CE QUE NOUS SOMMES


CE QUE NOUS SOMMES


Oiselles Oiseaux et Non-Leaders Solidaires

(Oinoleboso)

Des enfants, des jeunes et des adultes organisant ensemble des ateliers dans tous les domaines des savoirs, utiles aux luttes humaines pour une vie digne et solidaire (chansons solidaires, poésies, histoires et récits de vie, paroles habitées, résistances en milieu hostile, engagements, interventions politiques mais au service d'aucun parti, créations de toutes sortes...)

Les personnes animatrices ne font pas seulement des propositions dans l'atelier, elles les mettent en oeuvre, elles aussi, au coude à coude, à égalité avec les participantEs de tout âge et de tout horizon.

Les responsabilités au sein du Comité sont tirées au sort chaque année au moment de l'A.G.

Nous sommes partie prenante d'un réseau informel d'associations et de personnes entre lesquelles des passerelles, des ponts, des tissages existent. Voici la liste des groupes amis avec lesquels nous travaillons actuellement: Réussir Ensemble, Les Passeurs de Souffle, Cultures 21, La Ligue des Droits Humains, Le Front Social 57, Le Gueulard Bar Culturel de Nilvange, Mouveloreille, Stop Knauf Illange, Le Collectif de personnes et d'associations animant la fête du 1er mai... avec les Communes d'Algrange et Knutange


CE QUE NOUS VOULONS

- La justice solidaire jusque dans les détails.

- La considération véritable de la parole, de l'expression (sous toutes ses formes) de chaque personne, de chaque groupe et de chaque peuple.


Pour nous joindre : oinoleboso@gmail.com



vendredi 5 mars 2021

Travail en miettes. Conséquences de la crise sanitaire (3)

 

Suite et fin des extraits d'articles parus dans "Débats et Controverses" dans le journal "L'Humanité" du lundi 1er février 2021. 

 

Les temporalités du travail en crise


Valérya Viera Giraldo (Doctorante en sociologie économique)

Les mesures de gestion de la crise sanitaire (confinement, couvre-feu, distance entre les individus, port du masque etc.) ont déclenché deux processus : allongement horaire et intensification du travail. Face à ces mesures, les travailleu(r)ses ont adapté leurs temporalités de travail et de vie.

Mais le mesures n'influencent pas de la même manière toutes les catégories de travailleu(r)ses - bien qu'on puisse dire, sans exagération, que leur vie privée n'en ressort jamais indemne. Les confinements ont réuni dans un même lieu des activités qui se déroulaient habituellement dans des temporalités et des espaces distincts.

Pour les travailleu(r)ses assigné(e)s à domicile (parler de télétravail est un abus de langage, si le domicile devient le lieu principal d'exercice), l'allongement des journées de travail s'exacerbe avec la colonisation de la vie privée par l'emploi : 

au départ, on croit à un espoir de plus grande marge de manoeuvre temporelle pour organiser sa journée, puis on comprend que, bien qu'on puisse lancer sa lessive entre deux visioconférences, la journée s'étend au fur et à mesure. Elle produit du travail en miettes et des horaires éclatés.

Par ailleurs, parmi les tâches de travail domestique qui se sont rajoutées au quotidien des Travailleu(r)ses, une partie auparavant était du ressort de l'employeur, comme le nettoyage du poste de travail. En définitive, entre efforts de synchronisation avec les collègues et les interstices du travail domestique (et parental), la journée de travail s'allonge.

Pour celles et ceux qui continuent à exercer sur site de manière occasionnelle, les contraintes organisationnelles de l'itinérance semblent éclipsées par l'envie de retrouver un peu de convivialité et de confort : des collègues à un mètre de distance plutôt que derrière un écran, un poste de travail réfléchi plutôt qu'improvisé...

Ensuite, que le travail soit sur site soit occasionnel ou régulier, le couvre-feu (à 21 h, puis 20 h, puis 18 h) change  les règles du jeu en présentiel.

Les travailleu(r)ses voient augmenter la cadence du travail, obligé(e)s de réaliser leur mission dans des durées plus courtes ou face à des clients concentrés sur certains horaires.

Ils se heurtent à une alternative : accepter l'intensification du travail pour le réaliser en un temps chrono ou se résigner au sentiment d'accomplir un travail insatisfaisant. 

Pour ceux dont les conditions de travail restent inchangées, ce sont des questions d'emploi qui priment. 

Ces changements s'accomplissent sans pour autant ouvrir de discussion collective sur la qualité et la durée du travail : travailler comment et pour quoi faire ?

Les débats sur le travail et ses conditions de réalisation méritent d'autant plus d'être ouverts que les circonstances dites exceptionnelles se pérennisent. 

Le droit du travail tant honni par les libéraux, constitue le garde-fou essentiel en cette période, sans lequel notre société régresserait dangereusement vers un paiement à la pièce de tout le salariat.