Merci Dominique...
Extraits de deux articles d' "êtreplus magazine"
Extrait 1 :
Rencontre avec Alexis Jenni, écrivain français
qui a reçu le prix Goncourt en 2011. Auteur du livre « Vertus de l’imperfection ».
Sébastien de Fooz: Comment vous est venue
l’idée d’écrire un livre sur les vertus de
l’imperfection ?
Alexis Jenni :Quand j’étais prof, ça m’arrivait
de m’engueuler avec des collègues sur les
notes que je donnais, car parfois je mettais
des 20 sur 20 : « On ne met pas vingt sur une
copie ! On peut toujours s’améliorer ! ». Je
leur répondais que quand on me donne une
copie qui correspond points pour points aux
barèmes que je me suis fixés, et lorsqu’on y
répond tellement bien que moi-même -qui
suis prof- n’aurais pas pu faire mieux, je donne
20 car ça correspond aux barèmes, à mes
attentes de prof... Je ne peux pas rétorquer à
mes collègues que je mets 19 car je ne peux
pas mettre 20 !
Si je mettais moins en me disant que ce n’est
pas parfait alors que cela correspond aux
barèmes, je ne vois pas alors à quoi ressemblerait
cette copie parfaite. Cette idée de perfection
inatteignable est très enracinée dans l’esprit des élèves et des profs. On se dit que
ce n’est jamais parfait.
Dans ce cas de figure, ce serait quoi la
perfection ?
Alexis Jenni : Une note parfaite, je ne sais pas
ce que ça voudrait dire. Quand ça répond à une
attente raisonnable, quand ça remplit tous
les critères de cette attente, eh bien bravo !
Je peux changer les barèmes, les attentes,
certes, mais il ne faut pas oublier que toutes
nos attentes sont sous critères. Et c’est ça le
problème, on ne précise jamais assez les critères
et ça joue pour l’éducation, ça joue pour
le physique, même pour évaluer sa propre vie.
À partir du moment où on met quelques critères
et que l’on est précis avec cela, on se
rend compte qu’ils peuvent être tout à fait
remplis. Ce qui dépasse les critères, c’est de
l’indéfini derrière lequel on court toujours. On
court en quelque sorte derrière les ombres…
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| Photo de Jessica Hilltout sur le site "êtreplus magazine" |
Extrait 2 :
Rencontre avec Jessica Hilltout, photographe
anglo-belge installée à Bruxelles
depuis 10 ans après avoir fait de nombreux
reportages remarqués dans la presse
internationale.
Sébastien de Fooz : En quoi consiste votre
travail photographique ?
Jessica Hiltout : La photographie me permet
de comprendre le monde qui m’entoure, de vivre
la réalité avec plus d’intensité. J’aime creuser
des sujets avec ma caméra. Plus je creuse un
sujet, plus celui-ci révèle sa réalité profonde
et ce que j’ai envie d’en montrer. Je cherche
à partager ma vision d’une certaine beauté.
Dans mon travail photographique, la fragilité,
la vulnérabilité et l’imperfection sont les trois
maîtres-mots qui m’obsèdent. On retrouve
tout cela dans l’humain, c’est ce qui est beau et
intéressant à révéler au-travers de l’acte photographique.
Tous les sujets que j’aborde dans
mon travail ont ce fil conducteur : valoriser la
vulnérabilité, l’imperfection et la fragilité. C’est
le coeur battant de la vie.
Que voyez-vous dans l’imperfection ?
Jessica Hiltout : Je ressens la sensibilité, la
fragilité, le caractère, l’émotion, la vie, le
temps, la main humaine et l’âme des choses.
La chaleur aussi. Par opposition, dans la perfection
je vois davantage un aspect rigide,
artificiel et froid,… C’est un moule stérile,
aseptisé, uniforme et vide.
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