CE QUE NOUS SOMMES


CE QUE NOUS SOMMES


Oiselles Oiseaux et Non-Leaders Solidaires

(Oinoleboso)

Des enfants, des jeunes et des adultes organisant ensemble des ateliers dans tous les domaines des savoirs, utiles aux luttes humaines pour une vie digne et solidaire (chansons solidaires, poésies, histoires et récits de vie, paroles habitées, résistances en milieu hostile, engagements, interventions politiques mais au service d'aucun parti, créations de toutes sortes...)

Les personnes animatrices ne font pas seulement des propositions dans l'atelier, elles les mettent en oeuvre, elles aussi, au coude à coude, à égalité avec les participantEs de tout âge et de tout horizon.

Les responsabilités au sein du Comité sont tirées au sort chaque année au moment de l'A.G.

Nous sommes partie prenante d'un réseau informel d'associations et de personnes entre lesquelles des passerelles, des ponts, des tissages existent. Voici la liste des groupes amis avec lesquels nous travaillons actuellement: Réussir Ensemble, Les Passeurs de Souffle, Cultures 21, La Ligue des Droits Humains, Le Front Social 57, Le Gueulard Bar Culturel de Nilvange, Mouveloreille, Stop Knauf Illange, Le Collectif de personnes et d'associations animant la fête du 1er mai... avec les Communes d'Algrange et Knutange


CE QUE NOUS VOULONS

- La justice solidaire jusque dans les détails.

- La considération véritable de la parole, de l'expression (sous toutes ses formes) de chaque personne, de chaque groupe et de chaque peuple.


Pour nous joindre : oinoleboso@gmail.com



samedi 29 janvier 2022

"Chaque goutte du temps" Les mots de René N° 8

 

Dédicacé à Marie-Claude, à son humanité...

 

Chaque goutte du temps qui passe a une saveur unique 

comme chaque flocon de neige,

chaque rainure de bois,

chaque respiration.

Alors pourquoi toutes ces gouttes perdues

en comparaisons dérisoires,

en guerres d'animaux violeurs

du temps des autres ?

 

Apprécie la rencontre

à la saveur unique dans toute l'histoire

de l'Univers,

gardes-en une trace infinitésimale 

dans le Patchwork des fibres

de l'humanité aimante. 

 

René Renato 

 



                                 Vitrail de trottoir. Photo Oinoleboso.

 

jeudi 27 janvier 2022

Rivières d'encre.

 

 Sarah fait partie des Oinoleboso. Nous savons la qualité et la force de son écriture.

Nous avons déjà mis dans la barre latérale "Sites amis", le lien avec son blogue : Sarah C. Auteur.

Sarah est bibliothécaire et correctrice professionnelle. 

En quoi cela consiste ? 

Voici quelques éléments de réponses, pour en savoir plus rendez-vous, sans tarder, sur son site : "Rivières d'encre". 

L'esprit dans lequel Sarah  travaille est à la fois unique et en amitié avec celui des Oiselles Oiseaux et Non-Leaders Solidaires. 

 

Photo du site : Rivière d'Encre

 

icone ma philosophie dans ma profession

ma philosophie

Je considère que pour écrire, le point de départ est d’avoir des idées à exprimer. Le fond devrait primer sur la forme, parce que c’est là que réside l’essence d’un texte, quel qu’il soit. Cependant, nous le savons, l’orthographe, la grammaire, la syntaxe… sont passées au peigne fin par certains yeux aguerris. Je voudrais rappeler ici deux faits qui ont façonné ma philosophie au fil des ans :

  • icone pour liste 
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  • Tout le monde fait des fautes. Même les professeur.e.s de français, les linguistes, les correcteurs et correctrices, les auteur.e.s…
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  • icone pour liste 
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  • Avoir un bon niveau en français n’est pas un gage de supériorité ou d’intelligence. De la même manière que certain.e.s ont des facilités en mathématiques ou en langues vivantes, d’autres en ont en français. Il est admis que les personnes qui rencontrent des difficultés en mathématiques peuvent utiliser une calculatrice, ou que celles qui ont des lacunes en langues vivantes ont des logiciels de traduction à leur disposition. Dès lors, pourquoi les personnes qui ont l’envie d’écrire et d’exprimer ce qu’elles ont au fond d’elles ne pourraient-elles pas le faire, sous prétexte qu’elles font des fautes ?
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C’est dans cet état d’esprit que j’ai choisi d’exercer le métier de correctrice. Pour mettre mes connaissances de la langue française au service de celles et ceux qui ont juste besoin d’un petit coup de pouce pour s’envoler.

 

illustration filet de séparation

 

 

Maria et l'ACAT

 

Maria s'est envolée aussi au plus profond des coeurs des personnes qui l'ont aimée.

Elle est venue plusieurs fois participer à nos ateliers.

Elle parlait de ses engagements, entre autres à l'ACAT.

Maria disait : "Je suis à l'ACAT parce que moi aussi je me sens en prison".

Merci Maria pour tous tes engagements, ta franchise, ton rire et ta générosité.                         

                                                                  René

 

Photo du site de : l'ACAT.


 

Communiqué de presse : "Fermons les zones d'attente"

 

Le 17 / 01 / 2022 

 

Lire la tribune sur Libération

 

L’enfermement aux frontières doit cesser. Le triptyque « trier, enfermer, expulser » ne saurait tenir lieu de politique migratoire.

 

Les autorités françaises enferment chaque année des milliers de personnes qui se présentent aux frontières pour entrer en France ou sur le territoire européen. Les lieux dans lesquels elles sont enfermées sont appelés zones d’attente (ZA). L’immense majorité n’en sort que pour être renvoyée dans son pays de provenance.

En zone d’attente, on applique un triptyque : trier, enfermer, expulser. Les personnes arrivent aux frontières. La police les intercepte à la sortie de l’avion, du bateau, du train, à pied ou en voiture. Si les conditions d’entrée ou de séjour ne sont pas réunies, on trie, on enferme, on renvoie. Si les personnes demandent l’asile, on trie, on enferme, on renvoie. Si la police estime que les personnes représentent « un risque migratoire », on trie, on enferme, on renvoie. Adultes et enfants. En famille ou seuls. Peu importe, ils sont enfermés.

Cette politique migratoire délétère a été façonnée au fil des ans par un discours politique modifiant peu à peu le vocabulaire relatif aux personnes étrangères. Son objectif : exciter les peurs et instiller dans l’opinion publique l’idée que les étrangers représenteraient un danger.

La méthode est simple et redoutable. D’une part, brouiller les réalités des migrations par un vocabulaire anxiogène (« submersion migratoire », « appel d’air », « grand remplacement »). D’autre part, construire l’illusion du contrôle en enfermant derrière des barbelés et sous l’œil de la police celles et ceux que l’on a désignés comme étant un danger en puissance ou en devenir. (...)

 

 Pour lire la suite de ce Communiqué et la liste des signataires, cliquez : ICI.

 


 

mardi 25 janvier 2022

Les mots de Patricia N°1

 

Photo Bretagne. Oinoleboso.

 

Patricia a lu les articles du blogue qui racontent ce qui s'est passé à l'Assemblée Générale du samedi 27 novembre 2021.

Vous pouvez vous y reporter en cliquant sur les liens suivants:

 Eh ! Les Oiselles et les Oiseaux, vous avez fait quoi, cette année ? (1)

Eh ! Les Oiselles et Oiseaux, l'année prochaine vous faites quoi ? (2)

Eh! Les Oiselles et les Oiseaux... les débats à l'AG ? Et les autres projets ? (3)

 

Patricia, depuis la Bretagne, nous a envoyé ses réactions à la lecture de tous ces textes. Les voici :

 

Bonjour René et à toutes et tous,


Après récupération de mon ordi je viens de lire les derniers textes et envois.


- concernant la relecture du compte-rendu de l’ag, je dirai que je n’ai pas eu le même sentiment que toi concernant l’intervention du représentant de la mairie.

Je suis un peu partagée car je l’ai senti content d’être présent, de voir d’autres façons d’être et de faire mais par rapport à l’année dernière. J’ai trouvé qu’il avait plus un discours d’élu mettant en avant les réalisations de la municipalité.

C’est pour cela que l’intervention de Marie-Claude venait à point pour lui rappeler qu’il ne suffit pas d’insuffler un dispositif pour prendre en compte la parole des gens (et non pas simplement la recueillir.)

Ceci dit c’était bien que ce soit lui qui soit venu car je pense qu’il était à même de mieux comprendre qui nous sommes.


  • les projets pour l’année à venir : beaucoup d’idées, d’envies qui fusent et c’est pour cela que le terrain d’aventures de Marie-Claude convient bien.

Cela me fait penser au terrain vague qui se trouvait devant l’immeuble que j’habitais étant petite et où nous étions toute une troupe d’enfants à courir, se cacher, jouer et s’inventer des histoires. Mais les terrains en friche en ville ne durent pas longtemps : on y a construit le «complexe sportif» du collège et bien sûr interdiction d’y pénétrer !!


Le projet avec France Palestine Solidarité : je ne connais pas le film mais je pense que c’est un bon embrayeur pour libérer la parole. on est parfois dans l’émotion de ce que l’on a vu et l’on peut intervenir plus facilement que si l’on demande un avis par rapport à un texte ou une idée.

Je trouve aussi intéressante la remarque de Grégory qui propose le retour de chaque membre des Oinoleboso pour qu’ils aient une autre vision que leur parole militante (quelle ouverture d’esprit !). Donc je vais dire ma vision des choses concernant la Palestine : bien sûr que pour moi c’est un territoire occupé et qu’il faut le dénoncer car le pouvoir du gouvernement Israélien est grand mais je pense qu’il faut aussi mettre en avant les quelques interventions de palestiniens et d’israéliens qui refusent de se faire la guerre et qui inventent des manières de vivre ensemble. J’ai vu quelques trop peu nombreux reportages . Dénoncer l’invivable c’est très important, inventer les moyens de vivre ensemble c’est ce à quoi il nous faut travailler.


La rencontre avec Vie Libre c’est très bien ; simplement au départ pour se connaitre les uns, les autres et voir comment on peut faire un bout de chemin ensemble et

parce qu’aussi ils sont aussi sur l’ Escale et que si l’on veut rencontrer un peu plus les personnes du quartier il serait bien que l’on puisse le faire pourquoi pas sur les addictions et surtout ce qui nous amène à certaines addictions.


Pour aller à la rencontre des habitants du quartier et qu’ils trouvent leur propre terrain d’aventures, je pense qu’il faut peut-être passer par quelques chose de concret comme par exemple les donneries ou trocs ou une autre idée de ce genre où l’on parte de faire ensemble pour pouvoir arriver à réfléchir, imaginer ensemble un autre avenir.


Pour finir merci infiniment René pour le temps que tu passes à alimenter le blog et à maintenir le contact entre nous tous qui sommes dispersés physiquement.

Merci aussi à Marie-Claude qui n’oublie jamais chaque année de nous envoyer une carte de voeux de sa composition et toujours aussi belle. Je trouve très beau le petit poème que tu as écrit cette année plein d’espoirs et de résistances.

Merci aussi à Josiane pour ses mots toujours aussi justes que je lui envie souvent et cette note d’optimisme dont nous avons besoin : donner un coup de pied aux choses désagréables.

Merci à tous les Oinoleboso d’exister chacun avec sa sensibilité différente. C’est ce qui me permet de rester humaine.

Patricia.

 

lundi 24 janvier 2022

Covid "Les labos tout-puissants". Médiapart.

Merci Delphine, Céline et Thierry,

Avec cette vidéo qui dure 35 minutes, nous sortons des positions de principe pour essayer d'aller au plus près du réel avec des personnes qui prennent le temps de confronter les éléments qu'elles ont pour affiner leurs interventions. Bonne écoute. 

Pour celles et ceux qui suivent de très près le blogue : j'ai enlevé le dernier article après des éléments qui m'ont été transmis  sur la composition du Comité Scientifique "Indépendant" et sur le contenu même de leurs rencontres. Dans le doute je préfère enlever le lien.

 Avec Médiapart "À l'Air Libre", il y a moins de risques de dérives où l'égo passe avant la vérification des sources...   René


 

mercredi 19 janvier 2022

Gaza mon Amour... "Yallah Gaza" de Roland Nurier...

Le titre de cet article fait référence au livre-film de Marguerite Duras et d'Alain Resnais "Hiroshima mon amour". 


 À noter déjà sur vos agendas :  


Une soirée aura lieu le jeudi 24 février 2021 à 20h. Elle commencera par la projection du très beau film "Le Char et l'Olivier. Une autre histoire de la Palestine" de Roland Nurier (il sera présent ce jour-là). Elle sera suivie d'un dialogue où des moyens seront proposés pour que chaque personne qui le désire puisse intervenir à sa façon. La soirée est organisée grâce à une coopération entre Roland Nurier, l'Association France Palestine Solidarité (AFPS) , les Oiselles Oiseaux et Non-Leaders Solidaires (Oinoleboso) et le Gueulard Café Culture (qui est le lieu de la projection et du dialogue qui suivra au 14 rue Clémenceau 57240 Nilvange)

 

Un deuxième film de Roland Nurier est en préparation, il a besoin d'un financement participatif pour le finaliser. Pour savoir ce que contiendra ce film et participer à la collecte des fonds nécessaires, lisez ci-dessous, ce que Roland nous a envoyé... Déjà Merci de votre lecture et à très bientôt....

 

Roland Nurier :

Merci pour l’énergie que vous mettez dans l’organisation de cette soirée.

 

Je vous adresse ci-dessous la note que j’ai envoyée à mon réseau à propos du nouveau film que je prépare.

 

Peut-être pourrions-nous passer ce teaser (lien ci-dessous) lors de cette prochaine soirée, enfin si vous êtes d’accord .

 

 

Lorsqu’on est un modeste artisan-cinéaste-autodidacte-inconnu, vous imaginez comme il est compliqué de financer la production d’un film qui parle de Palestine et à fortiori de Gaza, et ce, même si le film précédent « Le char et l’olivier, une autre histoire de la Palestine » n’a pas trop mal marché (environ 30 000 spectateurs)

 

Le financement participatif du projet « Yallah Gaza » est toujours en cours et je profite du montage de ce nouveau teaser pour « relancer un peu la machine ».

 

Nous comptons sur vos relais, votre réseau pour faire connaitre ce projet de nouveau film documentaire et nous permettre de boucler le budget afin d’aborder la post-production plus sereinement.

 

Rappel :

 

Les palestiniens de la bande de Gaza sont injustement enfermés et régulièrement bombardés par l’armée israélienne au mépris du Droit International.

Pourtant les gazaouis font preuve d’une résilience incroyable qui force le respect. Ils continuent « de faire société ».

Les aides internationales leur permettent juste de survivre, alors qu’ils ne demandent qu’à vivre normalement de leur travail, de leurs activités et de recouvrer leurs Droits.

Les gazaouis créent, étudient, développent leur culture, font du sport, pêchent, cultivent la terre comme ils le peuvent malgré les innombrables restrictions et agressions israéliennes.

Leur enfermement les empêche de faire du commerce naturellement, de voyager, bref d’avoir « une vie normale » comme la majorité des peuples du monde.

« Yallah Gaza » est allé à la rencontre de ces citoyens gazaouis, de Responsables politiques palestiniens divers, d’Israéliens, d’historiens, de religieux, de spécialiste du Droit International, en Palestine et en Europe afin d’apporter un large éclairage et de proposer des clefs de lectures de Gaza, disons différentes que celles formatées et imposées par nos grands médias.

 

Pour que ce projet puisse se construire jusqu’au bout, nous avons besoin de vous / de vos relais .

 

Après les premiers teasers, nous avons donc monté un nouveau teaser long que vous pouvez visionner en cliquant sur le lien ci-dessous.

 

https://vimeo.com/manage/videos/666782014   (Mot de passe : HRP69210)

 

 

Pour aller sur le site du financement participatif :

 

https://www.helloasso.com/associations/herisson-rebelle-production/collectes/yallah-gaza

 

 

Merci pour votre attention, que vous ayez participé ou pas.

 

 

Amitiés solidaires et cinéphiles.

 

 

Hérisson rebelle Production

Roland NURIER

T. 06 88 16 76 74

"Nous souffrons d’un mal incurable : l’espoir" (Mahmoud Darwich)

« Yallah Gaza » nouveau film en préparation (nous suivre sur FB et helloasso)


https://herissonrebelle.wixsite.com/lecharetlolivier

 

 

https://www.facebook.com/lecharetlolivier/

 

lundi 17 janvier 2022

"Être humain veut dire se secouer..."

Merci Jean-Pierre

 

 Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg était assassinée à Berlin.

 

"Être un être humain est la chose la plus élevée de toutes.

 

Et cela veut dire être ferme et clair et joyeux, oui, joyeux envers et contre tout, parce que se plaindre est affaire de faible.

 

Être un être humain veut dire se secouer joyeusement sa vie entière dans la gigantesque échelle du destin s'il le faut, et en même temps se réjouir dans la clarté de chaque jour et la beauté de chaque nuage" 

(extrait des "Lettres de prison" 1916-1918 )

 

Livre-CD, Les lettres sont lues par Anouk Grinberg : Éditions de l'atelier.


 


 

Et Jean-Pierre nous indique aussi cet article :

 

La réhabilitation des 639 fusillés pour l'exemple de la première guerre mondiale.

samedi 15 janvier 2022

Situation trop grave pour disperser nos forces...

Merci Marie-Claude. 


Appel d'une quinzaine de collectifs, réseaux, association et partis anticapitalistes, écologistes, alternatifs, féministes et antiracistes réunis en une première assemblée le 11 novembre dernier.

 

Attaques antisociales, politiques liberticides, racisme banalisé, montée de mouvements factieux et violents, menace néofasciste… La situation est trop grave pour disperser nos forces : c’est ce que se sont dit une quinzaine de collectifs, réseaux, associations et partis anticapitalistes, écologistes, alternatifs, féministes et antiracistes réunis en une première assemblée le 11 novembre dernier. L’heure est grave en effet face à la destruction du vivant, un véritable écocide, dans une nouvelle ère géologique qu’on appelle désormais le capitalocène et un monde humain dévasté par la logique expansionniste de la concurrence et du marché. 

C’est pourquoi nous assumons non seulement un anticapitalisme radical mais tout autant la volonté déterminée d’en sortir et de prouver qu’il y a là plus qu’un espoir : une nécessité. C’est en ce sens aussi que l’écologie n’est pas une question supplémentaire : car le capitalisme est en train de tout saccager. Or ce saccage touche toujours d’abord celles et ceux qui sont déjà pauvres ou précaires ; il est temps d’y mettre un terme : « Fin du monde, fin du mois, mêmes coupables, même combat. »

Pour cela nous avons besoin de nous faire entendre et de parler clairement. Il nous faut dresser méthodiquement l’inventaire des effets néfastes engendrés par le capitalisme, montrer en quoi il fait système, mutualiser nos connaissances, nos expériences et nos pratiques, dessiner un horizon qui nous rassemble en forgeant un projet alternatif d’ampleur. Ce projet doit évidemment se fonder sur la transversalité des luttes et par là même interpeller tous les mouvements, organisations, associations, syndicats et collectifs qui travaillent à renverser les rapports d’exploitation capitalistes et productivistes, tout comme les rapports de domination. C’est pourquoi nous avons besoin des connaissances de terrain que déploient tant et tant de collectifs : collectifs de précaires, mouvements antiracistes, associations venant en aide aux migrant-es, collectifs antivalidistes, féministes, de ceux qui défendent les droits LGBTQIA+ et combattent la transphobie… Nous avons beaucoup à apprendre de nos pratiques et de nos luttes. Ainsi, la présence des Dévalideuses durant cette assemblée nous a offert d’affiner notre conscience sur le validisme en refusant de dépolitiser le handicap : c’est par ces prises de conscience démultipliées que passera l’émancipation véritable. Nos collectifs ne peuvent qu’y participer en faisant sur eux-mêmes le travail nécessaire. Pour nous ces luttes puissantes forment une cohérence d’ensemble, nouées qu’elles sont dans le combat contre les oppressions et dans une perspective d’égalité réelle et de solidarité.

Au cours de cette assemblée, il a été question d’un axe essentiel : auto-activité, autogestion, manière de reprendre collectivement nos affaires en mains pour ne plus nous laisser déposséder de nos vies. Les formes de l’auto-organisation se déploient tous azimuts sans que bien sûr elles laissent de traces dans les médias installés : brigades de solidarité populaire, Gilets jaunes, ZAD, collectifs de riverains et de salarié-es contre les pollutions industrielles, réseaux écosyndicalistes, bases vertes communalistes… Ces formes d’auto-organisation locales peuvent elles-mêmes s’appuyer sur des services publics que le capitalisme néolibéral n’a eu de cesse de discréditer et démanteler. Il existe des alternatives concrètes et tangibles au capitalisme. Le projet d’une sécurité sociale et écologique universelle en fait partie, étendue à l'alimentation, à la culture, à l’art… Quant à la santé, elle a besoin d'être ramenée à son domaine public, surtout dans le contexte actuel de la pandémie où la non-levée des brevets est criminelle. La réduction massive du temps de travail, quand le travail est subi et non choisi, l’expropriation des actionnaires et la socialisation de l’économie nous apparaissent comme un impératif.

Nous appartenons au monde et le monde ne nous appartient pas. Les biens communs ne sauraient être privatisés. Nos projections émancipatrices sont immenses, elles exigent que notre système éducatif soit le lieu de développement d'un vrai esprit critique capable de dénouer les rapports de domination : l’école aussi doit être un bien commun. À nos yeux, la bataille à mener est donc aussi celle d’une hégémonie culturelle, face au déversoir capitaliste tout à la fois sexiste, raciste et impérialiste. Ces alternatives exigent de nous que nous sachions identifier et refuser les systèmes de dominations imbriqués, et les penser ici comme dans nos relations au niveau international et planétaire.

Il ne s’agit évidemment pas d’« aller trop vite » mais de trouver un rythme qui nous permette des mises en commun, des initiatives et des projets décidés collectivement. Il est ainsi question d’un « village commun » composé de maisons, les collectifs préexistants, tissant un réseau capable de réaliser des objectifs communs en parlant et agissant d’une même voix.

Notre prochaine rencontre aura pour thème « Leurs saccages, nos partages ». Elle interrogera non seulement les ravages du capitalocène, de l’extractivisme et du productivisme en général – dont on pourra se demander s’il est spécifique au capitalisme – mais les alternatives concrètes à imaginer et d’ores et déjà pratiquer. Nous n’oublions pas qu’il n’en va pas seulement là de rapports sociaux de propriété mais aussi de nos émancipations, de nos aspirations à une vie digne, bonne et juste. Et dès lors aussi d’une véritable démocratie, loin des systèmes supposément « représentatifs » qui la défigurent. Il faut donc poser la question du pouvoir : un pouvoir populaire, collectif, démocratique.

Cette rencontre sera une étape essentielle pour nous retrouver, travailler et lutter ensemble, affiner nos projets, les outils et moyens concrets de les réaliser : site, presse, vidéos, campagnes communes… Notre détermination est réelle, il nous faut tenter cette mise en réseau, sans négliger nos désaccords, sans qu’ils nous donnent du plomb dans l’aile, bien au contraire : que même nos divergences soient une richesse. Face au cauchemar annoncé qui a déjà commencé, il nous faut tenir, garder nos capacités d’enthousiasme et les rendre communicatives, sortir du déni et du mépris, refuser l’entre-soi, construire de l’optimisme et pour tout cela : regrouper nos forces et accroître ainsi leur puissance et leur élan.

Rencontre « Leurs saccages, nos partages : les enjeux écologiques à l’ère du capitalocène »

En visio le dimanche 30 janvier de 10H à 13H

Lien : https://us06web.zoom.us/j/81687342534
ID de réunion : 816 8734 2534

 

SeFédérer   -     CNNR (Conseil National de la Nouvelle Résistance)   et d'autres collectifs dont  :

En complément tous les jours la rubrique Politique de la Revue de Presse Emancipation!

 
 
 
Notre contribution (Oinoleboso) pour ne pas désespérer et éviter tout fatalisme :
 
Extrait du livre "Laisser Traces. L'Air du temps" pages 32 et 33 (livre aux auteur e s multiples, édité à l'initiative des Oinoleboso) :
 
Que faire ?

Résister et Créer des ponts entre les personnes et les groupes (et ils sont nombreux) travaillant à donner une consistance aux mots : solidarité, justice, peuple, services publiques, partages des richesses, des informations et des savoirs, création, écoute et prise en considération des capacités d’analyses et de créations de chaque personne, chaque groupe, chaque peuple.

« Je n’ai participé à la Résistance organisée qu’après notre arrivée sur Lyon [...]. Mais le refus de ce que Vichy baptisait l’ « ordre nouveau » – c’est-à-dire l’État vichyssois, ses institutions, son idéologie – se manifestait par des centaines de gestes, de comportements quotidiens et d’abord par un regard délibérément critique et hostile » 17


Je pense que nous vivons actuellement une situation semblable face à la dictature financière européenne et mondialisée : beaucoup d’actes de personnes isolées, d’associations diverses qui commencent à tisser des fils entre elles, à s’organiser pour renforcer et (re)créer de véritables solidarités, une vie digne de ce nom.

« [...] une Résistance aux multiples formes dans la vie quotidienne, plus tard dans les mouvements organisées » 17

Pendant cette période de Résistance (39/45), les personnes et les groupes me semblent avoir mené de front deux tâches essentielles : résister et en même temps créer une autre organisation sociale, ce qui a abouti aux changements importants apportés par les gouvernements de l’après-guerre. C’est à chaque génération d’être vigilante face à celles et ceux qui sont les héritiers de l’injustice. Il s’agit de créer à chaque époque ses propres formes de résistances, singulières mais en même temps nourries à celles qui les ont précédées. « Résister c’est créer » à partir de l’héritage des luttes humaines. Par ce livre, par nos ateliers, par nos manières d’être et de faire, nous pensons nous inscrire dans cette démarche d’humanité vraie.


17. Extraits de « Mes lignes de démarcation » de Suzanne Citron, Éd. Syros, 1999-2002.
 
 

lundi 10 janvier 2022

À la barbe des barbelés... des enfants dépassant les bornes...

 Merci beaucoup Marie-Claude... C'est long...

 ...comme les traversées dangereuses, courageuses pour aller jusqu'à l'Autre, 

...comme une journée sans pain... 

René

Photo Delphine



Bonjour,

Pour celles et ceux qui le souhaitent, à préserver ou relayer sans modération.

"La poésie est inutile... Comme la pluie" (R.G. Cadiou)

Fraternellement

AMARA



DES PAPIERS POUR PERSONNE

 

Il partit à l’aube, sans bruit,                                                                                                                                                                                                       
Emportant dans sa gibecière
Quelques arpents gorgés de mil
Et d’une illusion nourricière

Et puis la peur, la grande peur
de celui qui tourne le dos
A ses soleils, à ses senteurs
Pour conquérir l’eldorado,

Un rivage neuf où la mer
viendra s’échouer sans fureur,
Pailletée d’or et de lumière,
Laissant au reflux le meilleur,

Un territoire sans frontières,
Sans ornières ni barbelés,
Où le clairon du militaire
Fera l’aubade à l’assiégé,

Où miradors, chaînes et fers
S’inclineront, brisés, amers,
Sous l’épieu, le rire et la pierre
Des conquérants de la chimère

Qui naviguent, du Sud au Nord,
sur des mers aux lames d’acier
Livrant aux faunes piscicoles
La chair fraîche des naufragés.

Car périlleux est le parcours
Et féroce l’incertitude,
Sur le frêle esquif, nul secours,
Les flots sont lourds de solitude

Et quand enfin le rescapé                                                                                       - 2 -
Touche à la grève inconnue,
Il lui faut encore souquer
Jusqu’à l’escale du salut,

Pour tricoter, maille après maille,
Une cotte chaude, imperméable
Qui sera l’écorce immuable
Quand viendra le givre hivernal.

Il arriva de nuit, sans bruit,
Au carrefour des quatre vents,
Dans les entrailles d’une ville
Dévorant la chair et le sang

De la misère horizontale                                                                                                                 
Essaimée au ras du bitume,
Quêtant un nouvel arrivage
Pour assouvir ses turpitudes.

Dés lors, il allait lui falloir
Conquérir le monstre au cœur froid,
Trouver gîte, couvert, emploi,
Déjouer la planque et la traque

De l’indic et de l’argousin,
Apprendre à vivre et se mouvoir
Sans qu’apparaisse clandestin
Le cheminement du regard,

Sans que ne flétrisse et grisonne
l’espérance des lendemains,
Sans que l’angoisse n’empoisonne
La pitance du quotidien

Faite de sueur et de fiel,
De relents et de soupe froide,
Servie comme pesant d’oseille                                                                             - 3 -
Dans les tripots de l’esclavage,

Avalée entre deux poubelles,
Dans un chantier, près d’un malade,
Tissant ou frottant l’écuelle
Dans les profondeurs d’une cave,

Du négrier, il est l’aubaine
Le dos courbé, dur au labeur,
A chaque jour confie sa peine
Du jour qui point au jour qui meurt.

Ainsi, sans bruit, décida-t-il,
Par un de ces matins transis
Que le dénuement de l’exil,
Froidement, lui faisait subir,

De se tourner résolument
Vers ces îlots de résistance
Qui saillent dans un océan
Charriant la honte et l’opulence

Et, s’amarrant à l’un d’entre eux                                                                                                         
Il assista, tout ébaubi
A la sarabande joyeuse
D’une théorie d’insoumis,

Echine droite et poing serré
Sur un oriflamme arc-en-ciel,
Expulsant la fatalité
Aux confins du diable-vauvert,

Lui enjoignant, comme totem,
De venir au mitan du cercle
Recueillir l’éclatant diadème
Flambant au vent de la flamberge,

Signe ardent de reconnaissance                                                                             - 4 -
D’une tribu prompte à glaner
Les épis de la providence
Qu’il allait de pair moissonner.

Pénible sera l’escalade
Pour aller cueillir l’edelweiss,
Ce sésame de quelques grammes
Qui lui servira d’ausweis

Pour lequel, d’année en année,
Il allait devoir délivrer
Dix kilogrammes de dossier
Alors qu’on le dit sans-papiers,

Alors qu’à la France guerrière
Sa mère Afrique, en flots féconds,
Donna le sang de ses grands-pères
Pour que s’abreuve son sillon

Et ses travailleurs sous la chaîne
Pour ravauder son écusson,
Double peine et hommes de peine,
Chair à canon, chair à patron.

Choyées furent les colonies,
Pourvoyeuses  d’hémoglobine
De Boubacar et de Larbi,
Ombres de la première ligne,

De coffres pansus et repus
Infestant djebels et rizières,
Gloire au clairon, sonne l’écu                                                                                                            
Terre brûlée, moisson prospère.

Sans bruit, il apprit le combat
Auprès de frères et de sœurs
Qui avaient défriché la voie
Au coude à coude, au cœur à cœur,

Et vit, au feu de leurs regards,                                                                               - 5 -
Qu’il pourrait, autour de leur âtre,
Attiser les fétus d’espoir
Que la houle et les flots saumâtres

N’avaient pu de force engloutir,
Cheminer dans la bienveillance
Avec pour seule arme à fourbir
Le rameau de la non-violence

Face à la matraque stupide
et au cœur froid des gestionnaires,
Vent debout, sans bâillon, sans bride
Le globe à la main, sans œillères,

Au travers des gaz lacrymo,
Des escouades belliqueuses
Qui n’ont pour but et seul crédo
Que de tarir l’onde porteuse

Charriant le long de son amont
Les sédiments d’or et d’albâtre
Qui ont forgé la rébellion,
Et briser à vil prix la pâte

Que le levain des camarades,
De main à main, fait se lever,
Charger en meute, à la hussarde
Ceux qui sèment le nouveau blé.

Et c’est au fil de son exil,
Sans que la haine ne le froisse,
Qu’il fit, dans sa ruche fertile ,
Le patchwork de sa carapace

Scintillante aux mille reflets
Dont son essaim multicolore,
Fracassant l’ombre, le parait,
Le transformant en sémaphore,

En lumineuse sentinelle                                                                                      - 6 -                                                                                                                              
Veillant au grain de sa tribu,
Nourrissant la moisson rebelle
De ceux que l’on disait vaincus.

Quand du pétrin, vint la victoire
Chaude comme le premier pain,
Quand les méandres de l’espoir
Franchirent l’ultime ravin,

Il s’octroya l’insigne honneur
De pouvoir sans peur circuler
En long, en large et en vainqueur
Dans un hexagone étriqué,

Entre les bras d’une Marianne
De marbre, au sourire hypocrite,
Cédant, piteuse et revancharde
ce petit fragment de plastique

Qui lui servira de viatique,
L’encartera pour séjourner
Dans l’antre d’une république
Marâtre, aux tétons asséchés.

Lorsque le fiel eut goût de miel
Et que chacun de ses rayons,
Pétri  au ferment du pollen
Qu’essaimèrent ses compagnons

Fut dévoré et partagé
En un mémorable festin,
Il  put, dûment identifié
Passer le seuil du lendemain

Pour faire, à rebrousse chemin,
Le retour en terre natale,
Saisir le mil à pleines mains
Jusqu’aux racines primordiales.

Il repartit tout seul, sans bruit                                                                               - 7 -
Dans un printemps de fiançailles,
Laissant derrière lui la nuit
Pour une aube de retrouvailles,

Emportant dans sa gibecière
La semence providentielle
Qui gonflera le blé en herbe                                                                                                                   
Dans le sein de l’Afrique mère,

Et dans la pourpre du couchant,
Quand il retourna sans entraves
Sur un sol drainé par le sang
De la jugulaire ancestrale,

Il chercha la source tarie,
Le regain des réminiscences,
Dans l’ocre de la latérite
Et les poussières de l’enfance,

Découvrant dans les toisons
De ceux qu’il avait du quitter
Un ébène que des sillons
Enneigés avaient altéré

Et son enfant, devenu grand,
Dont l’ultime empreinte du père
Fut le goût du sel ruisselant
Sur la jouvence de ses lèvres.

Le feu du retour, exaltant,
Dura jusqu’au soleil naissant,
Autour du griot grisonnant
Contant le retour de l’absent,

La floraison de la jachère
Sortant du brûlis de l’oubli
Dans laquelle un essaim d’abeilles
Captera le nouveau pistil,

Brandissant vers l’azur des cieux,                                                                         - 8 -
Comme une offrande séculaire,
Ses maigres mains aux veines bleues
D’avoir jugulé la misère.

Quand s’épuisèrent les djembés
Il alla tremblant, le cœur gros,
Glaner les semailles fanées
Gisant au bord du marigot,

Au cimetière, sous la pierre
Où s’inscrivait un double nom,
Ceux de son père et de sa mère
Drapés d’un linceul de coton

Que son père, le dos courbé                                                                                                                
Et sa mère aux doigts ravinés
Avaient semé et ravaudé,
Quêtant l’ombre du fils aîné

Qui ne put, captif, sans-papiers,
Avant qu’ils ne soient mis en sable,
Recueillir leur souffle dernier ;
La Marianne est impitoyable.

Sans bruit, il revint au village,
Grimpa sur le vieux flamboyant
Qui avait empourpré les âges
Aux braises des étés naissants,

Pavoisé ses livres d’enfant,
Embaumé l’âtre des savanes
Et qui, dans son berceau de branches
Etancha l’onde de ses larmes

Lui dit qu’à bâbord et tribord,
Lesté de son bout de papier,
Il pourrait, entre Sud et Nord
Relier les deux extrémités,

Á la barbe des barbelés,                                                                                  - 9 -
Du garde-chiourme et du cerbère
Boutant l’assaillant étranger
Hors frontières et fronts de mer.

Confiant, il entra dans la ronde
Des pis allers et brefs retours,
Naviguant du quart au tiers monde
Dans un entre-deux au long cours

Songeant qu’un jour neuf, planétaire
Des enfants dépassant les bornes
Chanteront, rieurs, sans colère, 
Sûrs d’eux : « des papiers pour personne ».

 

AMARA (octobre-novembre 2021)