CE QUE NOUS SOMMES


CE QUE NOUS SOMMES


Oiselles Oiseaux et Non-Leaders Solidaires

(Oinoleboso)

Des enfants, des jeunes et des adultes organisant ensemble des ateliers dans tous les domaines des savoirs, utiles aux luttes humaines pour une vie digne et solidaire (chansons solidaires, poésies, histoires et récits de vie, paroles habitées, résistances en milieu hostile, engagements, interventions politiques mais au service d'aucun parti, créations de toutes sortes...)

Les personnes animatrices ne font pas seulement des propositions dans l'atelier, elles les mettent en oeuvre, elles aussi, au coude à coude, à égalité avec les participantEs de tout âge et de tout horizon.

Les responsabilités au sein du Comité sont tirées au sort chaque année au moment de l'A.G.

Nous sommes partie prenante d'un réseau informel d'associations et de personnes entre lesquelles des passerelles, des ponts, des tissages existent. Voici la liste des groupes amis avec lesquels nous travaillons actuellement: Réussir Ensemble, Les Passeurs de Souffle, Cultures 21, La Ligue des Droits Humains, Le Front Social 57, Le Gueulard Bar Culturel de Nilvange, Mouveloreille, Stop Knauf Illange, Le Collectif de personnes et d'associations animant la fête du 1er mai... avec les Communes d'Algrange et Knutange


CE QUE NOUS VOULONS

- La justice solidaire jusque dans les détails.

- La considération véritable de la parole, de l'expression (sous toutes ses formes) de chaque personne, de chaque groupe et de chaque peuple.


Pour nous joindre : oinoleboso@gmail.com



mercredi 31 octobre 2018

La Mort ? Elle touche tout le monde... Un film pour vos enfants et pour vous.


Little Bird de Boudewijn Koole  (Pays Bas)


"Ce film rappelle avec lucidité et bienveillance 
que l'on n'est jamais moins naïf qu'à dix ans"  LE MONDE 




Un film de 2012 primé au Festival du film international à Berlin : Meilleur Premier Film. Grand Prix Section Génération. (Les films du Paradoxe)

Un peu comme le Petit Prince... de Saint-Exupéry : quand c'est de qualité pour les enfants, cela parle aussi fortement aux adultes. 

Je l'ai emprunté à la médiathèque de Thionville (57).




Les mots de Marie-Claude N°1. Laisser Traces de cette année N°13.

 
Quelques mots pour dire la rencontre avec Jean-François Laé du 18 Mai 2018 autour du livre Laisser trace et de Dans l’œil du gardien.


En introduction, il y aurait cette phrase envoyée par Hubert issue d’un livre écrit par Dominique Bourgon '' Un sens à la Vie '' (éditions Arte au Seuil) « Nous sommes les habitants-es sensibles d’un quartier sensible » mais pourrait-on vivre dans des quartiers insensibles ?


L'Escale vu de dos. Photo Oinoleboso.



Laisser trace une marche dans le quartier jalonnée par autant de vies, de visages où l’on fait le tour de France en plusieurs déménagements comme Nagib. De la rue du Languedoc à la rue du Dauphiné en passant par la rue de Provence jusqu’à la rue de Bretagne, une histoire s’écrit en lien avec le quartier. Pour Jean-François chaque cage d’escalier pourrait raconter son histoire. Une histoire de petits riens qui construisent une singularité, une histoire commune, comme la vie d’ici sans chronologie officielle.



MC   Un complément sur cette soirée cliquez : ICI

lundi 29 octobre 2018

Traités de façon indigne par les Institutions.

De la part de Jean-Pierre (LDH). MERCI.

 

 

 

 

Communiqué du collectif Justice pour les jeunes isolés étrangers (Jujie)

dimanche 28 octobre 2018

COMMUNIQUE JUJIE

A l’occasion de la journée internationale des Droits de l’enfant le 20 novembre, le collectif Justice pour les jeunes isolés étrangers (Jujie) lance une campagne de sensibilisation et de mobilisation aux côtés de ceux qu’on appelle Mineurs Isolés Etrangers (Mineurs Non Accompagnés selon la terminologie officielle).


Du 25 octobre au 20 novembre, Jujie publiera chaque jour sur le blog Jujie sur Médiapart relayé sur un maximum de médias (listes de diffusion, sites, contacts presse, réseaux sociaux) un témoignage sur la maltraitance institutionnelle dont ces enfants sont victimes ainsi que chaque lundi un dessin et un texte destinés à lutter contre les idées reçues au sujet des mineurs isolés étrangers.


Le 20 novembre des initiatives concertées donneront une visibilité publique à ces jeunes et à ceux qui les soutiennent.


Laissés à la rue pendant des semaines ou des mois sans pouvoir être entendu pour défendre leurs droits, victimes d’une politique du soupçon qui, dans de très nombreux cas, aboutit à la contestation de leur minorité, bientôt fichés avec l’ouverture d’un fichier national biométrique, les MIE sont traités de façon indigne par les institutions qui devraient assurer leur protection, Conseils départementaux, services de l’Aide Sociale à l’Enfance, parquets des mineurs, tribunaux pour enfants.


Jeunes écrivant eux-mêmes ou aidés par un soutien, travailleurs sociaux écœurés de devoir trier des enfants à la place de leur mission éducative, militants et bénévoles contraints de tenter de pallier les carences des responsables, diront jour après jour ce qu’est la réalité de cette jeunesse discriminée et abandonnée.



Structures membres du Jujie :


ADMIE, La CIMADE, CPMJIE (Collectif Parisien pour les Mineurs et Jeunes Isolés), DEI-France, (Défense des Enfants International – France), EPP (Enseignants Pour la Paix), FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s), FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves), Fédération Nationale Sud Santé Sociaux, Fédération SUD-Education, Ferc-CGT (Fédération de l’Éducation, de la Recherche et de la Culture CGT), FSU Nationale (Fédération Syndicale Unitaire Nationale), GISTI (Groupement d’Information et de Soutien des Immigrés), LDH (Ligue des Droits de l’Homme), Médecins du Monde, MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), Paris d’Exil, Pas sans nous Terre des Hommes, RESF (Réseau Education Sans Frontières), SNPES-PJJ/FSU (Syndicat National des Personnels de l’Education et du Social-PJJ/Fédération Syndicale Unitaire), SNUTER-FSU (Syndicat National Unitaire de la territoriale–Fédération Syndicale Unitaire), Sud Education Guyane, TIMMY, Syndicat de la Magistrature.



samedi 27 octobre 2018

Oinoleboso c'est quoi ? Le mieux c'est de venir les rencontrer...



Voici deux occasions de passer un moment avec les Oinoleboso et leurs amiEs :





                                      et





 

jeudi 25 octobre 2018

Laisser Traces de cette année N° 12 : Fédérer, Relier, Tisser, Soigner les mots pour soigner les maux.

 
Traces de l'après-midi-dialogue autour de la relation « Soignées-Soignantes / Soignés-Soignants » samedi 20 octobre 2018 à l'Escale à Yutz

C'est Jacques qui, après avoir lu « Laisser Traces. L'Air du Temps » ('' c'est un livre fédérateur'' a-t-il dit), a proposé ce dialogue.
Jean-Michel qui fait vivre le blogue Rhizomes travaillant dans le même esprit ('' Laisser Traces. L'Air du Temps, comme un pont jeté sur la faille entre l'existence et l'existant'') accompagne Jacques dans ce dialogue à voix (voies) multiples.

Étaient présentEs : Jacques, Jean-Michel, Patricia, Catherine P., Marie, Shéraze, Nizar, Nadia, Josiane, Geneviève, Marie-Claude S., Béatrice, Frédéric.

Voici les écrits sur place et ceux qui ont été offerts après coup :

Ma grande inquiétude : vieillir.
Les conditions : pas les moyens.
L'acharnement.

social
Mots-> maux.
nul n'a compétence que vous Spinoza

devenir humain
rester humain                                                    Marie


Texte et création Shéraze. Photo Oinoleboso



Seize ans de vie derrière moi, si je suis ici, c'est grâce à ma mère. Étant née à cinq mois et demi, je lui ai sauvé la vie et je lui dois la mienne.                        Shéraze

« Les mots font parfois venir les mots; »
« Les mots soignent parfois les maux; »
« Les mots soignent ; ils blessent ; ils sont ambivalents » ...

Sommes-nous
réellement
humains ?
« Nul n'a compétence que
Vous sur Vous »

MAUX oinoleboso                                  Shéraze


Être entouré, avoir du courage de
la force. « DE LA PATIENCE ».
Trouvez des trucs et astuces.
Combien de fois, j'ai entendu dire
arrête ton travail...
OK. Mais je vis de quoi ?
Partir un week-end. Seule...
soignés-soignants.

2 phrases

pour avoir le sourire
Mange des pommes

donner le temps au temps.

                                                                  Josiane


Je m'appelle Nizar et je veux faire policier-pompier ou militaire je suis au CM1 à l'école de la Mairie.


Nadia :
48 ans A.L.D (Affection Longue Durée), ex prof d'Histoire-Géo.
Suite à un cancer des reins, découvert parce que j'étais enceinte de 5 mois et 1/2 : Mes reins ont arrêté de fonctionner.

Grâce à ma fille je suis toujours là et elle est là sachant qu'elle ne pesait que 870 g.

Après 5 ans de dialyse, je me suis retrouvé incapable de parler, bouger et par miracle 1er appel à la greffe, compatibilité.
Donc greffée depuis 2007, j'ai pu avoir un garçon 2 ans après la greffe. Garçon qui est né à 6 mois et ne pesait qu'1kg70g.

Donc la relation soignant-soignée est un domaine familier et je pense que la relation humaine entre les deux parties est essentielle. Il n'y a pas d'ordonnant et de subissant, il faut comprendre ce que l'on a et ce que l'on veut pour arriver à vaincre la maladie.
C'est en connaissant, comprenant et échangeant que l'on parvient à ce but.

Les 3 phrases :
La vie n'a pas de prix, il faut surtout se battre pour la préserver et la rendre plus douce aux malades et autres personnes.
La vie est un bonbon que l'on doit savourer avec l'acide et le sucré comme saveur.

Se faire soigner sans perdre la possession de son corps, le laisser aux médecins décideurs.                                                     Nadia


Relation Soigné-Soignant

La relation avec un(e) malade nous amène à nous interroger sur notre histoire commune, et notre humanité en général.
Le malade peut se sentir humilié par sa situation
sa dépendance.
et il est important d'essayer d'atténuer ce sentiment d'humiliation.

Le temps c'est de la vie !

                                                                 Catherine


Est-ce que je peux faire un parallèle entre être à l'écoute du petit dont je m'occupe et le fait de pouvoir dire ma demande au médecin que je consulte ?
C'est un peu brouillon mais ce sont des relations qui ne me satisfont pas toujours.

Dire « je » au médecin
Je choisis de faire ce que je veux.

Entendre la plainte même si elle est inaudible.

Passer ''du temps c'est de l'argent'' à ''du temps c'est de la vie''.

Les maux derrière le symptôme.

Mettre des mots sur les maux.

Maïeutique ? Aider les gens à accoucher des mots.

Nul n'a compétence sur vous que vous.
(c'est vous qui décidez au final)                                         Patricia


- être humain c'est l'affaire de chacun
Chacun doit prendre sa responsabilité
selon sa conscience

- on est formaté pour obéir sans se plaindre
sans réfléchir.                                                                    Béatrice


« Achevé ? On peut faire mieux que ça »

« Une plainte ? C'est trop grand pour moi la liberté : le blues vient de là »
« Le soin est une réponse à une plainte » « La plainte est parfois silencieuse » « Écouter ça s'apprend aussi »

L'essentiel c'est l'accueil de l'Autre dans toutes ses dimensions sans oublier d'accueillir cet Autre que nous sommes aussi et devenons dans la rencontre.

Nizar c'est aussi la mise en peinture (avec l'attention que Frédéric a eu pour lui), la mise en couleur de la Mort (la tête de mort ''Halloween'' me dit-il en me la tendant). Il me l'offre, je la regarde un instant et je la mets de côté. Jean-Michel la prend en mains et en parle avec Nizar. Me revient en tête que lors de sa première intervention, Jean-Michel a parlé de la Mort... Je ne me souviens plus de ses mots. Je les ai mis aussi de côté ?

René


Mise en couleurs-peinture : Nizar. Photo Oinoleboso.




Quelques mots entendus autour de la table (re)cueillis par Jean-Michel:


… Tous soignants-soignés : les parents qui prennent soins de leur bébé, les premiers humains qui prennent soin de leurs morts en les inhumant. Les professionnels de santé peut être un peu plus révoltés que les autres par la souffrance qui consacrent leur vie à lutter contre l'absurdité de la maladie.


Frédéric, les soignants font un métier très difficile, ils n'ont pas pleinement le temps (d'être humain).


Catherine: Ma cousine a un enfant handicapé, c'est la femme la plus humaine que je connaisse.




JM : Pourquoi répéter "le temps c'est de l'argent" alors qu'avant tout  "le temps c'est de la vie." ?


Marie : J'ai peur de la vieillesse, plutôt que d'aller en EHPAD je voudrais qu'on m'achève.


…comme on achève un cheval. Ramener quelqu'un à l'animal déshumanise.


Catherine: Ma cousine s'occupe d'un de ses parents qui coûte très cher à la société.


… Ce sont les objets qui ont un coût, un prix. La santé n'a pas de prix. L'humain ne se vend pas.


… lorsqu'il s'agit des budgets alloués au ministère des armées ou au nucléaire les milliards en jeu s'intitulent "des choix budgétaires" Lorsque nos gouvernants parlent de la santé, il s'agit soudain d'un coût.
https://maulnoir.blogspot.com/2018/06/ce-qui-coute-effectivement-un-pognon.html


Dialoguer - dia logos - deux logiques, celle du soignant, celle du soigné. Accepter de faire se rencontrer ces deux logiques. Se taire c'est priver l'autre de la moitié des informations.
https://maulnoir.blogspot.com/2017/04/quand-une-partie-delle-est-deja-ailleurs.html


"Nul n'a compétence sur vous que vous" Spinoza 


Jacques : ce guichetier des postes qui doit conseiller l'utilisation d'automates destinés à remplacer son emploi.


Le minimum que l'on puisse faire : "ça ne passera pas par moi"
https://maulnoir.blogspot.com/2008/01/ca-ne-passera-pas-par-moi.html


Pourquoi je n'irai plus à la FNAC de Metz.
https://maulnoir.blogspot.com/2012/10/pourquoi-je-nirai-plus-la-fnac-de-metz.html


Faut il continuer à combattre pour sa servitude?
https://maulnoir.blogspot.com/2016/11/faut-il-continuer-combattre-pour-sa.html


Le médecin occupe une situation de pouvoir en raison de son supposé "tout savoir".
Il n'est jamais obligé d'exercer ce pouvoir - p.ex en partageant son savoir -


Marie Claude parle du numérus clausus qui expliquerait le manque de généralistes et de psychiatres
https://maulnoir.blogspot.com/2018/07/deserts-medicaux-idees-folles-idees.html


Définition de la santé de l’OMS dans le Préambule à la constitution de l’OMS (1946) à la 4ème ligne :
« La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »


"bien être" qui résonne tant avec la notion de "Bien-traitance" qu'évoque Patricia à propos des enfants avec qui elle travaille.


Le soin est une réponse à une souffrance exprimée par des moyens détournés (la copine de Béatrice et sa sclérose en plaque). Savoir entendre la plainte derrière les symptômes d'appel comme on les nomme (en fait d'appel au secours), entendre la plainte silencieuse des bébés, des Alzheimer, des animaux.
Pour entendre, commencer par écouter, ouvrir ses feuilles de choux comme dit Jacques.
Apprendre à écouter, pour entendre, pour soigner l'essentiel.


Jacques : devenir sujet. Etre capable de dire "je suis". Il ne s'agit pas de suivre mais d'être. Tu ne suis pas, tu es.


Marie Claude et l'ADMD et ses 70.000 membres.
https://www.admd.net/qui-sommes-nous/une-association-humaniste/ladmd.html


Josiane et son émouvant témoignage d'accompagnement de son mari jusqu'au bout!

Courriels :

Merci beaucoup Jean-Michel,


Ce furent de grands moments.

Vos interventions à deux voix, celle de Jacques et la tienne.

Et l'implication forte de toutes les personnes présentes.

J'ai été très impressionné par l'intensité des témoignages.

Et heureux de toutes ces traces écrites que je viens de lire dont les tiennes.

MERCI à toi, à Jacques de son initiative, à chacunE des participantEs.

Beaucoup sont restées jusqu'à 19h. "Cela fait du bien de parler avec des médecins comme ceux-là". Voilà l'avis donné par plusieurs avant de partir. Marie : " Ah ! Je voulais encore leur poser cette question-là et puis j'ai oublié".

Peut-être si vous êtes partant, proposition de Frédéric, faire quelque chose d'autre une autre fois sous une forme encore différente...

En tout cas, si tout le monde n'a pas laissé de traces écrites, comme dit Jacques : "les traces de cette rencontre existent, elles s'inscrivent en chacun dans l'instant même de l'échange. " Et chacune chacun les emmènent avec elle, avec lui et sûrement les partagera avec d'autres.

Amitié                                           René Oinos


En tout cas belle initiative et des participants formidables.  JM



Bonjour René,

Mes deux phrases,

Vous étiez présents, j’étais présent, des mots ont fait lien : une rencontre.
Dans ce monde où le mortifère l’emporte souvent, nous avons cultivé l’élan vital.

Merci à tous.

Amicalement
Jacques. 

 

Bonjour Jacques,

Vraiment merci pour tout ce travail fait ensemble, pour cet après-midi grave, gravée et joyeuse, et pour les deux phrases.
Bonnes routes à toi.
J'espère que les tiennes, les miennes et celles des participantEs aux Oinoleboso se recroiseront souvent. 
                                                                 René  

La question que j'ai posée (ou que je voulais poser précisément) était celle-ci :
"Mais en réalité, est-ce que les soignants ont le temps d'être pleinement humains... ?" "Leur laisse-t-on suffisamment le temps ? "

Mes impressions sur la rencontre :  
Justement : pleinement humaine ! Des paroles fortes. Des médecins atypiques, car, justement, "pleinement humains et à l'écoute".
Des témoignages d'oiseaux tellement authentiques que le conseil de l'ordre pourrait les apprendre comme des tables de multiplication.
- Pour ce qui est de la responsabilité du soignant. C'est vrai que leur tâche est rude et c'est pourquoi je fuis je leur pardonnerais facilement leurs manques. Mais il est vrai qu'ils ont aussi choisi ce métier en conscience, et que, pour faire court, ils doivent "assumer".

Voici les phrases que j'ai glanées samedi dernier :
- Nul n'a compétence sur vous que vous-même.

- Ne jamais se laisser tomber.

- Toujours se respecter, oser refuser.
- "Fiançailles" et "Confiance" ont la même racine.
- La santé : état de bien-être physique, mental et social.
- Ne considérer la chose que sous l'angle du coût.
- Nous vivons dans un monde où tout va vite : les gens parlent vite, les voitures vont trop vite, les infirmiers vont trop vite.
- Les maïeuticiens.

                                                                                                      Frédéric

Quelle richesse que ce blog Oinoleboso. C'est merveilleux.
Quel plaisir que d'avoir rencontré ces beaux vivants.   JM



mercredi 17 octobre 2018

"Qui peut répondre à ma question ?" Maman de Razan

Lundi 15 octobre à 20h au Beffroi à Thionville "En mémoire de Razan"

 

 


La maman et le papa de Razan étaient là.

La maman, dans le film, une dizaine de fois : "Qui peut me répondre? Pourquoi ils ont tué ma fille ?" puis aussi dans le dialogue qui a suivi la projection. "Elle était là en tant qu'infirmière. Elle avait son blouson bien visible et son habilitation autour du cou. Leurs armes sont d'une précision redoutable. Le soldat savait ce qu'il faisait. Il l'a fait sur ordre. Pourquoi ont-ils tué ma fille ?"

Premier silence dans la salle, long... Jusqu'à ce qu'une femme ose prendre la parole.

 À un moment de l'échange, la maman de Razan demande : "Je peux vous montrer quelque chose ?" La salle dit "oui" bien sûr. Et elle brandit le blouson de Razan avec le croissant rouge avec le sang de Razan et l'endroit où la balle toute petite est rentrée. Une balle propulsée à deux fois la vitesse du son qui dès qu'elle rentre dans la peau part dans tous les sens et déchiquète l'intérieur du corps. Haute Technologie au service de la mort. Elle demande aussi : "Est-ce que quelqu'un veut bien mettre ce blouson ?". La maman l'a fait, on la voit dans le film retourner sur le lieu des manifestations à la frontière entre Gaza et Israël.

  Deuxième silence. Sidération comme si nous étions sur place. Cette femme revit et nous fait revivre là la mort de sa fille. Et puis elle sort. Tout le monde l'entend pleurer et crier dans le couloir. Tant bien que mal les personnes présentes à la tribune donnent d'autres éléments. La maman revient et cette fois-ci remercie pour toutes les marques de solidarité de partout en France et ici à Thionville.

 Grégory de l'AFPS parlera de la déshumanisation des colons. Les colonisés ne sont plus pour eux des êtres humains, on peut tirer dessus comme si c'était des lapins. La Palestine c'est l'endroit où l'armée israëlienne essaie les nouvelles armes en situation réelle et les marchands d'armes peuvent dire alors qu'elles ont fait leur preuve 

(voir le film   "The Lab" de Yotam Feldman  ).

  La présence aussi à la tribune d'une personne juive solidaire de la cause Palestinienne, membre de l'UJFP ( union juive française pour la paix)... Elle parlera de la campagne de boycott des produits israëliens (BDS)

Puis la salle réagit et dit toutes les actions possibles en cours qui ne demandent qu'à être renforcée :

- adhérer à l'AFPS et se retrouver beaucoup plus qu'une vingtaine devant la préfecture pour dénoncer par exemple les accords bilatéraux du Gouvernement Français avec le Gouvernement d'Extrême Droite Colonisateur Israëlien (rappelez-vous la présence d'éléments de fabrication français dans l'armement israëlien utilisé contre les Palestiniens).

- intervenir lors de toutes les réunions électorales, même si il vous est répondu que cela n'a rien à voir. Peut-être renvoyer que si la personne ne s'intéresse pas au non-respect du droit international comment pourrait-elle défendre ses propres concitoyens ?

- parrainer un prisonnier palestinien.

- faire savoir ce qui se passe en Palestine. Les tirs dans les jambes de jeunes manifestants sans armes dans la bande de Gaza. Plusieurs dizaines de jeunes handicapés à vie (voir le dernier envoyé spécial sur antenne 2). L'ambassade d'Israël a essayé d'empêcher la diffusion de ce film mais sans succès:

 

 

- voir aussi le site de l'AFPS 57.

  Une dernière intervention dans la salle : "Je me disais, au bout de 70 ans que dure ce scandale, que j'étais fatigué de lutter pour la Palestine. Et puis aujourd'hui quand je vous vois, avec votre courage, malgré ce que vous avez subi par la mort de votre fille Razan le 1er juin, je ne peux que continuer. Nous interviendrons demain au parlement européen."

 

Les parents de Razan vont également, par l'intermédiaire de l'AFPS, rencontrer à nouveau des parlementaires à Paris. 

 

 

 Hors Série N°68 octobre-novembre 2018

 

Extraits de l'édito  d'Alain Gresh et Denis Sieffert :

"C'est l'histoire d'un colonialisme d'un autre âge qui occupe, exproprie et réprime sous les regards indifférents des grandes nations. C'est l'histoire d'un crime commis à l'encontre d'un peuple en impossible réparation de la Shoah, dont il est totalement innocent. C'est l'histoire d'un défi permanent au droit international, d'un mépris absolu pour les résolutions des Nations Unies, quand celles-ci ne sont pas tout simplement empêchées.

Pour le dire en un mot, c'est l'histoire de la faillite morale et politique des puissances occidentales.

 (...) Disons-le tout net : nous n'avons pas recherché l'objectivité, qui est une chimère et, dans une affaire aussi déséquilibrée, la forme la plus hypocrite du mensonge. Nous avons recherché la vérité."

 

 INFOS : à Metz cette semaine, une série d'évènements "Festival pour la Palestine" Voir sur ce site : 

 

https://www.letempsdelapalestine.fr/event/festival-pour-la-palestine-2-a-metz/?wcs_timestamp=1539676800

 


 

 

vendredi 12 octobre 2018

De nouvelles dates, des rappels et une pétition...


Samedi 13 octobre : Marche pour le climat à 14h place de la Comédie à Metz (L'association Stop Knauf Illange sera présente).



Lundi 15 octobre : Film "En mémoire de Razan" projeté par l'Association France Palestine Solidarité au Beffroi à Thionville à 20h.






Mardi 16 octobre à 20h : Réunion d'information et de débat organisé par l'association Stop Knauf Illange à Thionville dans la salle annexe (à droite) du temple protestant (6 passage du Temple). 



Samedi 20 octobre à 15h : Dialogue autour de la relation "Soignées-Soignantes / Soignés-Soignants" organisé par Jacques, Jean-Michel et les Oinoleboso. À l'Escale 1 rue de Bretagne à Yutz (57).



Vendredi 19 et Samedi 20 octobre à 20h30 :  "Fer autour d'un café" Françoise Markun au Gueulard Bar Culturel 14 rue Clémenceau à Nilvange (57). 




Vendredi 2 novembre à 20h30 :
"Oratorio au pays des défunts" "Sugnu chiddu ca Sugnu" (Je suis celui que Je suis) Théâtre de Michele Fragapane Au Gueulard Bar Culturel 14 rue Clémenceau à Nilvange (57).




Michele est l'un des compagnons des soirées "Chansons pour nous redonner du souffle et des ailes" organisées par les Oinoleboso à l'Escale et au Gueulard Bar Culturel.


Delphine nous signale une pétition pour soutenir les 7 inculpés de Briançon qui ont été solidaires de Migrantes et Migrants traversant les Alpes. Ils risquent 10 ans de prison. Pour signer la pétition cliquez : ICI

CI-DESSOUS D'AUTRES PÉTITIONS : si elles n'ont pas toujours de l'effet sur les décideurs, elles encouragent celles et ceux qui luttent directement. 
 






Séparer des soeur et frères de quel droit ?

Transmis par Marie-Claude :






Bonjour,
(j'use des mails perso et pas de liste de diffusion. Donc forwarder largement)
Je viens de lancer une pétition sur Change.org : lien de la pétition
ou (https://www.change.org/p/pr%C3%A9fet-du-finist%C3%A8re-ne-brisez-pas-une-jeune-fratrie-congolaise?recruiter=351966340&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition)



Jonathan, jeune Congolais que nous hébergeons, est menacé d'être expulsé vers le Portugal. Son petit frère (Simon, 13 ans) et sa petite soeur (NSimba, 9 ans) resteront en France car pris en charge par l'ASE.





Des rencontres avec eux que nous avons eu, nous savons une chose : la vie de Simon et NSimba sera brisée si Jonathan est expulsé car Jonathan est leur seul pilier familial... et Jonathan sera complètement désorienté (psychologiquement et matériellement) au Portugal.

Donc signez et faites signer le plus possible autour de vous car cela pèse parfois auprès d'un juge (Jonathan va tenter un recours accompagné d'un avocat militant brestois).

La bizh,
Hervé

jeudi 11 octobre 2018

Solidarité avec Abdullah

Merci d'avoir fait suivre Cécile.






Bonjour,

Notre association a mis en ligne une pétition de soutien pour Abdullah que nous accompagnons maintenant depuis 2 ans.
Il est en centre de rétention et risque d'être expulsé au SOUDAN où sa vie est en danger.


Merci de signer cette pétition et de la diffuser le plus largement possible auprès de vos soutiens.


Voici le lien de la pétition :
https://chn.ge/2yaBDrk


Merci pour lui.


Amicalement
Rosette HAAR
Présidente Migr'action


Article dans le Républicain Lorrain, cliquez : ICI

mardi 9 octobre 2018

Nos vieilles, nos vieux, notre dignité. Méru.




En ce moment le sort s’acharne sur Méru dans l’Oise…

1. La fermeture annoncée de l’EHPAD Quiétude (maison de retraite)

2. La calomnieuse émission programmée par la chaîne C8 sur Méru le 25 octobre.

Non au démantèlement médical de notre ville.
Adresse pour la pétition de soutien à l’EHPAD : https://www.change.org/p/alexandre-aubert-ehpad-de-meru-en-danger
A partager par mails, Facebook, réseaux sociaux…..

Non aux mensonges et diffamations qui salissent notre ville.
A partager par mails, Facebook, réseaux sociaux…..
Merci


 
Je signe parce qu'il y en a marre de laisser montrer du doigt celles et ceux qui ont fait et font encore la richesse de la terre : les ouvrières les ouvriers (certaines, certains sont sans travail à cause du non partage du travail et des richesses produites), les vieilles, les vieux et les migrantes les migrants de toutes les époques.

Quand les mouvements sociaux prennent de l'ampleur, les décideurs, exploiteurs désignent des boucs émissaires pour détourner l'attention et la colère sur les plus fragiles. Ça suffit.

Solidarité avec les fragiles qui portent l'humanité dans leurs solidarités créatives. Vous êtes ma famille. René  membre des Oinoleboso.

 


dimanche 7 octobre 2018

Libérez immédiatement Mimmo Lucano

Transmis par Cathy et Jean-Pierre, un grand merci

Jusqu'à ce soir minuit le film "Un paese di Calabria" est visible à cette adresse : https://vimeo.com/153128275

C'est la ville dont Mimmo Lucano est maire.


Objet: TR :⁨ Appel pour la libération immédiate de Mimmo Lucano, maire de Riace⁩


Objet: Appel pour la libération immédiate de Mimmo Lucano, maire de Riace

SI VOUS SOUHAITEZ SIGNER, MERCI DE NE PAS ME RÉPONDRE MAIS D'ENVOYER UN MAIL À   freelucano@gmail.com 
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Appel pour la remise en liberté immédiate de Mimmo Lucano, maire de Riace (Calabre, Italie)

« Si vous avez le droit de diviser le monde entre italien.ne.s et étranger.ère.s, alors je dirai que je n’ai pas de Patrie et je réclame le droit de diviser le monde entre déshérité.e.s et opprimé.e.s d’un côté, privilégiés et oppresseurs de l’autre. Les un.e.s sont ma patrie, les autres mes étrangers » (Don Milani, 1965)

Accusé d’avoir « favorisé l’immigration clandestine » le maire de Riace (Calabre) est aux arrêts domiciliaires depuis le 2 octobre. Il s’agit d’une arrestation en représailles à l’action courageuse de Mimmo Lucano, surnommé le « maire de l’accueil », qui s’était mis cet été en grève de la faim pour protester contre la politique migratoire inhumaine du gouvernement italien. Sa seule faute : avoir su mettre en place dans sa commune un système d’accueil qui fonctionne. Il a non seulement permis d’offrir à des femmes et des hommes fuyant la guerre et la misère des conditions de vie et de travail décentes, mais aussi à la population locale en créant des emplois (médiateurs.trices culturels, enseignant.e.s etc...), et en promouvant des formation inédites (laboratoires artisanaux, fermes pédagogiques). Une réussite dans un territoire connu pour ses mafias et son chômage. C’est cet exemple courageux que le gouvernement italien veut punir. Mimmo Lucano a pu en effet faire la preuve que l’accueil des migrant.e.s pouvait se conjuguer avec le dialogue et le bien être d’une communauté tout entière. Il est pour cela depuis quelques années sur la liste noire de tous les partis et mouvements qui entendent faire de la peur de l’autre et de la répression contre les migrant.e.s leur fonds de commerce politique. L’Italie vit un moment très grave : les propos particulièrement choquants que tiennent régulièrement le principal parti de gouvernement, la Lega et le vice-premier ministre Matteo Salvini lèvent les tabous et libèrent les venins les plus abominables : le racisme et la haine. Dans le sud de l’Italie, l’exploitation éhontée des migrant.e.s fait les affaires d’une poignée de propriétaires terriens, vrais négriers, de nationalité italienne pour la plupart. En garantissant aux migrant.e.s des conditions de travail et de vie décentes, Mimmo Lucano prend le contrepied de cette exploitation. Il les protège des nombreuses tragédies -mort de douzaines d’immigré.e.s sur les routes durant le transport du travail aux camps où ils-elles sont entassés- qui ont marqué l’été. C’est un acte de solidarité. C’est pourquoi, la décision de justice contre Mimmo Lucano instaure de fait un nouveau délit, le délit de solidarité. Face à l’offensive déclenchée par le Ministre de l’intérieur italien Matteo Salvini contre les migrant.e.s, les pauvres et celles et ceux qui les soutiennent, nous dénonçons cette arrestation et affirmons publiquement notre solidarité pleine et entière avec celles et ceux qui, comme Mimmo Lucano, sont entrés en lutte, ou s’apprêtent à le faire. Nous apportons notre soutien à Mimmo Lucano, à sa famille et à la population de sa commune, face à l’acharnement d’un gouvernement de la haine qui fait de la peur de l’autre son fonds de commerce politique. Parce que nous nous reconnaissons dans les valeurs des droits humains. Parce que nous défendons un Etat de droit, fondé sur l’indépendance de la justice. Parce que nous sommes pour plus de solidarité, de démocratie, plus d'égalité et de justice sociale. Parce que nous sommes du côté de celles et ceux qui défendent l’universalité des droits sociaux et civils. Parce que nous sommes solidaires avec celles et ceux qui fuient les guerres, la misère et les catastrophes climatiques. Nous sommes du côté de Mimmo Lucano et nous demandons sa remise en liberté immédiate. #MimmoLucanolibre Pour signer l’appel envoyer un mail à freelucano@gmail.com Merci de donner vos noms, prénoms et toute autre information utile...




mercredi 3 octobre 2018

Un article qui me tient à coeur... Céline

Posté sur le Club de Médiapart :

 

 Metz, ville menacée par les bébés migrants




  • L’arrivée massive d’étrangers dans le département de la Moselle fait planer les dangers bien connus, de la saturation des services sociaux aux sureffectifs scolaires, en passant par le terrorisme.
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    A Metz, dormir dehors sur le pavé est normal
    Sans état d’âme, nos courageux élus et serviteurs de l’État résistent aux sirènes du sentimentalisme et forcent à dormir dehors des femmes enceintes, des hommes fourbus et des enfants, dont certains en très bas âge. Dans la nuit du 31 septembre au 1er octobre, un bébé de trois mois, a pu expérimenter dans les bras de sa maman avec ses deux sœurs de six et dix ans, les messages de fermeté adressés à la population « migrante » par le maire, Dominique Gros, le préfet Didier Martin et le président du département Patrick Weiten.
    Cette politique rationnelle envers les migrants sans indignation sélective ou sentimentalisme appelée de ses vœux par le Chef d’État, peine cependant à se mettre en œuvre, du moins à Metz. La bonne volonté du maire ne saurait cependant (voir nos billets précédents ici et ici) être mise en cause.
    Le cinéma et la réalité
    Samedi 22 septembre, apprenant la projection en avant-première du film « Libre » de Michel Toesca en présence de Cédric Herrou, une partie de ces personnes à la rue, moins les femmes et les enfants opportunément logés pour une nuit aux frais de la municipalité, venaient assister à la séance et se montrer pendant le débat qui suivait. Ces « migrants » que vous venez de voir à l’écran existent bel et bien sous vos yeux, dans votre ville. Soutenus par une poignée de militant·e·s du droit au logement I.C.I, Immédiat, Continu et Inconditionnel, ils s’incrustaient dans le hall d’accueil et dans la salle, pour s’en faire virer vers les deux heures du matin par les forces de l’ordre.
    Il ne leur restait qu’à s’installer pour une nuit de plus sous les arcades de la place de la Comédie d’où ils allaient se faire virer encore au petit matin. Les ardeurs de la police nationale allaient se calmer à l’arrivée des militant·e·s de la veille, avec café et baguettes, et l’ami Cédric, ravi de se joindre à l’opération.
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    A Metz, un nouveau sport…
    L’on décide alors d’investir un gymnase proche où l’on s’installe, annonçant aux pouvoirs publics que l’on en sortira sitôt prise la décision d’un hébergement pérenne pour toutes les personnes concernées. Durant cette installation, d’autres « migrants » viendront nous rejoindre, dont deux familles macédoniennes de trois enfants chacune qui attendront sous la pluie les décisions attendues — positives pour le coup. Ces gens bénéficieront de places en foyer en échange de la libération du gymnase.
    Cette décision prise sous la pression des événements ne constituait pas un changement de politique, à peine une concession. Elle laissait sur le carreau des dizaines de personnes toujours à la rue. Leur présence ostensible sur les places les plus prestigieuses de la ville « royale et impériale » avait vocation à illustrer la détermination des autorités compétentes en la matière.
    … et hop ! encore un gymnase !
    Le préfet régulièrement informé par les militant·e·s jouait la sourde oreille. Le nombre de personnes à la rue allait croissant, jusqu’au samedi 29 septembre à 18 heures. 52 personnes dormaient encore dans les rues de Metz, depuis des semaines (et jusqu’à quatre mois). Soutenues par des bénévoles du Collectif Mosellan de Lutte contre la Misère et de l’association Action-Froid, elles décidaient d’investir le gymnase du collège de l’Arsenal pour s’y installer au chaud. Dans le lot, treize mineur·e·s, voire carrément des bébés, entraient en force dans ce lieu public, et s’installaient sur les gradins, mettant à profit les matchs amicaux de basket qui s’y tenaient alors. Les joueuses du Pink Ladies de Metz ont apprécié leur présence dans les gradins et ont communiqué sur FB :
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    Des policiers embarrassés Au fil des heures, le nombre de personnes à la rue venant chercher refuge dans le gymnase allait croissant. Les pouvoirs publics — qui ne sont pas sans savoir ce qui se passe sous les ponts de la ville — anticipaient le phénomène et prenaient la décision d’ordonner aux policiers en faction devant le gymnase d’empêcher toute nouvelle arrivée.
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    A la vue d’un groupe comportant un homme infirme sur fauteuil et une fillette de six ans tenant dans ses bras une poupée, ils ont exécuté l’ordre et se sont interposés devant l’entrée… je témoigne qu’ils ont été loyaux envers leur hiérarchie… mais le cœur n’y était pas. Lorsque nous avons poussé le fauteuil sur leurs bottes, lorsque je me suis infiltré entre eux en tenant la fillette par la main, ils m’ont imploré d’être patient en attendant le contrordre de leur hiérarchie, et ils ont su être convaincants. Cette consigne odieuse allait être annulée dans les minutes qui suivaient.
    Trop de bébés « migrants »
    Dans la nuit du 1er au 2 octobre, on recense 86 personnes dans le gymnase, dont 21 enfants mineurs, bébés de 4 mois, 15 mois, 18 mois, 23 mois, 2 ans, 3 ans, 4 ans, 5, 6, 10 ans et plus. Le nourrisson du groupe aura passé une nuit dehors et, sans notre initiative y serait encore avec sa mère vidée d’un foyer pour violence conjugale avec ce bébé et ses deux sœurs de six et dix ans. Avec sa cocarde et ses sanglots irrépressibles, avec l’égratignure sur le nez du bébé, elle n’a pas vocation à recevoir un hébergement dans une ville comme Metz.
    … et du trop bon boulot dans les écoles de Metz
    La grande sœur, qui fréquentait le CM1 d’une école de Metz dans l’année scolaire précédente, garde dans ses bagages le cahier de poésies impeccablement calligraphié. Pas une faute d’orthographe et des dessins que j’aurais dû photographier pour illustrer mon billet. A la fin du cahier un poème pour la fête des pères — encore mieux écrit et mieux illustré que les autres, elle aime son père malgré tout. Et puis un poème de Maurice Carême. Je lui raconte que ce poète a fait mieux que des vers, il a mis au monde un monsieur qui s’appelle Damien et qui est maire d’une ville qui ne s’appelle pas Metz. Elle connaît, me dit-elle, la maîtresse nous a raconté.
    Dans le gymnase règne un climat paisible. Des militant·es, des sympathisant·es, viennent en soutien, y passent une partie de la journée ou la nuit. Nous avons promis au préfet de quitter les lieux sitôt l’ordre rétabli, l’ordre au sens où nous l’entendons : personne ici n’a « vocation » à vivre sous les ponts, sur le pavé, sur les pelouses ou dans le caniveau.