CE QUE NOUS SOMMES


CE QUE NOUS SOMMES


Oiselles Oiseaux et Non-Leaders Solidaires

(Oinoleboso)

Des enfants, des jeunes et des adultes organisant ensemble des ateliers dans tous les domaines des savoirs, utiles aux luttes humaines pour une vie digne et solidaire (chansons solidaires, poésies, histoires et récits de vie, paroles habitées, résistances en milieu hostile, engagements, interventions politiques mais au service d'aucun parti, créations de toutes sortes...)

Les personnes animatrices ne font pas seulement des propositions dans l'atelier, elles les mettent en oeuvre, elles aussi, au coude à coude, à égalité avec les participantEs de tout âge et de tout horizon.

Les responsabilités au sein du Comité sont tirées au sort chaque année au moment de l'A.G.

Nous sommes partie prenante d'un réseau informel d'associations et de personnes entre lesquelles des passerelles, des ponts, des tissages existent. Voici la liste des groupes amis avec lesquels nous travaillons actuellement: Réussir Ensemble, Les Passeurs de Souffle, Cultures 21, La Ligue des Droits Humains, Le Front Social 57, Le Gueulard Bar Culturel de Nilvange, Mouveloreille, Stop Knauf Illange, Le Collectif de personnes et d'associations animant la fête du 1er mai... avec les Communes d'Algrange et Knutange


CE QUE NOUS VOULONS

- La justice solidaire jusque dans les détails.

- La considération véritable de la parole, de l'expression (sous toutes ses formes) de chaque personne, de chaque groupe et de chaque peuple.


Pour nous joindre : oinoleboso@gmail.com



mardi 9 mars 2021

ENCORE PLUS ! GÉNIAL ?

Merci Marie-Claude.

 


Photo du site : Observatoire des Inégalités.

Encore plus ! Enquête sur les privilégiés qui n’en ont jamais assez

Points de vue1er mars 2021
 

Et si les privilégiés en France ne se limitaient pas à une minuscule frange de 1 % ? Dans son nouvel ouvrage, Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, dénonce l’hypocrisie d’une classe aisée bien plus vaste, qui vit confortablement et profite des inégalités scolaires. Voici l’introduction de l’ouvrage Encore plus !, qui paraît le 4 mars aux éditions Plon.

 

Ce livre est né d’une indignation. Celle de voir la France des privilégiés continuer à en avoir « encore plus » quand les classes populaires en ont « encore moins ». La France qui a davantage ne se résume pas à une poignée de riches, qu’elle désigne souvent d’elle-même de sa vindicte. Elle est beaucoup plus large : c’est la France des cadres supérieurs, des diplômés des bonnes écoles, dont une bonne partie vote à gauche.

 

À une bourgeoisie économique traditionnelle s’ajoute une bourgeoisie intellectuelle, bien assise sur son diplôme. À l’autre bout de la hiérarchie sociale, la France qui en a encore moins ne se limite pas à la misère, aux mal-logés et aux sans-abri. C’est celle de tous ceux qui ont manqué la marche de l’école, n’ont pas obtenu le bon statut d’emploi et qui galèrent au quotidien. Une France d’employés, d’ouvriers, d’immigrés en partie. Souvent féminine. Entre les deux, les couches moyennes, habituées au progrès, voient leurs revenus stagner, et pour elles le freinage est brutal. France d’en haut, France d’en bas et France du milieu s’éloignent. Alors que le niveau de vie des classes aisées progresse, celui des classes populaires stagne depuis deux décennies, celui des classes moyennes depuis une quinzaine d’années. Ce changement est historique pour notre pays. Ceux du bas de l’échelle expriment de plus en plus bruyamment leur mécontentement dans les urnes ou dans la rue. Pour tenter de « faire peuple » et de se rabibocher avec eux – ne serait-ce que le temps d’une élection –, les plus favorisés déploient des trésors d’imagination. Au peuple, ils livrent des boucs émissaires. Quand la gauche montre du doigt l’hyper-richesse, à droite (surtout) de l’échiquier politique, on cible les « assistés » qui vivraient aux crochets de la société, et les immigrés qui « menacent l’identité française » et « prennent le travail » des natifs.

 

Comme si 7 % d’étrangers – dont 40 % d’Européens – pouvaient mettre en danger les 93 % restants. Comme si les assistés du monde contemporain n’étaient pas d’abord ceux qui profitent d’insolentes niches fiscales ou qui vivent d’abondantes retraites ou de rentes du capital. Pour un RSA versé qui retourne illico dans le circuit économique, combien de milliards de baisses d’impôts en faveur des plus riches ont alimenté leurs placements financiers ? Cette démagogie, à part légitimer la démagogie originelle, celle du Rassemblement national, ne règle pas le problème. Le mistigri de la solidarité se passe de main en main sans voir que notre problème est de mettre en œuvre une redistribution à grande échelle et un effort collectif, partagé par tous. « Toujours plus ! », s’exclamait au début des années 1980 le journaliste François de Closets dans un livre à succès à travers lequel il documentait avec talent l’accumulation des inégalités, petites ou grandes [1]. « Espérons qu’il ne faudra pas attendre des années pour que les descriptions de Toujours plus ! cessent de correspondre à la réalité », écrivait-il.

 

Pour lire la suite de cet article, cliquez : ICI.


En voici la conclusion :

Sur quoi débouchent ces tensions ? Annoncent-elles l’avènement d’un pouvoir autoritaire auquel nous vendrions notre âme, à la mode chinoise ? Rien n’est joué. Si l’affaire était entendue, ce livre n’aurait aucun intérêt. Autant aller à la pêche, fumer une dernière cigarette avec une bonne bouteille devant une série. Au moins, cela détend. En rajouter, c’est se faire plaisir dans l’entre-soi des convaincus, cela ne fait guère « bouger les lignes », comme on dit aujourd’hui. Beaucoup donnent le sentiment de ne pas chercher à convaincre. La critique des inégalités implique de la passer au contrôle qualité : autant des outils que des analyses, au risque de tout devoir jeter, sinon. Le modèle social français demeure l’un des plus performants au monde. Toutes les enquêtes sur les valeurs montrent que les Français, dans leur immense majorité, ne considèrent pas les plus pauvres ou les étrangers comme les responsables de leurs difficultés. Le vote extrême est d’abord un vote de ras-le-bol généralisé. Un « dégagisme » de citoyens qui ne supportent plus l’hypocrisie des discours et le mépris des catégories aisées. Si c’est être « populiste » que de défendre ceux qui paient contre ceux qui engrangent, assumons le qualificatif.

La mobilisation des Gilets jaunes puis plus récemment encore la crise du coronavirus, comme bien d’autres au fil de notre histoire, ont montré notre capacité de résistance collective. La France est très loin d’être convertie à l’individualisme et nous avons largement les moyens d’améliorer notre modèle social. Faute de direction globale, un très grand nombre de mobilisations s’organisent sur le terrain. Toute la question est de savoir qui saura, d’un point de vue politique, répondre aux attentes des classes populaires et moyennes. La France qui n’attend pas le grand soir mais plutôt qu’on lui donne des perspectives, en luttant contre l’insécurité sociale dont elle est victime et en répondant à des besoins concrets.

 

Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

 

Cet article est extrait de l’ouvrage Encore plus. Enquête sur ces privilégiés qui n’en ont jamais assez, à paraître aux éditions Plon. En vente en librairie à partir du 4 mars 2021.