CE QUE NOUS SOMMES


CE QUE NOUS SOMMES


Oiselles Oiseaux et Non-Leaders Solidaires

(Oinoleboso)

Des enfants, des jeunes et des adultes organisant ensemble des ateliers dans tous les domaines des savoirs, utiles aux luttes humaines pour une vie digne et solidaire (chansons solidaires, poésies, histoires et récits de vie, paroles habitées, résistances en milieu hostile, engagements, interventions politiques mais au service d'aucun parti, créations de toutes sortes...)

Les personnes animatrices ne font pas seulement des propositions dans l'atelier, elles les mettent en oeuvre, elles aussi, au coude à coude, à égalité avec les participantEs de tout âge et de tout horizon.

Les responsabilités au sein du Comité sont tirées au sort chaque année au moment de l'A.G.

Nous sommes partie prenante d'un réseau informel d'associations et de personnes entre lesquelles des passerelles, des ponts, des tissages existent. Voici la liste des groupes amis avec lesquels nous travaillons actuellement: Réussir Ensemble, Les Passeurs de Souffle, Cultures 21, La Ligue des Droits Humains, Le Front Social 57, Le Gueulard Bar Culturel de Nilvange, Mouveloreille, Stop Knauf Illange, Le Collectif de personnes et d'associations animant la fête du 1er mai... avec les Communes d'Algrange et Knutange


CE QUE NOUS VOULONS

- La justice solidaire jusque dans les détails.

- La considération véritable de la parole, de l'expression (sous toutes ses formes) de chaque personne, de chaque groupe et de chaque peuple.


Pour nous joindre : oinoleboso@gmail.com



jeudi 31 juillet 2025

Droits des voyageurs. UNE AVANCÉE MAJEURE

 Merci Jean-Pierre à toi et à la LDH.

Il faut lutter, toujours. Même si la chance d’aboutir est mince, elle existe. Et sans l’action de personnes décidées, elle serait nulle.


Une avancée majeure pour le respect des droits fondamentaux des Voyageurs !

La Cour administrative d’appel de Versailles a rendu, le 7 juillet 2025, une décision importante en matière d’évacuation de terrains occupés par des familles de Voyageurs.
Elle a annulé un arrêté préfectoral fixant un délai d’évacuation de 48 heures, considérant qu’il portait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale (article 8 CEDH).

🔎 La Cour a relevé plusieurs éléments :

  • > un groupe de trois familles, dont une femme enceinte de 6 mois, pourchassé par plusieurs arrêtés successifs ;

  • > absence de places disponibles sur les aires d’accueil du département ;

  • > absence de révision du schéma départemental d’accueil, pourtant obligatoire ;

  • > absence de recherche de solution amiable (pas de médiation ni d’accompagnement).

Dans ces conditions, fixer un délai de 48h – quand bien même supérieur au délai minimal de 24h prévu par la loi du 5 juillet 2000 – a été jugé illégal.

Réf. : CAA de Versailles, 5e chambre, 7 juillet 2025, n° 24VE00379.

Cette jurisprudence désavoue la position du TA de Versailles et de Cergy-Pontoise, qui refusaient jusqu’ici de contrôler la proportionnalité de ces délais. Elle pourrait avoir un impact significatif pour les familles trop souvent mises en demeure d’évacuer sans solution alternative.

🙏 Merci à Me Arvis, à Nanou Vermeersch et à l’AGP pour ce combat acharné en faveur des droits des Voyageurs.

mercredi 30 juillet 2025

« Pourtant la vie… »

 « Nous aussi nous aimons la vie

      quand nous en avons les moyens… » Mahmoud Darwish 


« Pourtant la vie » Louis Aragon Jean Ferrat







mardi 29 juillet 2025

Palestine. DURER. Calendrier de manifestations.

 Merci à l’AFPS.

Bonjour à toutes et tous, 

Voici le calendrier des manifestations organisées par le Collectif Palestine messin tel qu'il nous a été transmis ce matin par MV. 

En attendant la manif unitaire du Collectif Palestine le samedi 23 août 2025 (rdv 14h30 colonne Merten, manif "habituelle"), BDS 57 et l'AFPS Metz ont déclaré les actions suivantes pour lesquelles toutes les orgas sont évidemment invitées à participer avec seulement des drapeaux palestiniens, des keffiehs, pas de banderoles, signes, sloggans, drapeaux etc...distinctifs des organisations, merci :

- Samedi 2 août :
manif thème la famine subie à Gaza, manif silencieuse avec des pancartes, des messages, des photos sur les désastreuses conséquences génocidaires qui assassinent dans d'horribles souffrances les gazaoui.es, avec deux arrêts casserolades.( les personnes sensibles prévoient des bouchons d'oreilles). Prises de parole de l'AFPS avant le départ du cortege et à l'arrivée par BDS.
Rdv à 14h30 à l'esplanade,  Metz, arrivée devant le marché couvert place Jean Paul ll. 
Un visuel suivra.

- Samedi 9 août 2025 :

Rasso ligne rouge place Mazelle à Metz de 16h à 17h30, banderole "ligne rouge", longue ligne rouge en tissu, drapeaux palestiniens (comme celui que nous avons fait devant le Monument aux Morts le vendredi 18 juillet).

Les actions suivantes sont des propositions sur lesquelles l'AFPS ne s'engage pas faute de pouvoir garantir des militant.es disponibles.

- Samedi 9 août 2025 :
Rasso place du Général de Gaulle devant la gare de 18h à 20h, thème la famine

- Jeudi 14 août 2025 :
rasso devant la gare, place du général de Gaulle de 17h à 19h.

En fonction de l'évolution des événements en Palestine nos thèmes s'ajusteront . Tout le monde apporte ses drapeaux palestiniens et ses keffiehs ! Toutes ces manifs/rassos sont déjà déclarés.

On ne lâche rien !

MV.


Pour la prise de parole nous ne manquons pas - malheureusement - de témoignages sur les ravages de la famine comme arme de guerre. On peut notamment s'inspirer de ceux de Ziad Medouk que nous connaissons . 


Gaza meurt de faim

Un poème et un message de Ziad Medoukh-

Gaza, le 20 juillet 2025

Gaza meurt de faim
Les Palestiniens de Gaza meurent de faim

La mort à Gaza n'a plus besoin d'une balle
Ou d'un missile.
La faim accomplit la tâche lentement et sûrement.
La mort ne vient plus avec le bruit d'une explosion,
Mais avec le son d'un estomac vide
D'un enfant affamé,
D'un peuple totalement affamé.

Un corps maigre comme un squelette,
Un cri de détresse des profondeurs de la souffrance,
Le lait des mères desséché,
Du sang qui crie et une conscience qui brûle,
Un message du cœur de l'enfer.

Nous mourons non seulement des balles des snipers,
Mais du retard d'un sac de farine,
D’un peu de lait et
D’une boîte de médicaments.
Nous mourons parce que le pain est devenu un luxe,
Et que l'eau potable est une histoire de contes de fées,
Devant les yeux et les oreilles du monde
Qui regarde et voit notre tragédie en direct.

Cas d'épuisement dû à la faim….
Des corps maigres comme du papier,
Incapables de marcher.
Les os des enfants ressortent
Par manque de nourriture.
Les gens de la ville assiégée meurent deux fois :
De bombardements et de famine.
La faim a pris tout de nous.
Notre patience et notre dignité
Deviennent une brèche fragile dans leur quotidien.

Les gens ici ne pleurent pas,
Car pleurer nécessite de l'énergie.
Chaque miche de pain manquante
Est une balle dans le ventre d'un enfant,
Chaque boîte de médicaments manquante,
Est une signature sur un certificat de décès.
Sans cérémonies ni condoléances.

Même notre capacité à nous taire s'est évaporée.
Un peuple entier aspire à la voix du pain manquant.
Dans un dénuement total
Des marchandises manquantes et des prix en flamme,
Les commerçants de la guerre
Sont devenus riches sur la douleur des enfants.

La faim est une révolution qui
N’a pas encore commencée,
La faim à Gaza est un crime moral
Sur le front du monde.

Est-ce que le monde entend la voix
De la famine, de la souffrance ?
Et le cri des ventres vides ?
Jusqu'à quand la mort lente
Attendra-t-elle les habitants de Gaza ?
Jusqu’à quand notre patience et notre endurance ?
Jusqu’à quand la raison peut venir à bout de l’ignominie ?
Quand la conscience humaine bougera-t-elle ?

Est-il essentiel de ne pas sombrer dans le désespoir ?
N’avons-nous pas le droit de désespérer de l’humanité ?

Ziad Medoukh, Palestinien de Gaza,
professeur de français, écrivain et poète.

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Quelques jours plus tard...

Message de Ziad Medoukh du 24 juillet 2025

Gaza meurt de faim

Après 22 mois de cette agression horrible, la situation va de mal en pire dans la bande de Gaza.

En plus des bombardements intensifs et incessants, l'insécurité, les sentiments d'angoisse, de peur, d'inquiétude, d'attente, notamment dans le nord de la bande de Gaza, une vraie famine s'est installée.

Et moi, personnellement, je vis… Je suis en train de vivre la détresse totale.

C'est difficile de raconter, de décrire tant la situation est horrible. Depuis presque deux semaines, il n'y a quasi rien sur le marché. Les produits sont introuvables et le peu qu’on y trouve, ce sont quelques pâtes, quelques boîtes de conserve, lentilles, haricots blancs, petits pois, ça coûte très très cher, des prix impensables.

Je vais tous les jours au marché et je reviens sans rien. Cela me fait de la peine pour les enfants, pour les gens qui habitent avec moi. Tout le monde souffre.

Le slogan « Personne ne meurt de la faim à Gaza » a été remplacé par « Tout le monde crève de faim à Gaza ».

La solidarité familiale et sociale qui a toujours été un point fort dans l’enclave palestinienne, même assiégée, est devenue minimale.

En ce qui me concerne, je reste parfois deux ou trois jours sans rien manger. Je préfère donner un morceau de pain pour mes enfants au lieu de manger. On est arrivés à une situation catastrophique.

Seuls deux ou trois camions de ravitaillement passent par jour, destinés aux organisations internationales, organisations qui mettent leur contenu dans leurs dépôts sous prétexte qu’il n’y a pas assez pour distribuer à tout le monde. Ces dépôts sont régulièrement attaqués par des groupes armés ou par des personnes affamées.

Le soir, il y a des groupes armés ou des personnes affamées qui volent ces denrées alimentaires et les organisations internationales disent qu'elles ne peuvent rien faire. Je ne sais pas, est-ce qu'elles ont leurs propres clientèles, ou est-ce qu'elles sont complices de ce piège mortel, de cette famine utilisée comme arme de guerre par l'occupation ?

Dans les faits, l'occupation a créé deux centres de distribution gratuite depuis le 27 mai dernier, mais seulement au sud et au centre de la bande de Gaza. Ces centres sont gérés par une société américaine, des mercenaires américains complices avec l'occupation.

Les cartons contenant des sacs de farine et de la nourriture sont jetés hors des camions et quand la population affamée s'approche pour récupérer quelques sacs ou quelques boîtes de conserve, l'occupation lui tire dessus.

Depuis le 27 mai jusqu'à fin juillet 2025, il y a presque eu 1130 morts et 6900 blessés palestiniens. Cela montre que ce plan de créer ces centres de distribution gratuite, est un piège mortel pour les Palestiniens de Gaza.

Il y a de plus des commerçants malhonnêtes qui récupèrent l'aide puis la revende beaucoup plus cher à Gaza ville. Exemple : Si un sac de farine de 25 kg s’achète 250 € (10 € le kilo) il sera revendu 50 à 60 € le kilo à Gaza ville. Pour 1 kg de sucre, il faut compter 130 €. 1 kg de riz, 80 € ! Impensable !

Le problème, c'est qu'il n'y a plus ni autorités, ni gouvernement, ni société civile pour gérer la situation, organiser le marché et contrôler les prix. Sans prendre en considération les besoins énormes de toute une population civile, les commerçants décident eux-mêmes des prix pour profiter au maximum, les augmentent, même si les produits ont été soit volés, soit récupérés gratuitement, soit achetés à très bas prix par des personnes qui ont pris de grands risques pour aller les chercher.

Comment la population survit-elle dans cette situation extrême ? Personnellement, je souffre et, pourtant, je fais partie de la classe moyenne.

Avec d’autres habitants, nous avons décidé de boycotter les commerçants qui profitent, mais jusqu'à quand ?

Je dois nourrir mes enfants, mais c'est trop cher.

Le soir, quand tout le monde dort, je pleure pour cacher mon impuissance. C'est la souffrance totale.

Je me pose toujours la question : est-ce que je suis têtu ? Est-ce que, parce que j'ai refusé de quitter Gaza, j’en paie aujourd’hui les conséquences ? Je ne sais pas. Mais c'est difficile de raconter, de décrire ma détresse totale, mon incapacité d’agir dans cet enfer, parce que c'est l'impuissance totale.

Et pourtant, moi, je suis privilégié parce que j'ai des amis, j'ai des réseaux. Je parle avec une dizaine de personnes par jour sur Internet. On échange, on discute, ils me soulagent, m'envoient des photos, des vidéos de la solidarité.

Je suis actif dans la société civile, j'essaye de soulager la douleur des enfants, leur peine d’être privés de tout en organisant des activités, en distribuant des jeux, mais à l'intérieur de moi-même, trop, c'est trop. Je souffre au quotidien.

Je suis malade, je n'arrive pas à me soigner. Il n'y a pas d’hôpitaux, il n'y a pas de médicaments, il n'y a pas de laboratoire, donc la situation est terrible.

Je ne sais pas quoi faire. Le sentiment d’impuissance et horrible. Et pourtant, comme je viens de le dire, moi j'ai un réseau, je parle avec les gens... J'essaye de passer beaucoup de temps en écrivant, en témoignant, en échangeant avec les amis, les solidaires, mais trop, c'est trop.

Néanmoins, pour une fois, j’ai décidé de laisser tomber mon orgueil, et j’ai demandé de l’aide par l’intermédiaire de quelques amis français, suisse ou belges ayant des liens avec des structures qui financent des associations à Gaza. Ces associations prétendent distribuer de la nourriture à des centaines de familles dans la ville de Gaza et envoient des photos et des vidéos de leurs actions tous les jours sur les réseaux. J’ai demandé un peu de nourriture pour ma famille et moi, ainsi que pour les déplacés de mon immeuble.

La réponse des associations est qu’elles ne peuvent rien fournir car tout est cher. Mais comment font-elles alors pour nourrir des centaines de familles comme elles le prétendent, photos et vidéos à l’appui ? Pourquoi ne peuvent-elles pas m’envoyer quelques denrées alimentaires ou des repas chaud ?

On sent que tout le monde est complice pour briser la volonté de la population civile déjà épuisée et horrifiée.

Imaginez-vous, les gens sont en train de tomber dans la rue. Souvent, quand je sors le matin pour chercher de l'eau potable, du bois ou de la nourriture, je vois des jeunes - je ne parle ni des enfants ni des personnes âgées - mais des jeunes de 20 à 25 ans qui tombent dans la rue parce que ça fait plusieurs jours qu'ils n'ont pas mangé.

Jusqu’à jeudi 24 juillet 2025, 115 palestiniens dont 85 enfants sont morts à cause de la malnutrition.

Il n'y a rien, il n'y a rien dans le nord, il n'y a rien dans la ville de Gaza, tout est très cher. Jusqu'à quand va-t-on pouvoir supporter l'insupportable ? On est toujours là, on essaye de tenir bon, on essaie de montrer qu'on est fort, mais trop c'est trop.

Quel que soit le témoignage, la réalité est plus dure que les photos et les vidéos envoyées sur les réseaux sociaux.

Il n’y a pas que la famine qui rend la vie insupportable à Gaza. Les bombardements incessants minent le moral des habitants qui ne savent plus où trouver de l’espoir.

Voilà ce que je voulais partager avec les amis. Peut-être que cela va me soulager un peu…

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« La mémoire c’est tout un art »

 

Entendu ce matin dans l’émission « Grand bien vous fasse ».

 45 minutes très intéressantes pour toute personne quelque soit son âge ou ses projets, CLIQUEZ SUR : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-l-ete-du-mardi-29-juillet-2025-4761754



Mémoire concept ©Getty - Eugene Mymrin


Présentation de l’émission :

Avec
  • Sylvie Chokron, neuropsychologue, directrice de recherche CNRS.
  • Sébastien Martinez, athlète et coach de la mémoire
  • Enora Malagré, animatrice, comédienne

On dit d’elle qu’elle peut être de poisson rouge ou d’éléphant… Elle est salvatrice quand elle est performante, peut être source d’inquiétude quand elle nous fait défaut… Mais vous êtes-vous déjà demandé comment elle fonctionne ? La mémoire est un trésor enfoui aux quatre coins de notre boîte crânienne. Qu’il s’agisse de nos souvenirs d’enfance, de nos apprentissages professionnels, de nos aptitudes physiques, la mémoire est au centre de notre existence. Mais comment en prendre soin ?


lundi 28 juillet 2025

Une pétition d'anciens ambassadeurs pour Gaza

 De la part de Jean-Pierre 

Bonjour,

On se sent tous impuissants face à la famine dont sont victimes les enfants à Gaza.

Mais une chose INÉDITE vient de se produire: des dizaines d'anciens ambassadeurs de l'UE viennent de se ranger de notre côté et appellent les dirigeants à agir immédiatement contre Israël.

Soutenez ce combat tant qu'il est encore temps. 


dimanche 27 juillet 2025

« La haine blanche » Reportage en 3 parties.


 Sur Arte un reportage de Dirk Laabs en 3 parties de 50 minutes chacune. Il est visible jusqu’au 7 juillet 2026.

Les deux premières parties donnent des éléments sur les actes des groupes d’extrême droite au niveau mondial et les relations qu’ils entretiennent entre eux. La 3ème partie montre les résistances à ces groupes criminels.

« Il ne faut pas vivre dans l’angoisse mais sans vivre avec des œillères ». C’est ce que nous dit l’un de ces résistants tout à la fin de la dernière partie.


Voici le lien pour voir le reportage :

https://www.arte.tv/fr/videos/124647-000-A/la-haine-blanche-1-3/




samedi 26 juillet 2025

Pour continuer à agir sans se satisfaire des déclarations et promesses

Demande de sanctions contre l’Etat d’Israël et de ses leaders politiques en raison de violations graves du droit international

Nous, citoyennes et citoyens de la République française, soussignés, demandons solennellement à l’Assemblée nationale d’intervenir auprès du Gouvernement afin que la France prenne ses responsabilités en matière de droit international et de défense des droits humains.

Depuis de nombreuses années, et de manière particulièrement alarmante ces derniers mois, l’État d’Israël est accusé par de nombreuses organisations internationales, ONG, rapporteurs des Nations unies et experts en droit international, de commettre des violations graves et répétées du droit international humanitaire dans les territoires palestiniens occupés, notamment à Gaza et en Cisjordanie.

Les faits rapportés incluent notamment :

– Des attaques indiscriminées ayant causé la mort de dizaines de milliers de civils, dont un grand nombre d’enfants, et de très nombreux blessés, souvent mutilés à vie

– La destruction massive d’infrastructures civiles : hôpitaux, écoles, habitations, réseaux d’eau et d’électricité

– La détérioration délibérée des terres agricoles, privant la population de ses moyens de subsistance et contribuant à une crise alimentaire majeure

– L’entrave persistante à l’acheminement de l’aide humanitaire, pourtant indispensable à la survie de la population

– La détention arbitraire de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, y compris des mineurs, souvent sans inculpation ni procès équitable, dans des conditions inhumaines et dégradantes

Ces actes, pour beaucoup documentés et analysés par des experts indépendants, pourraient constituer des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité au regard des Conventions de Genève et du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

Face à ces faits, la communauté internationale ne peut rester silencieuse. La France, État de droit et membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, se doit d’agir de manière claire et cohérente avec ses engagements internationaux.

Nous demandons donc :

– Que l’Assemblée nationale condamne officiellement les violations du droit international humanitaire commises par l’État d’Israël

– Que des sanctions diplomatiques, économiques et politiques soient envisagées à l’encontre de l’État d’Israël et de ses dirigeants impliqués dans ces violations

– Que la France soutienne les enquêtes et procédures devant la Cour pénale internationale visant à établir les responsabilités individuelles en matière de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité

Notre démarche ne vise aucun peuple ni aucune confession religieuse : elle s’inscrit dans la défense universelle des droits humains, du droit international et de la dignité humaine. Elle repose sur un principe fondamental : aucun État ni aucun dirigeant ne peut se placer au-dessus du droit.

Dans un esprit de justice, de paix et de solidarité avec les populations civiles victimes de violences, nous appelons nos représentants à se mobiliser sans délai.

Vous pouvez signer cette pétition ici. 

https://aurdip.org/petition-sur-le-site-de-lassemblee-nationale-demande-de-sanctions-a-lencontre-de-letat-disrael-et-de-ses-dirigeants-en-raison-de-violations-graves-du-droit-international/

Vous pouvez signer cette pétitionCitoyens français, nous demandons solennellement à l’Assemblée Nationale d’intervenir auprès du gouvernement français pour que la France prenne ses responsabilités en matière de droit international et de défense des droits humains.

Depuis de nombreuses années et de manière particulièrement alarmante ces derniers mois, l’Etat d’Israël est accusé par de nombreuses Organisations Non Gouvernementales (ONG), rapporteurs de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et experts en droit international, de commettre des violations graves et répétées du Droit International Humanitaire (DIH) dans les Territoires Palestiniens Occupés (TPO), notamment à Gaza et en Cisjordanie.

Les faits rapportés incluent notamment des attaques indiscriminées ayant causé la mort de dizaines de milliers de civils, dont un grand nombre d’enfants, et de très nombreux blessés, souvent mutilés à vie. 

Ils incluent la destruction massive d’infrastructures civiles, hôpitaux, écoles, habitations et réseaux d’eau et d’électricité.

Ils incluent la détérioration délibérée des terres agricoles, privant les palestiniens de leurs moyens de subsistance et contribuant à une crise alimentaire majeure.

Ils incluent l’entrave persistante à l’acheminement de l’aide humanitaire, pourtant indispensable à la survie des palestiniens de Gaza.

Ils incluent la détention arbitraire de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, y compris des mineurs, souvent sans inculpation ni procès équitable, dans des conditions inhumaines et dégradantes.

Ces actes, pour beaucoup documentés et analysés par des experts indépendants, sont des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité au regard des Conventions de Genève et du Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale (CPI).

Face à ces faits, la communauté internationale ne peut rester silencieuse. La France, état de droit et membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, se doit d’agir de manière claire et cohérente avec ses engagements internationaux.

Nous demandons que l’Assemblée Nationale française condamne officiellement les violations du DIH commises par l’état d’Israël.

Nous demandons que des sanctions diplomatiques, économiques et politiques, soient envisagées contre l’Etat d’Israël et contre ses leaders politiques impliqués dans ces violations.

Nous demandons que la France soutienne les enquêtes et procédures devant la CPI visant à établir les responsabilités individuelles en matière de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Notre démarche ne vise aucun peuple ni aucune confession religieuse. Elle s’inscrit dans la défense universelle des droits humains, du droit international et de la dignité humaine. Elle repose sur le principe fondamental qu’aucun état ni aucun responsable politique ne peut se placer au-dessus du droit.

Dans un esprit de justice, de paix et de solidarité avec les populations civiles victimes de violences, nous appelons nos représentants à se mobiliser sans délai. de sanctions contre l’Etat d’Israël et de ses leaders politiques en raison de violations graves du droit international

Mardi 17 Juin 2025

Citoyens français, nous demandons solennellement à l’Assemblée Nationale d’intervenir auprès du gouvernement français pour que la France prenne ses responsabilités en matière de droit international et de défense des droits humains.

Depuis de nombreuses années et de manière particulièrement alarmante ces derniers mois, l’Etat d’Israël est accusé par de nombreuses Organisations Non Gouvernementales (ONG), rapporteurs de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et experts en droit international, de commettre des violations graves et répétées du Droit International Humanitaire (DIH) dans les Territoires Palestiniens Occupés (TPO), notamment à Gaza et en Cisjordanie.

Les faits rapportés incluent notamment des attaques indiscriminées ayant causé la mort de dizaines de milliers de civils, dont un grand nombre d’enfants, et de très nombreux blessés, souvent mutilés à vie. 

Ils incluent la destruction massive d’infrastructures civiles, hôpitaux, écoles, habitations et réseaux d’eau et d’électricité.

Ils incluent la détérioration délibérée des terres agricoles, privant les palestiniens de leurs moyens de subsistance et contribuant à une crise alimentaire majeure.

Ils incluent l’entrave persistante à l’acheminement de l’aide humanitaire, pourtant indispensable à la survie des palestiniens de Gaza.

Ils incluent la détention arbitraire de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, y compris des mineurs, souvent sans inculpation ni procès équitable, dans des conditions inhumaines et dégradantes.

Ces actes, pour beaucoup documentés et analysés par des experts indépendants, sont des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité au regard des Conventions de Genève et du Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale (CPI).

Face à ces faits, la communauté internationale ne peut rester silencieuse. La France, état de droit et membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, se doit d’agir de manière claire et cohérente avec ses engagements internationaux.

Nous demandons que l’Assemblée Nationale française condamne officiellement les violations du DIH commises par l’état d’Israël.

Nous demandons que des sanctions diplomatiques, économiques et politiques, soient envisagées contre l’Etat d’Israël et contre ses leaders politiques impliqués dans ces violations.

Nous demandons que la France soutienne les enquêtes et procédures devant la CPI visant à établir les responsabilités individuelles en matière de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Notre démarche ne vise aucun peuple ni aucune confession religieuse. Elle s’inscrit dans la défense universelle des droits humains, du droit international et de la dignité humaine. Elle repose sur le principe fondamental qu’aucun état ni aucun responsable politique ne peut se placer au-dessus du droit.

Dans un esprit de justice, de paix et de solidarité avec les populations civiles victimes de violences, nous appelons nos représentants à se mobiliser sans délai.


vendredi 25 juillet 2025

À Thionville aujourd’hui…

 


Les militant.e.s de l’AFPS Thionville et du Collectif BDS57 (et leurs ami.e.s et des passant.e.s) se sont retrouvé.e.s aujourd’hui à 17h, promenade Stubben à Thionville, pour dénoncer l’inaction de l’exécutif français.

Pas plus que les automobilistes qui leur ont témoigné leur soutien ils ne se satisfont d’une promesse de reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France en septembre prochain. 

Et pour cause !

Combien de Gazaoui.es seront-ils morts de faim dans un mois ?

Que restera-t-il à reconnaître quand la Cisjordanie aura été annexée ?

C’est dès aujourd’hui qu’il faut interdire le survol de l’espace aérien français et c’est dès aujourd’hui qu’il faut prendre les mesures susceptibles de sanctionner la poursuite du génocide israélien à Gaza…

Les dernières informations qui arrivent de Gaza font état de gens qui tombent d’inanition dans les rues car ils ne trouvent plus rien pour se nourrir dans un territoire de plus en plus exiguë où ils sont emprisonnés. Dit autrement, Gaza rappelle beaucoup un ghetto où l’on meurt de faim.

Et des responsables politiques  israéliens envisagent ouvertement d’offrir à ces enfants, ces femmes, ces hommes et ces vieillards harcelés par la famine le choix entre un « départ volontaire » ou possibilité de mourir de faim. Autrement dit, le choix entre une déportation consentie ou la mort sur place.

Décidément non, l’effet d’annonce de la reconnaissance de l’Etat de Palestine, s’il n’est pas suivi de mesures concrètes, n’effacera pas au regard de l’histoire l’image d’un président de la République française qui se sera contenté de parler quand un génocide se déroulait sous ses yeux. 





Les noms des anciens esclaves

 Sur France Inter ce matin dans l’émission « Les petits bateaux »…

La question du nom…

3 minutes de votre temps pour un élément d’histoire qui peut ouvrir à d’autres visions du monde. Le fait de nommer l’autre (par exemple les étiquettes successives, dans l’histoire, collées par les dominants sur les jeunes des cités populaires) comment cela peut devenir une chaîne persistante d’un passé que l’on croit avoir dépassé. 

René, suite à un dialogue avec Marie-Claude.


Pour entendre cette émission cliquez sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/les-p-tits-bateaux/les-p-tits-bateaux-du-lundi-28-avril-2025-2187921



Représentation de l'Abolition de l'esclavage dans les territoires d’outre-mer français, 1848 ©Getty - DeAgostini







jeudi 24 juillet 2025

Seulement de la rage. Une mémoire plus vive que les balles.

 Merci Isabelle et ATTAC.


https://www.mediapart.fr/journal/international/210725/quitter-gaza-pour-la-venger

Quitter Gaza pour la venger

La journaliste et poétesse palestinienne Nour Elassy vient d’être évacuée de Gaza. Dans sa nouvelle chronique écrite à Paris, elle raconte la douleur extrême de quitter les siens ainsi que son périple jusqu’à la France. Elle fait une promesse : venger Gaza.

Nour Elassy

J’écris J’écris ceci depuis Paris, avec sa pluie de juillet qui arrose doucement mes joues. Comme si elle s’excusait pour moi de la douleur que je ressens. Comme si elle pouvait sentir à quel point je suis fragile, après avoir quitté tout mon monde pour poursuivre mon rêve. 

Les jours précédant l’évacuation ont été les plus sanglants que nous ayons jamais vus. Le ciel brûlait plus fort. La terre s’est fissurée plus profondément. Le nombre de bombardements, d’ordres d’évacuation et de massacres a dépassé ce que l’on peut compter. 

Le consulat français a déclaré qu’il était temps d’évacuer, pas parce que c’était sûr, mais parce qu’Israël avait finalement donné son autorisation, et nous avons déménagé à Deir al-Balah pour attendre le départ. 

Je n’ai pas dormi. J’ai regardé ma famille respirer, mémorisant les voix des miens comme si elles allaient disparaître. Parce qu’elles allaient disparaître. 

J’ai quitté Gaza sans rien d’autre que les vêtements que je porte, ma carte d’identité et la douleur insupportable de savoir que ma mère et ma petite sœur, tout mon monde, resteraient derrière, dans une guerre conçue pour nous effacer. 

Les discussions sur un cessez-le-feu imminent et les grands espoirs de mettre fin à cette guerre m’ont rendue un peu plus calme, mais aujourd’hui, ces mensonges sont gelés. C’est un spectacle récurrent, et nous tombons dans le panneau à chaque fois. Non pas parce que nous sommes idiots, mais parce que nous sommes désespérés. 

Le consulat de France nous a dit quelques jours avant : « Préparez-vous, si vous voulez toujours partir. » Pour poursuivre mes études, j’ai été admise à étudier les sciences politiques à l’EHESS (l’École des hautes études en sciences sociales) à Paris. 

Comment plier ses souvenirs dans un sac à dos que l’on n’a pas le droit de porter ?


Les cils de ma sœur, le regard de ma mère

La nuit précédant mon départ, j’ai essayé de mémoriser les cils de ma sœur. J’ai dormi entre elle et ma mère, toutes enlacées comme si c’était la dernière fois. Une grande partie de moi et d’elles voulait tellement le nier. Elle était silencieuse. Trop silencieuse. Ce genre de silence terrifiant que font les enfants lorsqu’ils en savent plus que ce que vous voulez qu’ils sachent. Elle m’a juste regardée et m’a serrée encore plus fort dans ses bras. Et ce regard me suivra plus longtemps que cette guerre. 

Quant à ma mère, je n’ai pas la force d’écrire cela : je ne peux pas oublier son regard et la façon dont elle a pleuré de tout son cœur en me poussant hors de la pièce pour partir. 

Je suis partie comme une voleuse, non pas en volant, mais en laissant derrière moi tout ce que j’aimais. 

Nous avons attendu à Deir al-Balah, où nous avons été forcés d’évacuer ; on nous a dit que le Sud était plus sûr. Au point de rencontre convenu par le consulat, nous nous sommes regroupés avec d’autres personnes choisies par compassion. Trente d’entre nous, peut-être plus. 

Je n’ai même pas été autorisée à emporter le carnet de poésie que j’avais rempli pendant la guerre, celui que ma sœur m’avait offert.

Chacun d’entre nous porte des histoires qu’il n’aura jamais fini d’écrire. Nous sommes montés dans les bus comme des fantômes portant des corps, chacun avec des yeux pleurant, bouffis de n’avoir pas dormi, plus tristes et plus confus les uns que les autres.

Je me suis assise près de la fenêtre et je me suis forcée à regarder, à assister à la mort de ce qui était ma maison. Rafah. Ou ce qui était Rafah. Tout avait disparu. Aplati dans une architecture de silence. Des os en béton. Du linge brûlé. Même les oiseaux volaient plus bas, comme s’ils étaient en deuil.


Les camions bloqués là

Je n’ai pas de mots pour décrire l’ampleur de la destruction – et la méconnaissance que j’en avais – sur la route menant à la frontière de Kerem Shalom-Abu Salem. Je n’en croyais pas mes yeux, on aurait dit un film sur la fin du monde, mais ce n’était pas le cas. 

Puis nous sommes passés devant les camions, les camions d’aide humanitaire. Alignés comme des accessoires sur une scène de crime. Il y en avait des dizaines. Remplis de nourriture. De farine. D’eau. Parqués à quelques mètres du cadavre de Gaza, ils n’ont jamais été autorisés à y pénétrer. Le pain pourrit pendant que les enfants dans les tentes font bouillir de l’herbe pour le dîner. 

Comment appelez-vous cela, si ce n’est un crime de guerre ? Ce n’est pas un siège. C’est la famine en tant que politique étrangère. C’est le meurtre par la paperasserie, signée à Washington, appliquée à Tel-Aviv et dont l’Europe est témoin. 

Nous avons atteint le poste de contrôle. Après avoir vérifié nos identités, les soldats israéliens nous ont attendus, fusil à la main, comme si nous étions la menace et non les victimes. Ils nous ont dit : « N’apportez rien. » Pas d’ordinateurs portables. Pas de livres. 

Je n’ai même pas été autorisée à emporter le carnet de poésie que j’avais rempli pendant la guerre, celui que ma sœur m’avait offert pour mon anniversaire. Les mots, apparemment, sont trop dangereux pour l’occupant. 

Ils nous ont fouillés comme si nous portions des bombes ; pas de chagrin. Ils ont touché notre dos, vérifié nos chaussettes, scruté nos yeux. Un soldat, si c’est ainsi que l’on peut décrire un criminel, a regardé un étudiant qui voyageait avec nous et a commencé à l’interroger sur l’endroit où il vit et sur ses connaissances.

L’équipe du consulat a vérifié nos noms à nouveau et a été si gentille et chaleureuse. Elle nous a donné de la nourriture et nous a informés que leur équipe de l’ambassade de France nous attendrait à notre arrivée en Jordanie.

J’ai l’impression d’avoir laissé mon âme sous les décombres. Et maintenant, j’ai peur que quelqu’un marche dessus.

Une femme évacuée

Dans le bus pour la Jordanie, personne ne parlait. Mais le chagrin a son propre langage. Notre silence était un hymne. Un chant funèbre pour les familles que nous avons quittées. Pour les enfants que nous ne reverrons peut-être jamais. Pour la vérité qu’il nous était interdit de porter. 

Deux sièges derrière moi, une fille a chuchoté. Elle ne m’a pas demandé mon nom. Je n’ai jamais demandé le sien, mais elle a dit : « Mon père est resté. Il a dit qu’il préférait mourir dans sa maison que dans une tente. Mon petit frère a 5 ans, je lui ai dit que je ramènerais du chocolat de France, il a souri. Il ne sait pas que c’est peut-être un adieu pour toujours. »

Elle a tiré ses manches sur ses mains, a regardé le sol et a murmuré : « J’ai l’impression d’avoir laissé mon âme sous les décombres. Et maintenant, j’ai peur que quelqu’un marche dessus. » Mais une phrase me hante encore aujourd’hui. Lorsqu’elle m’a dit : « Je suis convaincue que je retournerai chez ma mère et que je lui expliquerai mon voyage, et qu’elle me dira : “Bonjour, ma fille, tu es en retard !” »

Pas de pleurs. Pas de sanglots. Juste le silence, et un silence si lourd qu’il pressait nos poumons. Comme moi, cette fille est quelque part en France maintenant. Mangeant du pain. Elle étudie le français, le droit ou une autre science. Mais une partie d’elle, une partie de nous tous, est toujours à Gaza, criant derrière un mur effondré que personne n’arrive à percer. 


La découverte de la Palestine

Nous sommes passés dans les territoires palestiniens occupés. Quatre heures à travers une terre que je n’avais jamais vue. Parce que nous sommes de Gaza. Nous n’avons jamais vu notre propre terre. Le reste de la Palestine nous a toujours été interdit. 

Et pourtant, c’était là : des montagnes. Des vignes. Des collines couvertes d’oliviers. La mer Morte et, enfin, les stations balnéaires. Les hôtels cinq-étoiles, les Européens qui bronzent en bikini alors qu’à trente kilomètres de là, des enfants sont enterrés à plusieurs sous une tente. 

C’est le théâtre cruel de l’occupation : génocide en Méditerranée, cocktails dans la mer Morte. 

Nous avons été installés dans un hôtel à Amman, à l’InterContinental Jordan, un hôtel magnifique, dont tous les frais étaient couverts par la France. Il y avait tout ce dont on pouvait avoir besoin, mais jamais ce que l’on voulait. 

Chaque nuit, je fixe le plafond et me demande : les ai-je trahis ? Ai-je abandonné ma mère, ma sœur, mon peuple ?

Nous y avons passé deux nuits, du mercredi 9 au vendredi 11 juillet à l’aube. Ce furent deux jours entiers de silence et de solitude dans une chambre d’hôtel très luxueuse. Nous avons été conduits de l’hôtel à l’aéroport, avec beaucoup d’attente et de vérifications, pour finalement être mis dans un vol pour Paris. 

C’était la première fois que je prenais l’avion. J’ai été très malade tout en m’émerveillant de l’immensité du monde. Et de la manière dont un minuscule morceau de terre a permis au monde entier de se réveiller et de comprendre à quel point il se trompait. 

Nous avons atterri à l’aéroport Charles-de-Gaulle. Nous avons été contrôlés une nouvelle fois et nous avons obtenu un visa d’étudiant. Mes grands amis m’attendaient avec les plus belles fleurs et une accolade très chaleureuse. 

Me voilà à Paris désormais. En sécurité. Je dors dans un lit chaud très confortable. Et chaque nuit, je fixe le plafond et me demande : les ai-je trahis ? Ai-je abandonné ma mère, ma sœur, mon peuple ?

La culpabilité me brûle l’estomac et m’empêche de garder quoi que ce soit à l’intérieur, que ce soit de la nourriture ou des larmes. Mais je sais ceci : je n’ai pas quitté Gaza pour l’oublier. Je l’ai quittée pour la venger avec la langue, avec la politique, avec une mémoire plus vive que les balles. 

Je suis partie pour apprendre la langue des tribunaux qui ne nous ont jamais sauvés. Pour utiliser leurs propres outils afin de graver, à nouveau, notre nom dans l’histoire. 

Vous, dans vos ambassades, vos salles de rédaction et vos studios de télévision, vous entendrez parler de moi. Je ne serai pas votre histoire à succès, je serai votre miroir. Et vous n’aimerez pas ce que vous y verrez. 

J’ai quitté Gaza sans rien. Pas de sac. Pas de livres. Pas de cadeau d’adieu. Seulement de la rage.