CE QUE NOUS SOMMES


CE QUE NOUS SOMMES


Oiselles Oiseaux et Non-Leaders Solidaires

(Oinoleboso)

Des enfants, des jeunes et des adultes organisant ensemble des ateliers dans tous les domaines des savoirs, utiles aux luttes humaines pour une vie digne et solidaire (chansons solidaires, poésies, histoires et récits de vie, paroles habitées, résistances en milieu hostile, engagements, interventions politiques mais au service d'aucun parti, créations de toutes sortes...)

Les personnes animatrices ne font pas seulement des propositions dans l'atelier, elles les mettent en oeuvre, elles aussi, au coude à coude, à égalité avec les participantEs de tout âge et de tout horizon.

Les responsabilités au sein du Comité sont tirées au sort chaque année au moment de l'A.G.

Nous sommes partie prenante d'un réseau informel d'associations et de personnes entre lesquelles des passerelles, des ponts, des tissages existent. Voici la liste des groupes amis avec lesquels nous travaillons actuellement: Réussir Ensemble, Les Passeurs de Souffle, Cultures 21, La Ligue des Droits Humains, Le Front Social 57, Le Gueulard Bar Culturel de Nilvange, Mouveloreille, Stop Knauf Illange, Le Collectif de personnes et d'associations animant la fête du 1er mai... avec les Communes d'Algrange et Knutange


CE QUE NOUS VOULONS

- La justice solidaire jusque dans les détails.

- La considération véritable de la parole, de l'expression (sous toutes ses formes) de chaque personne, de chaque groupe et de chaque peuple.


Pour nous joindre : oinoleboso@gmail.com



dimanche 30 septembre 2018

Passeurs de Mémoire


 Pour lire et signer ce manifeste cliquez :

Manifeste pour l'Accueil des Migrants




Faire cesser la non-assistance à personnes en danger


Merci Frédéric d'avoir fait suivre cet appel pour que vive l'Aquarius et à travers lui toutes les personnes qui doivent être secourues. 

Ce sont les états eux-mêmes qui devraient faire ce travail. Au lieu de cela trop souvent ils ne font rien mais, en plus, s'attaquent à celles et ceux qui appliquent la loi maritime :


Extrait d'un article paru sur le site "Actualité Maritime" :
(Pour lire l'article entier, cliquez : ICI)


  • L’assistance aux personnes.
Evacuons immédiatement une évidence : dès lors qu’un appel porte sur une aide aux personnes, un sauvetage proprement dit, l’assistance est obligatoire et le défaut est pénalement sanctionné sous la qualification maritime équivalente à la non assistance à personne en danger « terrestre », soit le délit de l’article 85 du Code disciplinaire et pénal de la marine marchande (applicable à bord des navires de plaisance).
La peine maximale prévue en ce cas est de deux ans d’emprisonnement outre une amende de 3.750 €.
Il existe bien sûr une exception à ce principe, lorsque le fait de porter assistance expose l’assistant à un risque immédiat pour lui-même, son équipage ou son navire.
A ce titre, la notion de danger sérieux encouru ne peut être appréciée que par le capitaine qui décline son assistance.


Pour signer la pétition "Sauvons l'Aquarius et le Sauvetage en Mer" , cliquez : ICI 







La révolte n'est pas un cri de haine c'est un cri d'amour


Il y a beaucoup de formes qui peuvent être données à la Révolte au soulèvement des consciences.

Le mot Révolution fait peur ?
Vaut-il mieux mourir toutes et tous en silence ?

Merci Vincent (de l'Association Y' a personne pour leur dire") pour cette invitation : 











samedi 29 septembre 2018

Les mots de René N°1 Coup de Gueulard

 

 POUR DES EMPLOIS RESPECTUEUX DE LA SANTÉ DES OUVRIÈRES, DES OUVRIERS  ET DES POPULATIONS.


Ce matin 29 septembre 2018 au marché de Thionville un stand de LOR LUX EMPLOI invite au 1er salon de Recrutement dédié à l'Emploi et à la Formation. 
 

Un gars distribue des invitations à ce salon. Son argumentation intéressante : «  du travail il y a, plein d'emplois non pourvus... Les jeunes ne veulent pas travailler en usines à cause la fumée, parce que c'est sale etc. » dit d'un ton indigné.


Et alors ? Ils ont déjà vu leurs parents et grands-parents morts avant l'âge, travaillant pour des boîtes intérimaires près du coeur des réacteurs nucléaires, désamiantant ce qui était présenté avant comme sans danger, morts par accidents de travail, morts de maladies professionnelles : silicose (charbon), sidérose (fer)... à vous de rajouter.


Ces jeunes ne sont plus prêt à perdre leur santé et leur vie pour la gagner. 
 

Étonnant non ?... Pour les pollueurs de leurs propres ouvriers et des populations autour...


La Knauf fait partie de ces industries du passé, dépassée. 
L'usine qu'elle veut installer à Illange en Moselle fabrique de la laine de roche (pour l'isolation des bâtiments) en utilisant du coke comme combustible. 
Il existe de la laine de chanvre beaucoup moins polluante dans tout son processus de fabrication.

 René



* L'air devient de plus en plus irrespirable

* Ci-dessous la vidéo complète de la 1ère réunion organisée par le Commissaire enquêteur :
à visionner jusqu'au bout pour entendre ce qui a fait réagir si fort les opposants à  l'implantation de l'usine de fabrication de laine de Roche Knauf à Illange.

POUR AGIR :

Pétition 




Photo Oinoleboso

Photo Oinoleboso

Photo Oinoleboso





Vous trouverez la vidéo de la Rencontre Publique sur le site de Stop Knauf Illange

jeudi 27 septembre 2018

"Laisser Traces de cette année" N°11 Poésie

 

Journée de la poésie, samedi après-midi 19 mai 2018 salle Stirn à Knutange, invités par Cécile et Gino pour un atelier dans le cadre de "La poésie dans tous ses états".

 

Photo Oinoleboso

 

 

"Je pense  aller à cet atelier (choisi parmi ceux vécus lors de nos années GFEN) avec des poésies courtes. Et demander aux personnes de lire et relire le poème qu'elles auront choisi, en notant à chaque fois ce qui remonte en elles comme images et comme mots. Relire autant de fois que nécessaire jusqu'à ce que les images et les mots s'arrêtent... de remonter . Ensuite elles peuvent écrire leur propre poème en partant de ces mots-images et de celles des autres participant-e-s. C'est sûrement plus clair en faisant. Vous pouvez venir avec des poèmes aussi à proposer pour l'atelier... même vos propres poèmes... oui bien sûr...  " René


Photo Oinoleboso

 
"J'ai beaucoup aimé aussi l'après-midi à Knutange, les moments de discussion avec le Monsieur qui présentait ses 2 recueils de poèmes liés à la maladie de sa fille (il a parlé d'urgence ressentie à exprimer tous les bouleversements que ça provoquait, il n'avait jamais écrit avant, de nécessité de "laisser traces" - ce sont ces mots-, ça m'a fait penser à ce que tu avais dit de ta nécessité à te mettre à chanter). " Cécile


Le Monsieur c'est Adel Bounif. L'un des recueils s'appelle "Celle qui m'a  pris mon enfant" (Édition du Net).




"Et puis ces 2 dames du groupe alphabétisation du Socio installées à l'atelier oinoleboso : Amel qui voulait vraiment écrire cette histoire que vous aviez créée avec les enfants, qui cherchait des mots décrivant "le monde de la nuit" (c'est ce qu'elle m'a dit, j'ai trouvé que ça ressemblait vraiment aux ateliers-création de chansons que tu voudrais mettre en place) et la jeune femme albanaise ayant vécu en Grèce qui, pour la 2ème année (ma 2ème rencontre avec elle lors de la même manifestation), voulait transcrire en français ce qu'elle écrivait de sa vie, dont les mots étaient choisis avec soin et qu'elle cherchait à restituer le plus précisément possible, donnant à voir avec une infinie confiance une part de sa vie et de son intimité. J'ai oublié son nom mais j'ai été  touchée à nouveau par ce temps non compté passé à chercher à poser te partager l'expression. On a continué le dialogue sans texte pour support en évoquant la vie laissée derrière elle, les difficultés à être étrangère, le regard et le jugement des autres, les conséquences parfois sur le couple, la famille ..." Cécile


Photo Oinoleboso


"Cet après-midi, de nouveaux ponts se sont également construits entre Moustapha (calligraphe de Cultures 21) et Bruno (Bruno a dit qu'il ne pouvait pas ne pas s'assoir à côté de Mous, qu'il se sentait bien à l'écouter, que c'était fascinant),  Moustapha et Jean (Jean avait par hasard sur lui des documents sur le quartier d'enfance de Mous), Maria et Bruno, Béa et Bruno, Jean et Bruno ... et Françoise qui était passée à "Ramène ta graine" et qui est revenue faire un petit coucou ... Et après, j'ai dû partir ...

Que de moments intenses !"   Cécile


Photo Oinoleboso



Nous avons travaillé ensemble parents et enfants. Les enfants écoutaient tout en dessinant. Constatant que je prenais en considération  ce qu'elles et ils dessinaient, elles ont participé aussi au texte qui est devenu un conte :


                                 C'est ensemble

Aujourd'hui c'est le jour c'est la nuit
je suis avec 3 enfants et 2 adultes.
Nous sommes dans un lieu où nous
vous racontons une histoire de chats.
(Vous nous avez incité)

Il y a un chat qui perd la tête.
- Vous avez beaucoup vécu Monsieur
le Chat Friselis.
- Ah bon pourquoi ?...
... tout simplement c'est à cause d'une
petite chatte que j'ai perdue la
tête. Elle s'appelait Mélia.
Je rêvais un peu de la mouche
à viande, elle est grosse et moche.
J'avais de l'appétit. J'avais la
tête dans les étoiles. Nous
étions dans la forêt avec 
beaucoup d'arbres.
Nous étions émerveillés par les animaux
en bois. C'est magique.







Et puis nous avons trouvé une fin à l'histoire :
Nous avons allégé notre pesanteur.

Alors j'ai posé la question : mais comment avons-nous fait ?
Et l'une des adultes présentes a écrit puis elle est partie, sans nous lire ce qu'elle avait créé, en disant qu'il fallait qu'elle corrige et recopie tout cela. Peut-être, l'année prochaine aurons-nous droit à la lecture de ce qui manque à cette histoire ?  J'ai laissé un espace pour ce morceau d'histoire en attente...

Les autres textes vous les lirez sur les photos qui suivent. À bientôt. Et merci à toutes et tous.   René


Photo Oinoleboso



Photo Oinoleboso
Photo Oinoleboso
Photo Oinoleboso





Photo Oinoleboso









Texte de Nadia. Photo Oinoleboso







     




 

 

vendredi 21 septembre 2018

Dédicace aux Oiselles Oiseaux et Non-Leaders Solidaires. Mateus

 

Nous étions le vendredi 7 septembre et Ariel avec Bérangère deux conteuses musiciennes de MouvLOReille qui nous ont offert leur spectacle au Gueulard Bar Culturel de Nilvange.

Juste avant, la scène était ouverte à qui voulait partager un conte ou un texte. 

Nous étions trois Oinos ce soir-là : Josiane, Samir et René... Plus tout un groupe d'oiselles et d'oiseaux d'autres nids d'humanité.

Mathieu du Berceau du Faire était là aussi avec Aurélie et nous a dédicacé le texte qu'il venait d'écrire et que voici : 

 

L'Oiseau et le Jour

Il fait encore nuit pourtant, les oiseaux chantent, déjà.

Tels des illuminés dans l'obscurité,

ils chantent au monde la prophétie du Jour nouveau.

Ils ne le savent pas. Ils ne le voient pas.

Non, eux, ils croient. Leur foi n'a pas de raison.

Ils annoncent, proclament et célèbrent une vérité qui n'existe pas encore, comme si elle était déjà là, devant eux.

Ont-ils des prêtres ? Suivent-ils un guide ?

Leur a-t-on promis ou démontré quelque chose ?


Rien de tout ça non, eux, ils croient.

Leur foi n'a pas de raison.

Car si elle en avait une, elle leur dirait :

« rien ne prouve que c'est vrai...

tu devrais attendre l'aurore pour chanter...

et si le jour ne se levait pas ?? »

Rien de tout ça non, eux, ils croient.

Leur foi n'est pas raisonnable.

Inlassablement ils chantent, comme s'ils priaient.

Leurs prières ne sont pas des réclamations

mais seulement l'expression de leur profonde conviction

et de leur gratitude anticipée.

Le jour va se lever ! Le jour va se lever ! Le jour se lève ! 


                                                         Mateus 

 
Merci beaucoup à Mateus, à Mathieu et à Major Taylor, et à Aurélie, à Christophe, à Anaïs et d'autres qui font vivre le Berceau du Faire et le Free Shop à Nilvange.

Major Taylor ? Le voici :


  Lors de la même soirée, j'ai raconté "Le petit garçon qui s'est arrêté de parler..." de Gigi Bigot et Pépito Matéo.

 

L'album " Bouche Cousue"de Gigi Bigot et Pépito Matéo. Illustrateur : Stéphane Girel aux Editions Didier Jeunesse,  pour en connaître le contenu cliquez : ICI 

 

Photo site Babelio

 

Et pour finir un message d'Ariel à qui je demandais son avis sur cet article :

 

Merci à toi René pour tous tes retours


>


J'en dis quoi

T'en dis quoi

J'en reste coi-te

Merci à toi

D'offrir ton toit virtuel et magique

Et d'abriter les mots qui font chaud

Des chaudoudoux de mots et des regards

Rétrospectifs

Change rien

Garde le cap

Et carde la laine à filer des liens

Homme de bien des choses


>

BZZZ
=Ariel=

Ce n'est pas fini parce que ce matin m'est venue une réponse au texte d'Ariel pour  "continuer les dialogues jamais finis" (je crois que cela pourrait être une définition de l'amitié).

Ariel, tout ton remerciement s'adresse, à travers moi, à l'ensemble des Oinoleboso et de leurs amiEs dont vous êtes toi et Bérengère. Ce "toit virtuel et magique" est une création collective à laquelle je prends part. C'est un nid, comme dit Jean-Pierre, peut-être avec un toit mais ouvert comme on voit dans certains nichoirs. Peut-être est-il protecteur justement parce qu'il reste ouvert ? Merci de ce dialogue et bons vols et à bientôt pour un partage dans l'un ou l'autre nid (Je pense au Gueulard Historique bien sûr au garage-magasin gratuit du Berceau du Faire à l'Escale, aux campements provisoires de partout où le monde s'humanise ...).

René 

 

 Et aujourd'hui 23 septembre, c'est Mathieu qui remercie les Oiselles et les Oiseaux. La vie et ses dialogues c'est sans fin :

 

Bonjour René,

Merci pour la publication, merci pour le Partage.
Je vous (Oinoleboso) suis très reconnaissant d'avoir fourni à ce texte le "Nid" idéal.
Pour ma part tout Est juste, à bientôt, toujours avec bonheur.

PS: au moment où j'écris ce mail, il pleut depuis longtemps maintenant.
Dehors, à en croire les arbres, le vent souffle très fort et à en croire les gens il fait très froid.
Il semblerait que rien ne rompra la grisaille sauf la venue de la nuit et pourtant, à travers ma fenêtre que vois- je ?
Des oiseaux voler ! Ils chantent, il dansent ! Dans ce contexte, rien que leur présence frôle l'arrogance.
Presque insolents ils continuent avec une joie effrontée à exprimer leur gratitude envers la Vie et leur foi en l'Instant.
Je lève les yeux de l'écran et... 
...La pluie s'est arrêtée.  Mateus Mathieu Major Taylor.



 

 

lundi 17 septembre 2018

Elle écrit à son assistante sociale...

 

19-5-18 2018 au Gueulard Historique Bar Culturel Nilvange


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Bonjour à vous,


Juste un petit mot pour annoncer la parution du livre 
" Une fille en correction", une histoire d'une grossesse  
hors mariage et, dans le ton des années 50, fixée dans 
un foyer maternel.

A travers la correspondance entre Micheline et son 
assistante sociale,  l'obscure puissance des convictions 
de la révolte. 

Je vous en souhaite une bonne lecture,

Bien à vous



Jean-François Laé




Extraits d'un article du 30 août 2018 paru sur le site 
du journal "Le Monde" :


 Histoire. Deux vies exhumées 
des « dossiers administratifs »
 
 
Une fille en correction, de Jean-François Laé,
 préface de Philippe Artières, CNRS Editions, 260 p., 22 €.


Un enfant à l’asile, d’Anatole Le Bras, préface de Philippe Artières, 
CNRS Editions, 294 p., 22 €.
 

 
Deux belles études d’archives donnent à lire les récits de soi 
d’une « fille-mère » et d’un orphelin « déviant » en lutte pour infléchir
les rigueurs de l’ordre social.



En 2000, l’historien Philippe Artières avait intitulé une anthologie 
d’autobiographies rédigées en prison Le Livre des vies coupables (Albin Michel).
 La formule résume l’usage que différentes institutions (judiciaire, médicale, 
asilaire…) ont longtemps fait des récits de soi, conçus à la fois comme aveux, traces
 d’un désordre et voie possible vers une réinsertion. Le même Philippe Artières 
préface deux magnifiques essais, où se marque une légère inflexion dans l’étude 
des archives du pouvoir telle que Michel Foucault l’avait inaugurée dans les années 
1970.

Certes, les deux existences dont Jean-François Laé et Anatole Le Bras reconstituent
 le parcours sont « coupables » aux yeux de l’institution, mais il n’est pas de 
dossier sans lettres de demande ou de protestation. « Le dossier dit “administratif”
 est le produit d’une double capture, à la fois des injonctions professionnelles et des
 formes d’expression venant d’en bas », souligne Jean-François Laé. Bref, les 
archives regorgent de matières sensibles et d’affects intimes qui font des 
personnes concernées moins, comme chez Foucault, des êtres condamnés 
que des êtres « faibles », négociant continuellement avec les rigueurs de l’ordre 
social pour se construire une existence.

Maillage serré de surveillance et de sanctions

Mais pourquoi s’arrêter, comme le fait Jean-François Laé dans Une fille en 
correction, sur le cas de ­Micheline Bonnin parmi les innombrables dossiers 
que le Service de protection de l’enfance d’Avignon destinait aux ordures ? 
C’est que, entre cette mère célibataire de 20 ans et l’assistante sociale chargée 
de son dossier, Mlle Odile Rouvat, une relation privilégiée s’était instaurée,
 dont rendent compte les 160 lettres ou cartes échangées entre 1953 et 1970.
Fugueuse à l’âge de 16 ans, Micheline s’était engagée comme bonne. Revenue 
chez elle enceinte de quelques mois, elle fut rejetée par sa famille. Dès lors, 
c’est le placement au centre maternel de La Roseraie. Odile Rouvat s’engage 
au point de devenir la marraine de sa fille. Sa patience sera mise à rude épreuve. 
A chaque fois, l’enfant sert de monnaie d’échange dans une économie affective 
complexe : contrition contre gratifications, sollicitation contre conditions.
Apparaît dans toute son ampleur le maillage serré de surveillance et de sanctions 
dont le corps des filles fait l’objet à une époque où la sexualité masculine reçoit, 
quant à elle, une immunité quasi complète. A charge pour les mères, les assistantes
 sociales ou les religieuses de calmer les protestations et d’orienter la fautive vers 
l’unique reddition possible, à savoir le mariage.

Errance d’asile en asile

(Si) Jean-François Laé, fidèle à ce qu’il nomme la « sociologie narrative », 
mêle étroitement pièces d’archives et commentaires, (...)

Pour commander le livre cliquez : ICI

Photo CNRS



 

samedi 15 septembre 2018

''Les mots de Josiane et d'Anne" Épisode 5. "Laisser Traces de cette année" N° 10

Photo Oinoleboso


 À l'occasion de la venue de Jean-François Laé :
 
Vendredi 18 mai 2018 Jean-François Laé est venu de Paris pour dialoguer avec nous à l'Escale accompagné de Laetitia.

Nous étions plusieurs à l'accueillir : Marie-Claude, Josiane, Patricia, Nagib, Béatrice, Yvette et René.

Jean-François est venu nous présenter son livre « Dans l'oeil de gardien » où il raconte ses dialogues avec des gardiens d'immeubles dans un quartier comme le nôtre. Le dialogue s'est engagé autour de ce livre et de celui que les Oinoleboso ont écrit avec des personnes, du quartier ''Terrasses des Provinces" à Yutz, et d'ailleurs : « Laisser Traces. L'Air du Temps ».



Photo Oinoleboso

Marie-Claude a pris des notes ce soir-là et, dans un prochain article, elle nous les offrira.


Au cours de la soirée, deux textes écrits à cette occasion ont été lus à voix haute. 

Les voici :


« Le quartier »

Nous avons vécu dans le quartier, un certain nombre d'années.
Je dis nous, mon mari, nos enfants et moi-même.
Il y avait de la vie, le respect, les jeux et de l'amitié.
Il y avait aussi les commerçants ambulants, avec
leurs camionnettes. Marchand d'oeufs, marchand de pizza, marchand de pommes de terre, de glaces et les marchands de tapis et ne pas oublier un marchand, mais un couple qui venait jouer de « l'orgue de Barbarie ».
Au fil des années cela s'est dégradé.
Par qui ? Pourquoi ?
J'ai du mal à comprendre le comportement de certains de certaines.
Ce que mes yeux ont vu, il y a quelques jours de cela (en affichant les invitations à la soirée).
Vitres cassées, des portes qui ne ferment plus, des locaux sales, des dégradations et surtout l'odeur.
Un mélange d'urine et de fumée.
Je n'ai pas eu l'impression de vivre au 21ème siècle.
Pourquoi laisser cela ainsi ? ...
À qui cela rapporte-t-il ?...
Dans ce monde qui change, il vaut mieux penser au changement que changer le pansement.

Il y a le savoir mais il y a aussi le savoir être.               Josiane

Photo Oinoleboso

Anne n'a pas pu venir à la soirée mais elle a écrit un texte que Josiane nous a lu :

Le quartier vu par Bastien (2 ans) qui rentre à pieds à la maison de Mamie Anne rue de la Pépinière après une journée à la crèche du Centre.

La porte du Centre s'ouvre sur le parking '' Au revoir les copains '' ! '' Bonjour les pigeons ''
Il fait beau et chaud. Bastien met son chapeau...

et s'arrête pour observer le jeu des enfants du Centre aéré. En avant maintenant ! : un peu d'équilibre sur la bordure de béton qui borde le parking et ''saute'' ! Un exploit quand on a 2 ans !

'' Broum, broum ! '' ''Attention aux voitures, dit Mamie, Donne la main ! '' et Bastien donne la main. Mamie marche au rythme de son petit-fils qui observe tout ce qui bouge dans le quartier si vivant.

Une moto vrombit : '' Broum, broum ! '' et Bastien tape sur sa tête avec la main '' Tête, tête ! '' (cela veut dire : le Monsieur porte un casque ! )

Eh oui ! Les mots ne viennent pas encore à Bastien qui ne s'exprime qu'avec des onomatopées !
''Ah, ah, ah !'' les jeux pour enfants... difficile de ne pas faire de pause. Bastien est immobile et le spectacle des enfants qui jouent lui suffit !

Allez, on y va maintenant... ça monte !

'' Broum, broum ! '' Encore ! Oui, un monsieur a le nez dans son moteur en panne devant son garage... Je crois qu'il aimerait que ça fasse '' Broum, broum ! ''. Bastien s'arrête et le monsieur lève le nez interloqué par deux yeux bleus immobiles ! Un sourire un peu crispé... pas toujours facile de se détendre !

Allez, on y va ! ... dès que la petite fille qui arrive en face en trottinette sera passée... Une trottinette ! Le rêve de Bastien depuis qu'il a vu sa cousine de 7 ans en faire '' Broum, broum ! '' Alycia !

Allez, on continue ! On va s'arrêter chez Mamie Lucie (son arrière-grand-mère de 87 ans). Elle l'attend dans la cour car elle sait qu'il rentre à pieds puisqu'il fait beau. '' Chat, chat, non ! '' Le chat n'est pas là ! Oh!

Mais Mamie Lucie a un gâteau pour Bastien aujourd'hui... S'il s'assoit sagement sur la première marche de l'escalier ! Eh oui ! Mamie Lucie veut apprendre les '' bonnes manières '' à Bastien !

'' Ah, broum, broum '' Ça faisait longtemps !
Un grand bus passe... difficile pour Bastien de rester assis... mais Mamie Lucie veille !

'' Au revoir mamie Lucie '' ! avec du bout des doigts de Bastien '' À demain ! ''.

'' Bababoum ! '' Une voiture avec une remorque saute sur le dos d'âne en faisant un bruit de ferraille suivi d'un petit coup de blaxon en passant '' Oh ! C'est Papa ! '' Bastien rit et saute en disant
'' Bababoum Papa ! ''.

Nous voici arrivés à la maison mais Bastien a une autre idée : il tire le bras de Mamie Anne pour aller au parc près de l'église... mais ça ce sera une autre histoire !
Anne

Photo Oinoleboso