire faisant infuser dans les esprits la peur, le repli et la stigmatisation. 
 
Alors construisons ensemble dès aujourd’hui, des lendemains heureux. L'avenir sera ce que nous déciderons d'en faire ! Le « monde d’après » nous le voulons juste, centré sur l’intérêt du plus grand nombre et non sur la recherche du profit au bénéfice de quelques uns. 
 
 
Face à la crise actuelle, nos objectifs prioritaires sont clairs : 
 
- Nous exigeons que des moyens urgents soient immédiatement réunis pour faire cesser la pénurie d’équipements de protection. - Nous exigeons des mesures d’urgence pour une vie digne pour les plus vulnérables. 
 
- Nous exigeons que les aides financières octroyées avec l’argent public aillent en priorité à nos services publics et que tous les professionnels essentiels à notre société soient enfin rémunérés à leur juste valeur 
 
- Nous voulons mettre fin à ce système qui broie les vies au nom du profit, et construire ensemble une société plus juste, plus équitable, un monde où le soin et la solidarité seront enfin des fondamentaux. 
 
Les actions que nous proposons, pour le moment, sont simples : 
 
- À tous les professionnel.le.s de santé, du médico-social et du social qui se reconnaissent dans cet appel : rejoignez-nous, partagez vos témoignages. 
 
 - À tou.te.s les travailleurs.euses « essentiel.le.s », aux "premier.e.s de corvée" qui font tourner la machine : rejoignez-nous également, partagez vos témoignages, construisons un mouvement large au-delà de nos secteurs. 
 
 - À toutes et tous : faisons de chaque mardi une journée de mobilisation à nos fenêtres pour la défense d’un système de santé plus juste, et l’avènement d’un « monde d’après » égalitaire (concert de casseroles, banderoles, etc). Et continuons de déposer des plaintes en justice (plaintecovid.fr). Sortons de l’isolement et retrouvons-nous (sur les réseaux sociaux dans un premier temps). Partageons nos témoignages, nos idées, nos actions. 
 
Organisons-nous pour construire un grand mouvement populaire ! « Bas les masques ! » n’est affilié à aucun parti, aucun syndicat, aucune organisation préexistante. Ça n’est pas un collectif figé et délimité, mais une initiative plurielle ouverte à tous et toutes. N’hésitez pas à la diffuser partout autour de vous ! 
 
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mercredi 29 avril 2020

Le CHU de Nancy, symbole de la désorganisation managériale de l’hôpital public.


Merci Grégory pour la transmission de cet article qui nous concerne toutes et tous.  


Cet article de Franck Dépretz est long mais d'une grande qualité pour comprendre, aussi simplement que possible, ce qu'est la gestion néolibérale de nos vies et de nos morts.



Service des urgences du CHRU de Nancy, juin 2019 / CGT CHRU Nancy



 L’hôpital de Nancy est en première ligne face à la pandémie de Covid-19. Qu’importe : une énième « réorganisation », validée en comité interministériel, prévoit la suppression de 600 postes. La restructuration a été suspendue, mais pas annulée, et le directeur de l’agence régionale de santé a été remplacé par une autre haut-fonctionnaire à l’origine du plan d’austérité. Ces absurdités managériales vont-elles continuer, demain, à frapper l’hôpital, ses personnels et ses patients ? Enquête. (...)


Pour lire la suite de cet article sur le site de "Basta 10 ans radicalement indépendant", cliquez : ICI.

 
 



Atelier "Classer, Classement, Ranger = Ordonner ?"



Photo Christine.




Atelier « Classer Classements Classes Sociales etc. » reclassé, déclassé... rentrée ou sortie des classes... ?????


 Samedi 2 mai de 14h à 16h sur ce blogue... 
 

La semaine passée nous avons échangé autour du mot « Fourre-Tout ». Hubert : « Fourre-tout c'est pas la même chose que Foutoir... »

Surtout en cette période où, plus ou moins, nous sommes dans le rangement des choses autant dans les objets que dans nos têtes. En tout cas nous essayons... On en parle ?


de 14h à 15h :

Y-a-t-il un classement (= rangement ?) que vous avez réalisé et dont vous êtes satisfait.e.s ?
Y en a-t-il un autre qui ne vous satisfait pas ?
Y a-t-il un ou plusieurs classements que vous rêvez de faire ?
Dites-nous-en un peu plus...


de 15h à 16h

Je t'offre un mot autour duquel tourne ma réflexion en ce moment. Un mot que tu pourras intégrer ou pas dans ton classement, ton fourre-tout ou ton foutoir ! Tu peux nous en offrir un, toi aussi ?... et nous en dire un peu quelque chose ?
Voilà le mien : holistique - holisme (et son contraire ? pointillisme ? ''détaillisme'' ?)...

Et toujours cette constante : dans les ateliers « Oinoleboso et
leurs ami.e.s » vous n'êtes jamais « hors sujet »... Le sujet c'est vous et vous maniez (conjuguez) votre verbe à votre guise... C'est vous qui savez sur quoi il est urgent, pour vous-mêmes, d'échanger dans ce lieu de liberté que nous créons ensemble (de moins en moins virtuel), où rien n'est « ordonné » (dans le sens d'un ordre donné à l'autre ou dans le sens du classement des personnes : deux choses que nous refusons), où tout peut arriver...   René Oinos.



Allez voir sur ce blogue : 

* de Patrick Chamoiseau "Solitaire et Solidaire". Un texte fort et apaisant à la fois : "Le véritable virus c'est le néolibéralisme". 

* L'annonce de la série en 4 épisodes sur Arte "Le temps des Ouvriers" qui est passé intégralement hier soir (visible encore jusqu'au 26 juin 2020...) C'est l'origine même de tout ce qui nous ronge encore maintenant « l'industrialisation et la désindustrialisation, forcées toutes les deux, avec le vol du TEMPS si précieux de chaque être humain.e... ». Voilà un bien commun aussi qu'ils nous volent si nous n'y sommes pas attentifs... Combien de fois avons-nous dit : "je n'ai pas le temps ! ". Et si nous nous posions la question de savoir "Qui nous l'a pris ?"  


Photo Oinoleboso.




 

mardi 28 avril 2020

"Le néolibéralisme c'est lui le véritable virus" Patrick Chamoiseau


Merci beaucoup Marie-Claude, ce n'est pas long, cela se lit comme du bon pain.

 

Photo : Hannah Assouline/Opale/Leemage dans le  journal "L'Humanité"

 

publié par Marc Lacreuse

PATRICK CHAMOISEAU :

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Entretien.
Confiné à Paris, loin de la Martinique, l’écrivain nous fait part de ses réflexions sur «  l’embâcle et la débâcle  » consécutives à la pandémie et au saccage de l’intérêt général. Souhaitant un «  après  » véritable, craignant le «  non-événement  », Patrick Chamoiseau en appelle à une mise «  en relation de nos individuations questionnantes, solitaires et solidaires  » pour vaincre le néolibéralisme, «  véritable virus contre lequel nous n’avons pas encore trouvé de traitement  ».
 Né en 1953 à Fort-de-France, en Martinique, Patrick Chamoiseau est l’auteur de nombreux romans et essais, maintes fois primés, dont Texaco, pour lequel il a obtenu le prix Goncourt, en 1992. Il est par ailleurs le nouveau titulaire de la chaire d’écrivain en résidence de Sciences-Po.
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Comment vivez-vous cette situation inédite  ?
Patrick Chamoiseau. Je suis assez contemplatif et immobile, avec tant de lectures, de besognes et d’écritures en retard que cela ne me pose pas de problème particulier. En revanche, je rumine tous les jours sur l’emprise mondiale du néolibéralisme, et comment cette emprise fait montre partout des mêmes imprévoyances, d’une même aptitude à saccager l’intérêt général, le bien commun, ou simplement l’humaine condition. Donc, je ne me demande pas quand ce confinement s’arrêtera, mais plutôt où se trouve la sortie véritable de ce cauchemar planétaire  ? On sera forcés de s’accommoder d’une manière ou d’une autre au virus. Mais, pour la survie de cette planète et celle de notre espèce, on est sommés de trouver au plus vite comment se débarrasser du capitalisme et de sa fermentation néolibérale…

Souffrez-vous de l’isolement  ?

Patrick Chamoiseau. Rien de changé fondamentalement. Les situations d’écriture sont des situations de confinement en soi, mais ce «  confinement  » est volontaire et créatif  : ce n’est pas un isolement, c’est une solitude. Je vis pleinement ce paradoxe qui ramène tout confinement à une possibilité de construire sa solitude. La solitude est une lente élaboration de soi, laquelle autorise une relation sensible à l’ailleurs et au mouvement du monde. La haute solitude, c’est à la fois une étendue et une profondeur.

Comment analysez-vous la situation à l’échelle collective  ?
Patrick Chamoiseau. De fait, comme l’a bien souligné le philosophe Abdennour Bidar, ce «  confinement sanitaire  » a éjecté la plupart d’entre nous d’un vaste confinement invisible  : celui d’une domination de nos imaginaires par le dogme néolibéral. Nous n’avons pas été éjectés du contact avec les autres ou de la vie, mais des mécaniques du boulot-dodo-boulot, des compulsions consuméristes, de la course aux loisirs névrotiques, au driving du Caddie, aux grenouillages corporatistes… Une existence sans idéal, sans engagement, sans rien qui dépasse ses propres étroitesses. Cette passion sans ailes a fini par creuser un immense vide à l’intérieur de chacun d’entre nous. Dès lors, de par le monde, en plus d’une immersion dans des réduits de pauvreté et de misère matérielles, des millions de couples se découvrent invivables et morts depuis longtemps. Des familles se révèlent à elles-mêmes incapables de faire famille avec des enfants qui leur apparaissent, au mieux comme des étrangers, au pire comme des monstres. Et quand ces enfants sont des anges, des millions de personnes ne savent plus comment faire-parents, vivre-avec, rire-avec, œuvrer-avec tout simplement, sans permissivité démissionnaire ou fuite dans la consommation compulsive de loisirs… Tout cela ne serait pas perçu dans le «  confinement à l’air libre  » du néolibéralisme. Dans l’actuel «  confinement sanitaire  », qui est de fait un «  déconfinement-politique-et-humain  » , et malgré la pédagogie des psychologues et psychiatres de médias, notre vacuité nous devient perceptible de manière plus ou moins douloureuse, plus ou moins obscure. Ce qui peut laisser craindre le pire…

Quel serait le pire  ?
Patrick Chamoiseau. Peut-être le non-événement. Ce déconfinement-politique-et-humain est paradoxalement pour nous angoissant. Il risque de susciter un immense retour-sauve-qui-peut-général vers la cage anesthésiante du système dominant, comme dans un moment libérateur. Là encore, le néolibéralisme risque de se retrouver triomphant en distribuant une myriade d’aides sociales pour dégripper son économie et l’aider à sortir (non pas d’une crise interne) mais de sa mise volontaire sous coma artificiel. Pourtant, nos réclusions perçoivent bien comment le bien commun, les services publics, l’État protecteur, le souci du plus faible, ont été sacrifiés sur l’autel de l’optimisation des profits. On compte les morts et on se voit mourir. Sur le porche des hôpitaux, on trie entre la souffrance-qui-peut et la souffrance-qui-risque-de-ne-pas-pouvoir. On guette des descentes de graphiques. On euthanasie les grandes personnes dans des mouroirs scellés… Des pulsions superficielles nous viennent, on écrit, on proclame, on fait journal, on se persuade qu’une aurore est à nos portes, que les assassins d’aube seront cette fois-ci laminés et vaincus… Hélas, les assassins d’aube risquent de ne pas avoir à sortir leurs coutelas  : le virus a tout bouleversé, mais nos imaginaires sont restés pour ainsi dire sidérés  : sans «  révolution  », ni «  ré-évolution  », juste en attente du top départ pour le déconfinement…

Comment espérer un avenir rénové  ?
Patrick Chamoiseau. C’est cela qui me préoccupe vraiment. Je pense aux étranges vers d’Aimé Césaire  : «  Les rêves échoués desséchés font au ras de la gueule des rivières/de formidables tas d’ossements muets/ les espoirs trop rapides rampent scrupuleusement/en serpents apprivoisés…  », etc. Ces rêves échoués, ces utopies desséchées, ces espoirs trop rapides et finalement apprivoisés dont parle Césaire au moment de sa douloureuse vieillesse sont pour moi toutes ces idées humanistes et justes, tous ces diagnostics portés sur le capitalisme, toutes ces alternatives possibles au néolibéralisme, toutes les listes minutieuses des voies du changement, de notre rapport au vivant, des recettes pour sauver la planète, redéfinir nos humanismes, respecter le vivant, se changer soi-même avant de pouvoir changer le monde, etc. Tout cela, nos intellects scintillants l’ont déjà formulé. J’ai moi-même écrit de nombreux manifestes. Tout cela nous a été ressorti en masse par les médias durant ce confinement-déconfinement. On est heureux de les entendre, et on s’enivre d’avance d’une fin du néolibéralisme et d’une remise en question radicale du capitalisme… Seulement, ce que l’histoire nous a montré, c’est que ces fulgurances prophétiques si justes et si précieuses se sont seulement accumulées au long des fleuves, rivières et ruisseaux de nos imaginaires. Elles ont fini par constituer des embâcles que nos imaginaires se sont toujours évertués à contourner. Je l’ai vu en 2009 en Martinique, on l’a vu ici avec les Nuits debout ou les gilets jaunes… Notre problème n’est donc pas d’alimenter l’embâcle, comme on le ferait d’un «  culte désaffecté  », mais de trouver comment l’habiter dans une débâcle qui nous aiderait à concrétiser un «  après  » véritable. Comment concrétiser ce que nous avons déjà pensé  ? Comment en faire un actif partagé  ? C’est le plus difficile à régler, cela ne peut plus être différé, et c’est cela qui à présent nous engorge.

Que faire  ?
Patrick Chamoiseau. Vivre la question, peut-être. C’est en l’habitant obstinément qu’on peut envisager de défaire l’embâcle, d’organiser la débâcle génésique de toutes nos pensées et utopies triomphales. Conserver leur principe actif en nous sans la dose de triomphe illusoire. Rappelons-nous ces vers de Césaire  : «  J’habite l’embâcle, j’habite la débâcle, j’habite le pan d’un grand désastre  !  » Ne pas s’enfermer dans une pensée de système ou système à penser des réponses, mais s’installer dans une lucidité qui fait blessure-rapprochée-du-soleil, à la manière de René Char. Une lucidité questionnante dont l’inconfort stimule nos imaginations, et rend désirables de vraies accroches aux utopies, aux possibles, aux ferveurs restés noués dessous nos énergies. Habiter cet impossible sans grand récit, vivre la question comme un indépassable qu’il faut à tout prix dépasser, l’éprouver ainsi, au difficile, sans enthousiasme théâtral, dans un devenir-moléculaire, juvénile, placide et obstiné comme l’aurait aimé Deleuze  ; ne pas craindre, cette désespérance peut servir d’écrin à l’espoir-sans-contraire  : ce «  décidé-malgré-tout  » capable de nous mettre en mouvement contre la gloire du désastre. C’est la tâche d’une haute politique. Sans pathos, réquisitoire ou accusation, avec juste un essaim des possibles et d’images vibrantes. Quand je dis «  politique  », l’image qui me trotte dans la tête n’est pas celle d’un art du «  vivre-ensemble  », mais bien du «  vivre-en-relation de nos individualités questionnantes, solitaires et solidaires  ». La relation comme l’entendait Glissant est une solidarité interactive. Elle demande que chacune de ses composantes accède à un accomplissement optimal… sinon pas de relation  ! Comment envisager des individualités solidaires sans individualisme  ? Patrick Chamoiseau. En soignant l’individuation. L’individualisme est une perversion exacerbée par le néolibéralisme. L’individuation, c’est le soin porté à chacun par lui-même et par les autres. C’est donc la possibilité pour chacun de vivre en responsable les questions de prime abord indépassables, et avec elles de s’accomplir en tant que personne. L’individu néolibéral est isolé, même évidé, il n’a plus de questions sinon celle de sa précarité grandissante. La personne en relation est solitaire et solidaire, et donc pleine de questions à vivre, pleine du souci de soi dans le souci de l’intérêt général. Elle clarifie en elle ce qu’elle veut, ce qu’elle ne veut plus, ce qui l’empêche de s’en débarrasser. Elle fixe sans cligner des yeux ses propres impossibles. Elle identifie jour après jour ce qui est essentiel et ce qu’elle devrait être capable d’abandonner. Quand elle ne sait pas répondre, elle regarde la question, elle en fait une vision. Elle est politique au sens noble , ce sens inconnu du néolibéralisme  ! … Il nous faudra aussi faire vision du fait que cette personne devra se surmonter elle-même dans quatre «  devenirs  » déterminants, au sens où l’entendait Deleuze  : « devenir-nature », du fait de la crise bioécologique  ; « devenir-urbain », écosystème ­aujourd’hui incontournable  ; «  de­venir-numérique   » avec le risque redoutable du fascisme digital et de l’intelligence artificielle  ; et « devenir-cosmique », où s’activent les forces qui vont conditionner à terme notre survie planétaire. Le «  devenir  » n’est pas une réponse ni un chemin, c’est un mouvement de soi qui s’accomplit dans un mouvement d’ensemble. Ce qui aura réussi notre mise en mouvement personnel sera la clé offerte à la mise en mouvement de tous. Et je suis persuadé que le moindre mouvement de chacun pourra offrir suffisamment de résonances pour induire la mise-en-mouvement de tous.

Quelles leçons y aura-t-il à tirer du désastre  ?
Patrick Chamoiseau. Juste de se rappeler que les systèmes sont plus fragiles que les poétiques, que les civilisations le sont encore plus, mais que le néolibéralisme, lui, n’est pas un système, ni une civilisation, mais un «  blob  » de voracités proliférantes, animées par l’idée du profit maximal, aveugle et écocide  ! C’est pourquoi il est protéiforme, capable de muter de manière transversale dans presque toutes les situations. C’est lui le véritable virus contre lequel nous n’avons pas encore trouvé de traitement, ni dégagé de vaccin, et face auquel notre imaginaire ne dispose pas, hélas, du bouclier d’anticorps utiles à sa disparition.

Savez-vous comment cela se passe à la Martinique  ?
Patrick Chamoiseau. Je suis de loin ce qui se passe dans la Caraïbe et à la Martinique car j’étais à Paris lorsque le confinement a été décidé. C’est du souci. Les incuries du néolibéralisme sont démultipliées par un cadre colonial archaïque que nous n’avons pas encore réussi à dépasser. Notre lutte contre le «  cadre archaïque  » nous fait oublier que l’ennemi de tout «  devenir  » est le néolibéralisme. Qu’il faut penser non plus en termes d’indépendance, ni de République-une-et-indivisible, mais de «  République unie  », là où des peuples responsables gèrent en égale dignité leurs interdépendances.

Entretien réalisé par Muriel Steinmetz



"Hymmne du 1er mai en Italie" sur l'air de "Va pensiero"








écrit par Pietro Gori :

Vieni o Maggio t'aspettan le genti Viens oh Mai les gens t'attendent
ti salutano i liberi cuori                  Les coeurs libres te saluent
dolce Pasqua del lavoratori            Douce Pâques des travailleurs
vieni e splendi alla gloria del sol    

Viens et resplendis à la gloire du soleil

Squilli un inno di alate speranze

Résonne d'un hymne d'espérances ailées
al gran verde che il frutto matura

au grand vert que le fruit mature
e la vasta ideal fioritura

et le vaste fleurissement idéal
In cui freme Il lucente avvenir

dans lequel frémit le lumineux avenir.


Disertate falangi dl schiavi

Désertez les phalanges des esclaves
dai cantieri da l'arse officine

des chantiers des ateliers brûlés
via dai campi su da le marine

sortez des champs et des bateaux
tregua tregua all'eterno sudor

trêve trêve de la sueur éternelle.

Innalziamo le mani incallite

Relevons nos mains calleuses
e sian fascio dl forze fecondo

qu'elles soient un faisceau de forces fécondes
noi vogliamo redimere il mondo

nous voulons reprendre en mains le monde
dal tiranni de l'ozio e de l'or
des tyrans de la paresse et de l'or

 
giovinezza dolori ideali

jeunesse douleurs idéales
primavere dal fascino arcano

printemps de la merveilleuse fascination
verde maggio del genere umano

vert Mai du genre humain
date al petti il coraggio e la fé

donnez aux coeurs le courage et la foi

Date fiori ai ribelli caduti

Donnez des fleurs aux rebelles tombées
collo squardo rivolto all'aurora

avec le regard tourné vers l'aurore
al gagliardo che lotta e lavora

au gaillard qui lutte et travaille
al veggente poeta che muor

au poète visionnaire qui meurt.



Rire pas pour de Rire pour de bon et pour du bon... du bond, rebondir toujours encore et encore...


Merci Sarah...




 

dimanche 26 avril 2020

La dictature du Temps et les fondements de l'injustice qui ronge l'humanité.

 

 

Sur Arte 4 volets d'une série documentaire nouvelle nommée le "Le Temps des Ouvriers" réalisée par Stan Neumann.

(La série est visible sur Arte jusqu'au 26 juin 2020)

Le commentaire est dit par Bernard Lavilliers... 

 
Après avoir vu le 1er volet ("Le temps de l'usine"),  je pourrais l'intituler "Le Temps volé aux ouvrières et ouvriers".

Pour voir le 1er volet cliquez : ICI.

 

Ma prise de notes lors de l'écoute de ce document :

  Il s'agit d'une vision très précise du quotidien de l'exploitation des ouvrières et des ouvriers.

  Cette dualité dans tous les récits ouvriers où se mêlent terreur et beauté. À la fois héros et victimes.

La première aciérie en Angleterre en 1730.

Tout commence avec le textile. Les 1ères usines industrielles sont des usines textiles.

Le rapport entre l'esclavage, la chute du prix du coton et la transformation des artisans et paysans, par la contrainte, en classe ouvrière.

Avec le même mépris des valeurs humaines, se sont réalisées l'industrialisation et la désindustrialisation, à deux siècles de différence. Nous avons à faire avec un système anonyme (à responsabilité masquée et diluée) fondé sur la compétition.

Crowley est le 1er à mettre en pratique la célèbre formule de Coluche "L'Avenir appartient à ceux qui ont des ouvriers qui se lèvent tôt" et qui n'ont plus le temps de rien d'autre que le travail.

Avec des mots clairs et nets ce documentaire dit le quotidien de l'exploitation à la fois avant et maintenant.

Avant (?) le patron contrôlait tout. Il fournissait la matière première, les outils et le logement. Les ouvrières ouvriers habitaient autour de l'usine.

La dictature de l'horloge a remplacé la dictature de la nature mais la nature est un maître bien plus aimable. C'EST PAREIL AUJOURD'HUI POUR TOUS LES MÉTIERS.

À 9h le soir une cloche sonne, l'ouvrier doit se coucher pour être en forme le lendemain. Le matin la cloche sonne pour appeler au travail, pour la pause et pour la fin de la journée. Tricherie des patrons : interdiction aux ouvrières ouvriers d'avoir une montre !

La contrainte du temps. Il s'agit pour les patrons d'occuper tout le temps de l'ouvrière-ouvrier. Qu'il n'ait pas le temps de faire autre chose. 

La phrase du travail "j'ai pas le temps". 

Une réflexion personnelle comme ça en passant : c'est une oppression réelle qui se transforme en fierté "moi je travaille, je ne suis pas un ''faignant" (Fait néant) comme d'autres" et il ne parle pas des patrons ou des actionnaires mais des chômeuses et chômeurs ou de ses camarades...

 

Face à cela il y a la solidarité, la créativité ouvrière... qui est tout aussi réelle que le reste développé ci-dessus.

 

 

samedi 25 avril 2020

Atelier "Fourre-Tout" (2)... On continue ?


Toujours là ? Super... Pour lire les premiers échanges voir l'article (1) sous celui-ci où continuent d'arriver les contributions... MERCI.

On continue...

2ème heure de 15h à 16h :

*  Nous pourrions déposer une ou deux "choses" dans le "Fourre-Tout Collectif" de ce jour (dessins, fabrications, infos, textes, poésies, origami, patchwork, chansons, recettes, patrons à créer à découper ou découpage révolutionnaire sans patron... etc.). 

Le but n'est pas de rajouter à la confusion du moment. Le fourre-tout est déjà un début de rangement... C'est déjà un choix dans la profusion, une sortie du Chaos... Non ?

* Une dernière idée en passant, pour cette fois-ci ou la fois prochaine : écrire un texte collectif par internet  (une ligne chacun.e à rajouter, à la ligne précédente... dans l'ordre des adresses ? Le premier de la liste commence... Comme les courriels risquent de se chevaucher, et bien nous galoperons ou nous trotterons ou triplegaloperons ou marcherons au pas, quand même !)

Vous qui nous rejoignez sur internet, vous pourriez cette écriture aux ami.e.s de votre propre carnet d'adresses ?

Vous pouvez aussi nous envoyer vos listes, vos textes et votre participation au "Fourre-Tout Collectif" toute la semaine prochaine à cette adresse : oiselles@laposte  pour publication sur le blogue en précisant comment vous voulez signer (ou pas... ou par un pseudo) ce que vous nous envoyer... 

MERCI pour toutes vos participations.

Vont apparaître ci-dessous tous les "cadeaux" de chacun.e. Si vous nous écrivez à notre adresse courriel, sachez qu'il faut un peu de temps avant la mise sur le blogue... mais que d'ici  samedi prochain tout y sera... En attendant bonne lecture et surtout bonne santé.    

René

Je mets déjà ceci dans le "Fourre-Tout Commun" :

Merci Stéphanie, Rose-Marie, Xavier, Sophie, Julie et familles.

Conception graphique : Florent Débonnaire. Copiright 2007 Éditions du Désastre (!) -75006 Paris www.desastre.com


Sarah :


Bonjour mes compagnon.ne.s de lutte, d’écriture, d’aventures, 

Hier j’ai eu deux propositions de solidarité : celle de Jérôme sous la forme d’un don de 20L de gel hydroalcoolique pour mes collègues et moi (nous n’en avons que très peu. L’établissement est vétuste, il n’y a pas de points d’eau où se laver les mains partout et très souvent plus de savon) ; et celle de Brigitte qui a confectionné 20 masques en tissu pour les travailleurs et travailleuses du centre départemental de l’enfance. Elle les a fait avec des motifs très colorés et m’a dit : « c’est déjà tellement triste cette situation, autant que je mette un peu de gaieté dans mes masques! » 

J’étais tellement contente que j’ai pris ma voiture pour aller à leur rencontre. J’en ai oublié que nous étions samedi et j’en suis désolée... Je prends un plaisir non dissimulé à vous lire ce matin. 

Merci d’avoir partagé vos « fourre-tout », je suis contente d’avoir été là aussi à votre rencontre à travers eux. 

Car e mi ssei, tu es entouré de la meilleure des manières je vois et ça me réchauffe le cœur de voir les visages souriants de ma marraine, la mi Sina e e mi Mingotch. 

J’aime beaucoup la proposition d’Hubert sur le port du masque! Ça me fait penser qu’une toulousaine a été placée en garde à vue (un vrai scandale!!!!) parce qu’elle a mis une banderole à sa fenêtre sur laquelle était écrit « MACRONAVIRUS » Je me suis empressée d’écrire sur mon mur Facebook Macronavirus 10 fois et d’ajouter « Et je dirais même, Castanavirus! » Je vais probablement faire une banderole moi aussi. 

Avec Laura, nous avons pour projet de vivre en Tiny House. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, vous pouvez découvrir en cliquant ici :-) 


Du coup, nous trions petit à petit notre appartement pour ne garder que ce qui est essentiel d’un point de vue matériel. Ça me fait beaucoup de bien, car quand c’est encombré d’objets autour de moi, ça encombre aussi ma tête. Et depuis que nous nous sommes départies d’une partie de nos objets, le champ des possibles s’est ouvert dans ma tête. Il y a plus de place pour la musique, la lecture, l’écriture... le fourre-tout est dans ma tête ou c’est, comme dirait Luna Clair, un joyeux bordel :-) 

D’ailleurs mon plus beau fourre-tout, mon trésor, mon refuge d’écriture c’est mon carnet « petit prince » offert par ma plus jeune sœur Elisa. 

J’y écrit tout un tas de choses : la liste des personnes invitées pour mes 30 ans, mes coups de gueule, des chansons, des poésies, des histoires, les ateliers d’écriture avec vous... Je vous le partage en pièce jointe. 

Je vous embrasse bien fort. 

Sarah le poisson rouge, heureux de vous avoir lu! 

Photo Sarah

Photo Sarah



Josiane :

Quand j'ai des tracas
Que je veux garder quelque chose en bien ou en mal,
mon fourre-tout me sert beaucoup.
J'y mets tout dedans,
cela me rassure
je n'ai ni jeté, ni oublié.

Les mots à partir de fourre-tout :

Fourre-tout = pochon (en Vendée), sac, cornet, sac à mains des femmes.
Fourre-tout pour sauver les mots et les phrases.

Avec les lettres de fourre-tout :
route, tourte, frou-frou, trotte, trou, foutu. 


Marie-Claude :

un texte très court qui anticipe déjà sur la proposition de René pour la semaine prochaine : 
Quand la charrette humanité tangue
Quel fourre-tout pourra lui indiquer la direction à prendre ?  


Jean-Pierre :
 
Coucou René !
En effet, l'article d'Elsa Faucillon (je découvre) provient d'une nouvelle "édition" dont le nom est : "le fil descommuns" sur lequel tu trouves très facilement le titre "feux confinés". C'est nouveau ! et semble pas mal du tout ! 
Bien à Toi. 
Bise à toutes et tous !
Je confine ...et en profite pour essayer de dormir un peu, vu que les nuits sont..."blanches" pour la plupart...
"tu sais c'est à cause de la lune !" elle demande que l'on chante l'amour et la paix toutes et tous un peu plus sur terre ! donc je fredonne dans ma tête chaque nuit ! 
Amitié
Jean-Pierre

 

Vivyane :

Buona Sera Renato'
Merci de m'avoir permis en recevant vos mails de participer à l'atelier de samedi.Ai choisi de vous lire , ne maitrisant pas suffisamment bien Internet pour échanger avec vous.Merci pour ces paroles d'amour, d'espoir, de colère...Vais essayer d'y ajouter les miennes.
En attendant :  un poème,
                                                               Je voudrais parler du nid
                                                                     dans cet arbre
                                                                  Il n'y a pas d'arbre!
                                              Plantons   cet    arbre                      Serge Pey
 
J'espère 'Capitaine'  de ce navire empli de trésors, que tu prends soin de toi et que ta fille et ta nièce sont en bonne santé. (...) 'Fourre Tout'( mi piace questa parola : il me plait ce mot)... (En italien l'atelier se dit « Laboratorio » d'où ce que Vivyane écrit ci-dessous)

...Laborantins du FUTUR, nous sèmerons mille graines d'ici et d'ailleurs et ferons de la terre un jardin multicolore... Bacioni

Bacioni.  Vivyane



Vincent :

Vous faites du beau travail, "longue vie à oinoleboso" J'avais rien à dire, mais je tenais à te le dire quand même!
J'espère à très bientôt mon pote!
Vincent

 
 

René :
 
Abandonner toute recherche d'efficacité,
est-ce possible dans ces temps d'urgences ?
Abandonner tout tourment du genre :
Je n'en fais pas assez,
J'en fais trop
ou je ne fais pas ce qu'il faut.
Aimer comme être ne se définissent pas.
Alors quelles balises sur les chemins de vie ?
« Baliser », dans mes quartiers d'enfance
voulait dire : avoir peur, craindre...
Alors que baliser c'est se tracer
un chemin possible et sur ce chemin
être, tous les sens en éveil pour
prendre en considération tous les imprévus
de la Vie et y prendre plaisir.
Débaliser pour cheminer mieux,
après avoir balisé pour ne pas errer
comme une âme damnée.
« Quelche le è va com un anma daneda... »
(Celui-là il va comme une âme damnée)
Divine Comédie par Rosina et par Dante Alighieri...
Baliser, c'est choisir, classer.



Je crois que la lutte essentielle pour moi
est celle des habitant.e.s des caravanes.
J'y pense beaucoup mais j'y consacre peu de temps et d'énergie.
Je ne veux pas leur venir en aide
Je veux apprendre d'elles et d'eux
(d'ailes et d' oeufs)
dans un voyage réciproque.
La réciprocité, je crois, est la balise
de la solidarité vraie.



Ma proposition pour les dix ans à venir
aller chanter sans prévenir dans les
Centres de rétention ou d'hébergement,
dans les camps de Roms,
dans les rues où sont les laissé.e.s sans logis,
sur les lieux où se trouvent les habitant.e.s des caravanes...
Sans oublier les prisons...



Après ce qui nous est arrivé.e.s,
comme disent les Palestinien.ne.s :
« avec le confinement, vous ressentez un peu de ce que nous vivons,
séparé.e.s, depuis des dizaines d'années, de nos familles, de nos ami.e.s...
en étant, vous, préservé.e.s des destructions de vos maisons, des emprisonnements, des bombardements, des tortures, des mutilations...



Frédéric :

Bonjour ,

J'ai ressorti " L'an 01" , de Gébé  , que j'avais acheté en 1972.

Prémonitoire.

Sur la première page , ces mots :
" On arrête tout , on réfléchit , et c'est pas triste."

Les dessins sont de Wolinski , je crois , bien qu'il n'y
ait pas de signature.

Beaucoup connaissent cette bd prophétique , où
sont annoncés tous les désastres à venir.

Les gens décident de tout arrêter, la fleur aux dents et au fusil.

Je cite :  " On arrête tout , ça veut dire on cesse de s'agiter , pour essayer d'émietter
d'un coup un système de vie absurde et dangereux , mais surtout pour cesser de vivre en
estropiés mentaux volontaires...
...Lève-toi et marche, lève la tête et pense."

D'autres textes du Zéro 1 la semaine prochaine.

Fred

Photo du site : Bédéthèque.

Marie-Claude :

Spéciale dédicace pour Frédéric, l'an 01 de Gébé un film de Doillon
Des répliques qui pourraient devenir culte aujourd'hui, comme celles-ci 

le pompiste à un client : attention pas plus de 50 francs pour le plein. 
Le client à sa femme dans la voiture : Y a une grève ? T'as lu quelque chose dans les journaux ?
Le pompiste : Non c'est l'an 01, à la raffinerie ils ont décidé d'apprendre à jouer du violon !!!!



Documentaire de Pierre Carles sur l'An 01 et Gébé, à voir.
https://tube.aquilenet.fr/videos/watch/a441bd81-dcde-4d41-a745-35068e084dbf




Marie-Claude :

Entre deux messages, je relis Lettres de Rosa Luxemburg, Textes choisis par Anouk Grinberg
et je tombe sur ce passage p 103 lettre du 16 février 1917:
la masse est toujours ce qu'elle doit être, selon les circonstances historiques, et qu'elle est toujours sur le point de devenir tout autre que ce qu'elle paraît être. Il ferait un joli capitaine, celui qui ne mènerait son navire qu'en fonction de l'apparence momentanée de la surface des eaux, et ne saurait déduire les tempêtes à venir des signes présents dans le ciel et dans les profondeurs.


Cécile : 

Chers tous, 

Je ne peux pas participer à l’atelier cet après-midi car je suis au travail : mise à jour des mails et courriers 1 fois / 15 jours.
Je vous lis et je vous réponds avec plaisir ce soir. 

Bises affectueuses à tous !


Marie-Claude :

Bonjour Cécile et Frédéric,
Bon travail et bon tri dans tes mails Cécile, est-ce que tu as un dossier fourre-tout sur ton ordi ????
Bien le bonjour aussi Frédéric, je vois que tu arpentes les rayonnages de ta bibliothèque avec ou sans classement ?