CE QUE NOUS SOMMES


CE QUE NOUS SOMMES


Oiselles Oiseaux et Non-Leaders Solidaires

(Oinoleboso)

Des enfants, des jeunes et des adultes organisant ensemble des ateliers dans tous les domaines des savoirs, utiles aux luttes humaines pour une vie digne et solidaire (chansons solidaires, poésies, histoires et récits de vie, paroles habitées, résistances en milieu hostile, engagements, interventions politiques mais au service d'aucun parti, créations de toutes sortes...)

Les personnes animatrices ne font pas seulement des propositions dans l'atelier, elles les mettent en oeuvre, elles aussi, au coude à coude, à égalité avec les participantEs de tout âge et de tout horizon.

Les responsabilités au sein du Comité sont tirées au sort chaque année au moment de l'A.G.

Nous sommes partie prenante d'un réseau informel d'associations et de personnes entre lesquelles des passerelles, des ponts, des tissages existent. Voici la liste des groupes amis avec lesquels nous travaillons actuellement: Réussir Ensemble, Les Passeurs de Souffle, Cultures 21, La Ligue des Droits Humains, Le Front Social 57, Le Gueulard Bar Culturel de Nilvange, Mouveloreille, Stop Knauf Illange, Le Collectif de personnes et d'associations animant la fête du 1er mai... avec les Communes d'Algrange et Knutange


CE QUE NOUS VOULONS

- La justice solidaire jusque dans les détails.

- La considération véritable de la parole, de l'expression (sous toutes ses formes) de chaque personne, de chaque groupe et de chaque peuple.


Pour nous joindre : oinoleboso@gmail.com



mardi 23 juillet 2024

Des jardins de la Paix partagés.

  Extraits du roman de Pinar Selek : "La maison du Bosphore" publié en 2013 dans la collection Piccolo deux éditions  Liana Levi (p. 9-10 et  297 à 302)

 

Ce roman a pour cadre un quartier d'Istambul : Yedikule, on y croise 4 jeunes gens.  Sema dont le rêve est d'entrer à l'université, Salih un apprenti menuisier, Hasan un musicien joueur de doudouk et Elif prête à tout pour la Révolution. Différentes questions le traversent : la condition des femmes, les conventions sociales, l'oppression et le répression politique. Bien que très différents dans leurs parcours, leur vie quotidienne, etc... ils partagent cependant une idée forte : Il nous reste un demi-espoir.



Vous pouvez lire des extraits du chapitre 1 ici : Séparation dictatoriale  https://www.google.fr/books/edition/La_maison_du_Bosphore/IcLGaYUujB4C?hl=fr&gbpv=1&pg=PT5&printsec=frontcover

Mais loin d'être seulement 

une dénonciation du coup d'état de 1980 en Turquie, 

ce roman interpelle  le présent et notamment 

ce qui se passe aux OINOLEBOSO à Yutz

Dans sa dernière lettre à son père mort depuis 6 ans, Elif donne des nouvelles du quartier et de la Turquie.

" Ah mon cher Papa... Pour la première fois depuis longtemps, je suis heureuse ! ....

Au milieu des vents, j'ai trouvé ma vie, j'ai déployé ma voile....

Un tremblement de terre a détruit notre pays. Plus de 10 000 personnes ont péri. Les plus pauvres comme toujours. Mais Bostanci ( quartier d'Istanbul) et Yedikule n'ont pas été beaucoup touchés.

Au milieu des vents, j'ai trouvé ma vie, j'ai déployé ma voile....

(....) Toi, tu avais fait des années de prison...Nous ne courbions pas l'échine. Nous ne cessions de chanter les vers de Nazim Hikmet : Nous verrons de beaux jours, les enfants. Moi, je me suis laissée emporter par ce vent pour fuir la défaite, pour vivre libre.

Et puis, j'ai chuté.

Tous les projets échafaudés se sont effondrés un à un.....

Tu me disais  "Ne remets pas le bonheur a plus tard" ou bien " la justice et la liberté sont indissociables. Là où il y a la clandestinité, l'autorité, rien de bon ne sortira" ; je faisais la grimace et le disque se mettait en marche : Nous avons raison, nous vaincrons !"

Je me souviens , c'était une de nos dernières discussions. Tu as parlé avec ton calme habituel :

" La pauvreté ne disparaît pas quand on abat les murs ; l'injustice, l'exploitation ne cessent pas. Ma jolie, il ne suffit pas de se révolter contre toute cette noirceur."

Ensuite tu m'as raconté Candide. J'ai pris un jardin de la beauté pour la piètre satisfaction des hommes dans la défaite. Mais ce jardin, c'est faire ce que l'on peut, insuffler la beauté dans son entourage. (.....)

Sais-tu ce que nous avons fait ? Je partage un jardin avec des gens dont je ne connais pas la langue, des gens désespérés, des sans-abri, nous l'arrosons, nous y cultivons des plantes mais aussi l'amitié et la solidarité... Finalement la mairie, nous a cédé les terrains ! Au moins pour un temps.

Je t'écris dans ce jardin. Le soleil timide de septembre frappe mon visage.

Nous y avons dormi sous des tentes, nous y avons organisé des fêtes. Maintenant, nous sommes 22 immigrés, sans payer, sans travail, à cultiver cette terre. Et nous avons de tout, céleri, épinard, graines de lin, tomates, pommes de terre, courgettes et des plantes dont je ne connais même pas le nom. Au dessus de la clôture, nous avons accroché une pancarte : "Nous faisons reverdir la paix."

(...) Il existe aux 4 coins du monde des jardins de la paix. Des municipalités les soutiennent, c'est là que se trouvent, je crois, les bases de la vie alternative, de la production, de la solidarité.


lundi 22 juillet 2024

Non à l’indifférence criminelle.

 Merci Roland.



Photo : Deux enfants se tiennent pieds nus devant une tente qui leur sert de refuge dans la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza. © UNICEF-UNI521798-El Baba

 

Tribune d’Anne Tuaillon, présidente de l’Association France Palestine Solidarité

Massacres après massacres Israël continue d’assassiner les enfants de Gaza dans une indifférence quasi générale : en Palestine, c’est l’avenir de l’humanité qui se joue

>> Lire sur le site de l'AFPS

 


Asmaa Ajjour a trois mois, elle est dans un hôpital dénué de tout et s’accroche à la vie sous le regard plein d’amour et de désespoir de sa grand-mère.

Ce bébé est resté blotti pendant 12 heures dans les bras de sa mère décédée avant d’être sauvée par son grand-père sous une pluie de balles. Parce que, bien sûr, un grand-père qui tente de sauver un bébé de trois mois est une cible de choix pour des soldats israéliens dépourvus de toute moralité qui avouent tirer pour tromper leur ennui...

La petite Asmaa a perdu pratiquement toute sa famille dans un bombardement israélien qui a frappé l’Ouest de la ville de Gaza. Ils ont été chassés de leur maison frappée par un missile tiré par un drone. Sa mère, son père et ses deux sœurs sont morts. La famille d’Asmaa avait été forcée de rejoindre l’Ouest de la ville de Gaza quelques jours avant le bombardement. Elle avait déjà perdu beaucoup de ses proches en raison du siège total et des attaques israéliennes visant les refuges annoncés par Israël comme prétendument sécurisés.

Tous les enfants de Gaza n’ont pas autant de « chance » qu’Asmaa. Certains échappent à la mort, deviennent orphelins (au moins 17 000 ont été recensés), ils peuvent se retrouver amputés. Pas un enfant de Gaza qui ne soit traumatisé à vie. Certains sont en train de mourir de dénutrition ou sont atteints de maladies graves dues à l’absence totale d’hygiène, de soins, d’eau potable et à la propagation de maladie de toutes sortes. Ils vivent pratiquement sans eau et nourriture, aux côtés de tonnes de déchets et d’ordures, de ruisseaux d’immondices, ils sont déplacés de force sans arrêt, vivent dans des ruines et des abris de fortunes et subissent bombardement après bombardement.

Est-ce ainsi que les enfants doivent vivre ?

C’est ainsi en tout cas qu’ils vivent à Gaza depuis plus de neuf mois, non du fait d’une catastrophe naturelle, mais par la seule volonté d’Israël qui a programmé cela et le met méthodiquement en œuvre.

C’est ainsi que les enfants vivent à Gaza sans que cela ne suscite la moindre réaction des autorités qui auraient le pouvoir d’arrêter ce massacre, à commencer par Emmanuel Macron ou Joe Biden ou n’importe quel dirigeant du monde. Ils ont l’obligation de tout mettre en œuvre pour qu’Israël applique les ordonnances de la Cour Internationale de Justice, pour prévenir le risque de génocide et ils ne font RIEN !

Et il y a tous ces enfants, petits ou grands, qui ont perdu la vie ! Retrouvés en lambeaux, ou pas retrouvés. Gaza, où les parents écrivent les noms de leurs enfants sur leurs bras ou leurs jambes afin qu’ils puissent être identifiés si leurs morceaux sont dispersés.

Voilà comment les enfants vivent et meurent à Gaza ! Devant les yeux du monde entier qui sait tout et regarde ailleurs et ne fait RIEN !

Alors qu’Israël possède des armes extrêmement sophistiquées permettant d’atteindre précisément les cibles visées, depuis plus de neuf mois il déverse de manière indiscriminée des bombes pesant jusqu’à une tonne sur une population civile sans défense, livrée à la vengeance débridée d’un État criminel qui ne respecte aucune règle de la guerre et opère en toute impunité ! Les cibles ont été soit disant identifiées par l’intelligence artificielle qui suppose que tel père de famille sera au milieu des siens à tel moment de la journée ou de la nuit. C’est le logiciel « Où est papa ? » qui décide où on va mourir à Gaza ! Israël frappe et massacre jours après jours, toujours plus de civils, toujours plus d’innocents, toujours plus d’enfants ! Sept écoles de l’ONU ciblées en neuf jours ! Des quartiers d’habitations, des campements de refuges, du nord au sud de la bande de Gaza ; plusieurs massacres chaque jour.

Et cela ne s’arrête pas parce ceux qui sont en pouvoir d’agir ne FONT RIEN !

La commission d’enquête de l’ONU a conclu que les commandos du Hamas avaient commis des crimes de guerre le 7 octobre et qu’Israël commet depuis à Gaza des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dont le crime d’extermination mais aucun ami d’Israël n’a été ému par ces conclusions. La France pas plus que les autres. Seuls les crimes du Hamas sont jusqu’à présent condamnables à leurs yeux.

Les peuples hurlent STOP GÉNOCIDE, manifestent, témoignent, brandissent drapeaux et pancartes du sommet des montagnes aux bords de mer, dans les villes et les campagnes, devant les lieux de culte ou sur les places publiques, dans les stades, dans les universités, et cela dans l’indifférence totale et même l’hostilité des grands de ce monde qui refusent toujours de condamner les crimes d’Israël, cet ami qui a tous les droits. Ils préfèrent criminaliser le mouvement de solidarité, accuser le messager est plus facile que de regarder le message.

Joe Biden a repris la livraison à Israël des bombes JDAN de 227 kg probablement pour bonne conduite de l’armée génocidaire ! Les massacres ont donc continué de plus bel et se sont intensifiés depuis une semaine, massacre après massacre, plusieurs fois par jour, les enfants de Gaza hurlent de terreur au passage des avions, ils meurent dans les écoles où ils espéraient trouver refuge, dans ces campements de fortune, ou visés par un tireur d’élite sur les routes de la fuite, sous un soleil de plomb.

Le 12 juillet, l’ONG Euromed Human Rights Monitor a recensé 47 000 morts à Gaza depuis le 7 octobre dont 15 900 enfants.

Le 16 juillet, la France est « indignée ». La semaine dernière elle était « préoccupée ». Quelques jours avant, elle condamnait les décisions d’Israël en matière de colonisation du territoire palestinien. Voilà la seule chose que ce gouvernement de lâches dont l’histoire retiendra la complicité et l’irresponsabilité est capable de faire : au mieux des paroles, jamais d’actes !

La bande de Gaza est bel et bien le tombeau de l’humanité et entérine la faillite du droit international, non parce que le droit a failli (il n’y est pour rien) mais parce que les politiques ont failli à le faire appliquer.

Qu’est-ce que cela dit de l’avenir que nous offrons aux générations futures ? Cela dit que puisque ce qui se déroule sous nos yeux depuis plus de neuf mois à Gaza contre des Palestiniens est acceptable, cela pourrait devenir acceptable dans n’importe quel autre pays contre n’importe quel autre peuple dans n’importe quelle autre guerre dans le futur !

Voilà pourquoi nous ne devons rien lâcher jusqu’à ce que ce génocide cesse et tant que les responsables et leurs complices n’auront pas rendu des comptes.

C’est l’avenir de l’humanité qui se joue en Palestine et ce sont les peuples qui en sont garants puisque les États - ou du moins une partie d’entre eux - ont failli.

Anne Tuaillon, présidente de l’AFPS, le 17 juillet 2024.

À Thionville vendredi 26 juillet 2024 à 18h place Gromerch : Rassemblement organisé par l’Afps pour que l’indifférence et le fatalisme ne prennent pas le dessus sur l’action demandant le cessez-le-feu et une paix sans colonisation ni apartheid. 

vendredi 19 juillet 2024

Simone Weil, le courage de la pensée.


 Émission sur France Inter (durée 43 minutes)  :


Il ne s’agit pas de la ministre mais de la philosophe.

Beaucoup de points abordés dans ce portrait parle au présent.

Pour lire la présentation de l’émission et l’écouter, cliquez sur :

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/femmes-d-exception/simone-weil-7030150


Simone Weil était une grande philosophe française. Laure Adler nous raconte sa vie, ses idées et ses combats. Elle meurt le 24 août 1943 d’une défaillance cardiaque. Elle a trente-quatre ans. Sa vie intellectuelle ne fait que commencer. 

« Le moment prévu depuis longtemps est arrivé, où le capitalisme est sur le point de voir son développement arrêté par des limites infranchissables. De quelque manière que l’on interprète le phénomène de l’accumulation, il est clair que capitalisme signifie essentiellement expansion économique et que l’expansion capitaliste n’est plus loin du moment où elle se heurtera aux limites même de la surface terrestre. Et cependant jamais le socialisme n’a été annoncé par moins de signes précurseurs. Nous sommes dans une période de transition. Mais transition vers quoi ? Nul n’en a la moindre idée. »

 Simone Weil

Ces mots datent d’août 1933. Ils ont été écrits par une jeune femme de vingt-quatre ans dans un journal qui s’intitulait "Révolution prolétarienne". 


Extraits de l’émission :

Protéger nos capacités individuelles de penser et d’agir.

« En ce qui concerne les choses humaines ne pas rire, ne pas pleurer, ne pas s’indigner mais comprendre » Spinoza


Le travail à la chaîne.

« (…) Rivé à sa tâche, s’abîmant dans celle-ci et perdant de facto toute liberté de penser donc de s’exprimer donc de s’opposer »


Un de ses livres a pour titre « L’enracinement. Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain ». Ce texte met en avant le concept de vérité. Elle y affirme : « le besoin de vérité est plus sacré qu’aucun autre. Il n’en est pourtant jamais fait mention. »





lundi 15 juillet 2024

Programme Complet du Nouveau Front Populaire

 

Écouter, dialoguer avec enfants, jeunes et adultes pour Créer des programmes, de quartiers, les mettre en parallèle avec les contenus du programme du Nouveau Front Populaire. Puis créer des plans de quartiers populaires (où que nous habitions dans la rue, dans les centres d’hébergements ou de rétentions, dans les prisons, les quartiers, les villages ou les villes, nous sommes toutes et tous ensemble « le peuple ») et commencer à les mettre en œuvres avec toutes et tous les allié.e.s possibles… Un rêve, une utopie ? Une urgence… René


Programme complet du Nouveau Front Populaire (se lit en moins d’une heure) :

https://www.humanite.fr/wp-content/uploads/2024/06/LHumanite-presente-le-programme-du-Nouveau-Front-Populaire.pdf



vendredi 12 juillet 2024

« Un beau dimanche » de Nicole Garcia

 

Un film très prenant. Visible sur Arte jusqu’en janvier 2025 :

https://www.arte.tv/fr/videos/118947-000-A/un-beau-dimanche/

Une certaine bourgeoisie (vue de l’intérieur ?). Le mépris de classe. Mais pas en termes théoriques, incarné dans des personnes plus vraies que vraies. La trahison ou plutôt la prise de distance avec sa classe d’origine. Mais c’est trop vite résumer la subtilité de ce film dans chaque séquence. La musique aussi…





dimanche 7 juillet 2024

Extrême Droite et Possédants.

 

Johann Chapoutot, historien :

« L’extrême droite s’allie toujours aux élites de l’argent »

L'humanité, 28 juin 2024
Les forces de Gauche ont constitué un Nouveau Front Populaire.
Que nous dit la référence aux années 1930 de la situation actuelle ?

La comparaison s'impose aux acteurs politiques eux-mêmes, qui parlent des années 1930 depuis les années 1980.C'est particulièrement vrai en France, car c'est la décennie qui précède le traumatisme majeur de l'histoire contemporaine du pays, la défaite de 1940, prélude à la destruction de la République par Vichy, aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité constitutifs de la Shoah. Elle permet de voir qu'il y a des analogies, car sil y a des constances. Les possédants dans les années 1930, ont fait le choix du fascisme, du nazisme, puis de Vichy et de la collaboration. Pour eux, c'était un excellent calcul patrimonial.
L'extrême droite s'allie toujours aux élites de l'argent, dont elle a besoin et avec qui elle partage le goût des inégalités, de "l'ordre" (celui qui protège la propriété privée des moyens de production) et de la violence envers ceux que , en 1936, elle appelait  "les saloparts en casquette", les ouvriers qui se croyaient égaux aux élites parce qu'ils avaient le droit de partir en vacances !
L'histoire nous montre cependant que rien n'est inéluctable : les ravages sociaux induits par les politiques économiques ineptes et par les crises ne conduisent pas nécessairement au fascisme. Il y a aussi un Front populaire, qui doit affronter à peu près tout le monde- les élites et les médias qui sont à leur service.
 

Sur un mur près de Metz.






samedi 6 juillet 2024

« Sortir de la torpeur. MAINTENANT. » Patrick Boucheron.

 Merci Jean-Pierre, Marie-Claude et Suzanne…

« . Il y eut le début d’un sursaut, puis tout à nouveau s’engourdit, et tandis que les mâchoires du piège se resserre, chacun vaque désormais à ses petites complications inutiles, ses vanités, ses lâchetés et ses calculs ordinaires. Mais d’autres ne se résignent pas, qui doivent nous encourager. Il est temps, il est grand temps. C’est maintenant. »

Contre l’extrême droite, sortir de la torpeur, maintenant ! par Patrick Boucheron

Que celles et ceux qui s’inquiètent des outrances d’une certaine extrême gauche veuillent bien considérer aujourd’hui la réalité du rapport de force : c’est bien le Rassemblement national qui est aux portes du pouvoir. Ne laissons pas les mâchoires du piège se resserrer.

 

par Patrick Boucheron, historien

A quoi reconnaît-on l’imminence d’un événement historique ? Pas toujours au fracas d’une tempête qui gronde. Celui-là, quand on l’entend, on sait qu’il faut se mettre aux abris. Mais il arrive que l’orage, si lent à crever, ait su se rendre imperceptible à force de paraître inexorable. Alors il convient d’avoir l’oreille fine pour interroger le silence et déceler ce qui se trame dans cette fausse torpeur.

Avez-vous remarqué que c’est souvent le moment où les réseaux sociaux font jaillir une citation de l’insubmersible, et toujours indispensable, Victor Hugo ? Celle qui surgit aux lendemains de la dissolution de l’Assemblée nationale est extraite de Claude Gueux (1834) : «En général, quand une catastrophe privée ou publique s’est écroulée sur nous, si nous examinons, d’après les décombres qui en gisent à terre, de quelle façon elle s’est échafaudée, nous trouvons presque toujours qu’elle a été aveuglément construite par un homme médiocre et obstiné qui avait foi en lui et qui s’admirait. Il y a par le monde beaucoup de ces petites fatalités têtues qui se croient des providences.»

Fermez le ban : cette fois-ci, il a son compte. Le président de la République le sait bien d’ailleurs, qui ne cesse depuis lors de multiplier les déclarations inconséquentes et hargneuses. Elles ne réclameraient que notre indifférence si elles ne jalonnaient un déplorable «chemin mémoriel» où chaque station de notre histoire nationale est souillée par une parole qui en méprise la dignité (à Oradour-sur-Glane, le 10 juin il se déclare «ravi» de «leur avoir balancé une grenade dégoupillée dans les jambes», et c’est sur l’île de Sein qu’il s’en prend, le 18 juin, au «programme totalement immigrationniste» du Front populaire). Inutile de commenter plus avant : Emmanuel Macron est sorti de l’histoire. Et s’il y entre à nouveau, c’est pour y occuper la place la plus infâme qui soit en République, celle des dirigeants ayant trahi la confiance que le peuple leur a accordée en ouvrant la porte à l’extrême droite – d’abord en parlant comme elle, ensuite en gouvernant comme elle, enfin en lui laissant le pouvoir.

Enrayer la mécanique suicidaire qui confond radicalité et véhémence

Le nôtre consiste à l’en empêcher. Il nous faut pour cela user de tous les moyens dont on dispose en démocratie. Le vote, évidemment, car toutes les études montrent aujourd’hui qu’il existe à gauche, au centre gauche, et jusqu’au centre droit, de très fortes réserves électorales – davantage en tous cas que pour le Rassemblement national et ses alliés. Il faut, pour les mobiliser, que s’élèvent des voix politiques entraînantes et rassurantes, afin d’enrayer cette mécanique suicidaire qui consiste à cliver en permanence, en confondant radicalité et véhémence. Ces voix existent, dans tous les partis politiques de gauche, mais aussi dans le monde syndical, associatif et solidaire, chez toutes celles et tous ceux qui, contre vents et marées, font tenir cette société, nous y maintiennent debout, vivants et libres. Car seule une mobilisation massive du monde du travail peut ringardiser l’extravagante prétention d’un jeune homme de 28 ans, qui n’a jamais travaillé de sa vie, à parler au nom du peuple.

Or, précisément, il y a du populisme dans la réduction de la souveraineté populaire à la seule expression du suffrage – c’est en cela que la dissolution de l’Assemblée nationale peut être considérée comme un déni de démocratie. Car celle-ci n’est pas seulement un régime politique, mais une tâche à accomplir. Elle se définit donc également par la garantie de l’Etat de droit, le respect de l’indépendance des corps intermédiaires, l’équité du débat public – autant de composantes d’une démocratie vivante, si malmenées aujourd’hui. De cette dégradation de l’idée même de bien public, on discerne sans peine les effets délétères : il est difficile de faire entendre raison à ceux qui, par cynisme ou aveuglement, s’obstinent à présenter comme également «dangereux» et «délirants» les programmes économiques du Rassemblement national et du Nouveau Front populaire, quand le premier est effectivement incohérent alors que le second repose sur une idée simple et forte, qui consiste à restaurer la légitimité et l’efficacité de la redistribution fiscale pour financer nos besoins de service public.

Des échéances électorales historiques

Mais ne faisons pas semblant de croire que les élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet sont des échéances électorales comme les autres, programme contre programme. Si c’était le cas, elles pourraient en effet susciter la défiance ordinaire de celles et ceux qui, à juste titre, craignent qu’on leur «refasse le coup». Le coup de l’extrême droite dont on favorise l’essor afin de l’avoir comme adversaire et d’en triompher sans gloire. Diabolisation, front républicain, appel au sursaut et, à la fin, ce sont les démocrates qui gagnent. Des démocrates qui le sont de moins en moins, pour des victoires de plus en plus étriquées, avec une légitimité de plus en plus faible – le macronisme aura de ce point de vue considérablement abimé la démocratie en escamotant par deux fois (lors de la présidentielle de 2022 et aujourd’hui) une campagne électorale qui, autant que le suffrage, constitue une ressource politique de légitimité.

De peu, si mal, mais à la fin, quand même, ils gagnent. Sauf qu’en 2024, cela risque fort de ne pas se passer ainsi. Nous ne sommes pas aujourd’hui à dix jours du premier tour d’une élection, mais à dix jours d’une bifurcation historique. On a trop crié au loup, on connaît la chanson – mais cette fois-ci, c’est vrai. Déterminés, et parfaitement conscients de ce qu’ils veulent, les électeurs du Rassemblement national s’apprêtent à exercer leur pouvoir. Celui de se placer, avec un bulletin de vote, du bon côté de la frontière des inégalités raciales, alors que les épreuves de la vie, mais aussi et surtout la démission des pouvoirs publics, leur font subir tant d’injustices sociales et territoriales. Ils savent ce qu’ils font, et l’on a longtemps eu tort de ne pas prendre en considération la rationalité de leur volonté politique. Mais il faut alors avoir le courage de la décrire pour ce qu’elle est : une vision raciste du monde, dans laquelle on ne considère comme rien ceux qui ne sont pas comme nous.

Le gouvernement s’acharne à symétriser les extrêmes

Là est le danger véritable, le seul contre lequel doivent se mobiliser toutes les énergies politiques : la prise du pouvoir par l’extrême droite. Il n’est plus temps de jouer sur les mots, et encore moins de tricher avec eux. Le gouvernement et ses relais médiatiques s’acharnent à symétriser les «extrêmes», mais on ne fait pas advenir une vérité à force de l’asséner. Que celles et ceux qui s’inquiètent légitimement des outrances il est vrai parfois indignes et scandaleuses d’une certaine extrême gauche veuillent bien considérer aujourd’hui la réalité du rapport de force : c’est bien le Rassemblement national qui est aux portes du pouvoir.

Et que chacun se persuade que l’argument de l’usure du pouvoir («après tout, s’ils le veulent, qu’ils le prennent, ils s’y brûleront les ailes») n’est que le reflet tout aussi inconséquent du fameux «après tout, on n’a jamais essayé». Si, on a essayé, à bien des moments dans l’histoire, et d’autres s’y essayent actuellement, non loin de nous. Ne méprisez pas le passé et considérez le monde, et vous verrez alors ceci : quand elle prend le pouvoir, l’extrême droite ne le rend pas facilement. Elle gouverne mal, c’est vrai, et n’a aucune chance de tenir ses promesses, notamment en matière de maîtrise de l’immigration. Mais elle rend la vie impossible aux étrangers, afflige les plus démunis, multiplie les brimades, ouvre les vannes à la violence et – le scénario est toujours le même, c’est celui qui se déroule sous nos yeux dans l’Italie de Georgia Meloni – se venge de son impuissance sur les femmes, les minorités sexuelles, les libertés publiques et les institutions culturelles. Or, puisque cette politique ne déplaît pas, au fond, à son électorat, elle l’enracine davantage qu’elle ne la disqualifie.

Voilà où nous en sommes. Alors que celles et ceux qui ne peuvent y consentir exercent également leur pouvoir – non seulement en allant voter, mais en faisant vivre partout où c’est possible le débat démocratique. S’il y a bien un Nouveau Front populaire, celui-ci ne peut se réduire à un accord électoral strictement défensif contre la montée des périls. La peur – et il y a de quoi avoir peur – ne peut être son seul moteur émotionnel. Mais l’élan, et l’espoir, et la certitude que les idées de justice et de progrès social ne sont pas définitivement compromises. Il appartient à toutes les citoyennes et tous les citoyens de bonne volonté de faire vivre cette métaphore historique, de la faire vivre pleinement, de cette vie émotionnelle et vibrante qu’aiguise le tranchant de l’histoire.

Dansons pour la fête de la musique, lisons, parlons, rencontrons celles et ceux que nous devons convaincre, ouvrons les yeux sur les réalités du monde, pensons contre nous-même, manifestons, inventons. Mais surtout : sortons de cette torpeur qui précède et qui prépare l’orage. Nous pensions avoir trois ans, et nous craignions tant de nous laisser berner par le sentiment poisseux de l’inéluctable, ce fatalisme de l’imminence qui précipite une catastrophe si lente à venir. Or tout s’est précipité, et par la faute d’une de «ces petites fatalités têtues qui se croient des providences», on ne nous accorda que trois semaines. Il y eut le début d’un sursaut, puis tout à nouveau s’engourdit, et tandis que les mâchoires du piège se resserre, chacun vaque désormais à ses petites complications inutiles, ses vanités, ses lâchetés et ses calculs ordinaires. Mais d’autres ne se résignent pas, qui doivent nous encourager. Il est temps, il est grand temps. C’est maintenant.

Patrick Boucheron a dernièrement signé l’ouvrage le Temps qui reste (Seuil, 2023), ainsi que le texte «Dans le Front populaire – le vrai, celui des foules…» sur le site entre-temps.net.

vendredi 5 juillet 2024

Transmettre l’émerveillement démocratique.

 Merci encore une fois, Jean-Pierre,


« Adolescence et idéal démocratique - accueillir les jeunes des quartiers populaires » de Joëlle Bordet et Philippe Buton ( éditions Inpress)


Pour lire ce qui suit sur le site de l’éditeur et voir la couverture du livre, cliquez sur : https://www.inpress.fr/livre/nouveaute-adolescence-et-ideal-democratique/


Description

Descriptif du fournisseur

 

C'est à l'adolescence que se construit l'idéal démocratique, l'espérance "à vivre ensemble". Mais les jeunes -et particulièrement ceux des quartiers populaires- se heurtent à une rude réalité : on ne les entend pas, on ne les écoute pas. Amertume et désillusion sont au rendez-vous. Leur créativité adolescente est empêchée. Ils y répondent par des stéréotypes : victimisation, renoncement, révolte, actes vécus comme "héroïques", ou encore conformisme...

Autant d'attitudes qui provoquent préjugés et rejet - comme Hannah Arendt le disait déjà. Ces jeunes habitants des cités sont paradigmatiques de la jeunesse et de sa difficulté à trouver place au sein de nos démocraties.

Comment ré-enchanter l’inspiration démocratique ? Avec cet ouvrage, Joëlle Bordet et Philippe Gutton déconstruisent stéréotypes et préjugés. Ils nous montrent, à travers des dizaines d’exemples concrets, comment faire naître ou renaître de l’émerveillement démocratique, porté par des adultes. Sur le terrain des quartiers, des témoins-interprètes accueillent cette inspiration. Véritables « passeurs », ils inventent de nouvelles voies à la démocratie. Ce livre leur donne la parole . L’ouvrage nous donne aussi les témoignages de ces problématiques au-delà de l’Hexagone – Israël, Palestine, Russie, Ukraine, Sénégal, Italie, Brésil.

La démocratie de demain se joue avec les adolescents d’aujourd’hui. Cet ouvrage engagé, novateur, aide à transformer les impasses en ouvertures créatrices.

 

 

 

 

 

 ...

 

 

 

 

 


RENCONT’ROMS NOUS !

 Merci Jean-Pierre,


 
 

Rencont'roms nous : 10 ans déjà !

 

Vidéo 3/10 


"Travailler avec" 
 
 
"Travailler avec" 
Réalisation : Matéo Bourgarel-Garcia

En 2024, Rencont’roms nous a 10 ans ! 

Pour le fêter, l’association a confié la réalisation de 10 vidéos, à Matéo Bourgarel-Garcia, pour revenir et tenter d'analyser et comprendre 10 ans de projets, d'actions, d'accompagnement, de terrain, de rencontres, en donnant la parole à celles et ceux qui font vivre l'association aujourd'hui. Décrire, raconter, analyser, croiser les regards, tout en faisant un travail d’archives. 

10 vidéos qui seront publiées et diffusées jusqu'en novembre 2024 !
Voici donc la troisième vidéo : Travailler avec.  


Pour ne pas rater les suivantes, suivez-nous sur les réseaux sociaux :
Facebook, X, Instagram, YouTube, LinkedIn, TikTok. 


Pour soutenir cet anniversaire




Facebook
Twitter
Email
Site internet
YouTube
LinkedIn
Instagram
TikTok
L'association Rencont'roms nous est soutenue par la Ville de Toulouse, le Conseil départemental de la Haute-Garonne,
la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, l'État (DIHAL ; DILCRAH ; Pacte des solidarités) ; la Préfecture de la Haute-Garonne / Préfecture Occitanie (DRAC, FIPD, DDETS), la DRAJES Occitanie (FDVA) 
et la CAF de la Haute-Garonne.
L'association est également régulièrement soutenue par des fondations privées sur des projets spécifiques.

L'association dispose des agréments service civique ; jeunesse et éducation populaire ; Éducation nationale.






This email was sent to jprf@orange.fr 
why did I get this?    unsubscribe from this list    update subscription preferences 
La parole aux premiers concernés. · 28 rue Adolphe Coll · Toulouse 31300 · France 

Email Marketing Powered by Mailchimp