Merci Delphine
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| Frontière France Italie. Exilés. Thomas Flamerion. |
Peur sur la frontière franco-italienne : point de passage périlleux pour les exilés
En théorie, le délit de solidarité a été dépénalisé. Dans les faits, le principe de fraternité consacré par le Conseil constitutionnel demeure un vain mot, loin d’être respecté. Médecins du Monde et ses partenaires en font l’expérience à la frontière franco-italienne en tentant de porter secours aux exilés.
Le vallon ne manque pas de charme. À quelques dizaines de mètres des pistes de ski de Montgenèvre, la frontière italienne se devine à travers les flancs enneigés des Alpes, marquée par les façades colorées d’élégants chalets.
Mais la belle image fond vite sous le poids de la réalité. Braquées sur le décor de carte postale, les jumelles des forces de l’ordre traquent les exilés sur ce couloir relativement praticable, malgré la couche de neige et le froid glacial.
« La présence des forces de l’ordre les pousse à prendre des chemins de plus en plus dangereux. »
C’est la voie qu’empruntent les familles, les jeunes enfants, les personnes âgées pour tenter de rejoindre la France, terre d’élection pour les uns, étape vers d’autres destinations pour d’autres – l’Allemagne ou l’Angleterre, bien souvent. Un charmant vallon au bout duquel les autorités les attendent pour les refouler, sans égard pour leurs droits, sans prendre en compte leur état de santé dégradé.
« L’État aura beau continuer à investir beaucoup de moyens pour militariser la frontière, les personnes continueront à passer, explique Pamela Palvadeau, coordinatrice du programme migrations frontière transalpine de Médecins du Monde. Mais la présence des forces de l’ordre les pousse à prendre des chemins de plus en plus dangereux, ce qui met leur santé, voire leur vie en péril. »
La pression exercée sur les personnes exilées pour décourager les candidats au passage est énorme. Elle est renforcée par le harcèlement quotidien des maraudeuses et maraudeurs qui consacrent temps et énergie à leur porter assistance. Tous en témoignent, qu’ils soient membres de l’association Tous Migrants, citoyens solidaires ou bénévoles de Médecins du Monde.
Pression policière et droits bafoués

À peine sortis du gîte où ils se retrouvent avant de rejoindre Montgenèvre, les maraudeurs sont suivis, dépassés par la police qui s’applique à rester visible.
Et lorsque le véhicule de Médecins du Monde se gare, c’est la gendarmerie qui s’arrête à quelques mètres, stationne plusieurs minutes avant de redémarrer et de venir finalement contrôler l’identité des bénévoles et citoyens présents. Le manège est évident, oppressant.
« Pour décourager l’entraide, tout semble permis. »
Les forces de l’ordre, omniprésentes, multiplient les contrôles et les intimidations. Parmi les maraudeuses, certaines font état de remarques sexistes, de menaces de palpations. La nuit, ce sont les amendes pour sortie pendant le couvre-feu qui tombent, malgré l’attestation dérogatoire. Pour décourager l’entraide, tout semble permis.
Quand à plusieurs reprises Médecins du Monde demande à voir une famille retenue dans les locaux de la police aux frontières, comme l’y autorisent plusieurs décisions de justice en application du droit à voir un médecin, elles essuient un refus.
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